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Médaillée olympique à Rio en 2016, médaillée deux fois aux championnats du monde, médaillée à six reprises aux championnats d’Europe, de multiples titres de championne de France…
Le palmarès de Gwladys Lemoussu, paratriathlète licenciée au club de Saint-Jean-de-Monts (Vendée), est immense. L’athlète vient de mettre fin à sa carrière professionnelle. Elle revient auprès du Courrier Vendéen sur ces belles années.
Comment a commencé votre aventure en triathlon ?
À la base, ce qui m’a amené au triathlon c’était un simple défi. Je nageais en handisport dans un club. On nous a proposé de faire un triathlon en relais et j’ai fait la natation. J’avais bien aimé l’ambiance et j’ai voulu en faire un en entier seule.
Comment étaient ces débuts ?
Mon premier triathlon était à La Baule avec le club de Saint-Jean-de-Monts. À l’époque, j’avais juste une vieille combinaison de surf qui prenait l’eau, un vélo pas adapté et de vieilles chaussures de course à pied. À l’arrivée, j’étais satisfaite et j’ai voulu recommencer. J’ai pris une licence. C’était en 2012.
Est-ce qu’en commençant vous pensiez que ça allait prendre une telle ampleur ?
Pas du tout. En 2012, je n’avais pas du tout pour objectif les Jeux. C’est venu en 2014 lors de mon intégration à l’équipe de France en vue des championnats d’Europe. On a parlé des Jeux paralympiques et je me suis dit que c’était mon objectif. Ça a toujours été un petit rêve d’enfant.
En 2016, les Jeux de Rio vous réussissent immédiatement. Comment vous vous êtes sentie ?
Avant mars 2016, je travaillais à Decathlon. Puis, on m’a proposé d’intégrer l’armée. Entre cette date et celle des JO, j’ai énormément progressé. À Rio, j’étais outsider. Mais le jour de la course j’étais en forme et toutes les conditions étaient réunies pour performer, d’où la médaille. Quand je parle de ces Jeux, ce qui me revient est ma remontée lors de la course à pied. J’ai glané la troisième place juste devant l’estrade des supporters. Cette image est gravée en moi.
Vous avez ensuite participé aux Jeux de Tokyo et Paris. Qu’est ce qui vous en reste ?
À Rio c’était vraiment la découverte et l’émerveillement. C’était assez extraordinaire par rapport aux autres Jeux. À Tokyo, c’était particulier à cause du Covid. Il n’y avait pas de spectateur, on portait les masques et étions isolés. La 6e place m’a déçue. À Paris, l’ambiance était vraiment chouette et j’ai pu faire l’ouverture des Jeux pour la première fois. Malheureusement ma maman est décédée juste avant ma course. J’ai participé pour elle, mais la place était vraiment anecdotique.
Après 2024, vous avez connu des moments compliqués. Comment se sont passées ces deux dernières saisons ?
Le décès de ma maman a été un coup vraiment important. En 2025, il y a eu le décès de mon père. Tout s’est enchaîné. En 2025, je m’étais quand même qualifiée pour les finales des championnats du monde d’Ironman 70. 3 de Nice qui avaient lieu en 2026. Mes courses de préparation ne se sont pas très bien passées. Je n’avais plus vraiment goût au triathlon. J’ai été jusqu’au bout. Je pense que maintenant j’ai fait le tour complet du triathlon.
Qu’est ce qui vous pousse à arrêter maintenant ?
Il y a plein de choses. Physiquement c’est un peu plus compliqué. Quand le corps ne veut plus, il faut savoir s’arrêter à un moment donné. Après les Jeux, la plupart de mes partenaires sont partis. Aussi, mon contrat avec l’armée prend fin en février 2027. Je me dis aussi qu’il n’y a pas que le triathlon dans la vie. Une nouvelle étape arrive.
Quel regard vous portez sur votre parcours ?
Je n’ai pas encore assez de recul par rapport à ça. Je prends conscience de ce parcours à travers les retours des autres. Il va me falloir encore un peu de temps pour réaliser ce que j’ai fait.
Je veux aussi remercier profondément tous ceux qui m’ont soutenue tout au long de ces années et sans qui rien de tout cela n’aurait été possible. Que ce soit mon club, mon employeur, mes partenaires, mes coachs ou ma communauté sur les réseaux sociaux, tout le monde a été bienveillant.
Qu’est-ce que vous allez faire suite à cette fin de carrière ?
Je vais dans un premier temps profiter et souffler. Je continuerai toujours de sport mais ce sera du plaisir et du partage. Je vais peut-être me lancer dans des trails avec une amie. Je n’ai plus envie de me battre contre un chrono mais partager.
Au niveau du travail, il va falloir que je trouve. Je verrais bien au moment venu.
Souhaitez-vous transmettre votre expérience ?
Je pense effectivement intervenir dans les entreprises ou les écoles de temps en temps. Je l’ai déjà fait auparavant mais c’était compliqué au niveau du planning. J’ai créé mon autoentreprise pour ça.
Pour les jeunes en situation de handicap qui voudraient se lancer dans le sport de haut niveau je leur conseille avant tout de prendre du plaisir. Il faut s’entourer de bonnes personnes. Il ne faut pas hésiter à se tourner vers les clubs. Ils sont normalement à même d’accueillir.