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TOP 14. « Cela ne choque plus que Pau soit en haut », apprécie l’entraîneur Thomas Choveau
« Avant, pour nous, c’était une opportunité de jouer des équipes affaiblies. Et maintenant, on a des mecs à Marcoussis à chaque fois », apprécie Thomas Choveau.

Pour conforter son rang et réaliser le meilleur départ de son histoire, le 3e de Top 14 devra battre Perpignan ce samedi (16h35, au Hameau). Malgré cette période de doublons et les 23 absences qu’elle appréhende sereinement

Tous les jeunes montés pour faire le nombre ont dû amener un vent de fraîcheur, cette semaine à l’entraînement…

On a fait une très bonne semaine. Ça fait du bien de voir des juniors, des mecs pour qui c’est un peu la finale de la Coupe du monde (de s’entraîner avec les pros, NDLR). Ça change le décor. Cela arrive dans une longue période qui peut être un peu routinière, et après un match contre Toulouse. Donc il y a toujours cette espèce d’effervescence qui retombe un peu. C’est rafraîchissant de voir des mecs qui ont de l’envie. Il faut les cadrer un peu, mais là-dessus, c’était bien. Dès le début de semaine, on l’a senti, j’ai essayé d’appuyer là-dessus en disant que c’était contagieux. On est contents de rejouer au Hameau, mais c’est vrai que des fois, c’est un peu la routine. Donc pour nous, ce qu’ils ont apporté est une super opportunité, malgré une notre jauge d’entraînement réduite.

Quel travail avez-vous réalisé en amont considérant les 23 absences qui vous plombent ?

Ce qui prouve qu’on grandit, c’est qu’on commence à gérer les périodes de doublons. Avant, pour nous, c’était une opportunité de jouer des équipes affaiblies. Et maintenant, on a des mecs à Marcoussis à chaque fois. On en a eu cinq bloqués la semaine dernière, comme pour celle-ci. Je sens une équipe qui est prête à faire fi de tous ces aléas. On sait très bien que les grosses équipes — et je commence à me mettre dans cette catégorie — ont une période cruciale à gérer pendant ces périodes de doublons. On joue Perpignan qui peut-être se frotte les mains. Mais je trouve qu’on gère bien, on s’y prépare bien. On le sait dès le départ parce qu’on connaît les fenêtres internationales. Donc honnêtement, c’est une forme de routine.

« Les gens retournent vite leur veste et c’est très bien »

Craignez-vous le fait que la Section puisse se laisser griser après l’effervescence provoquée par le succès face à Toulouse de la semaine passée (34-14) ?

C’est toujours un danger. Parce qu’ici, il y a quand même un climat particulier quand c’est Toulouse. Ce que j’aime bien, c’est qu’avant, il y avait beaucoup de Palois-Toulousains dans les tribunes, maintenant, je sens plus de Palois-Palois. Les gens retournent vite leur veste et c’est très bien. Mais par contre, il y a toujours cette espèce de retombée. Attention, et encore plus quand tu rejoues à domicile contre Perpignan, une équipe qui nous embête souvent. Il y a un petit « warning » vis-à-vis de ça. Quand tu es entraîneur, que tu vois le calendrier, tu mets alerte. Peut-être que l’inverse aurait été plus facile : Perpignan, et la semaine d’après le Stade Toulousain.

Comment expliquez-vous le fait que Perpignan vous embête tant ?

L’an dernier, je nous sentais fatigués, un petit peu en bout de piste (au cours d’un dernier match d’un bloc de neuf, NDLR). Les Perpignanais avaient pris leur premier point ici. Face à eux, on a du mal, un peu comme Toulouse : on est capables par moments de les déborder, mais on peine à enfoncer le clou. On les a toujours laissés en vie, et ils se sont mis un peu à y croire. Par moments, on a encore des difficultés à nous montrer constants dans la performance. Perpignan est une équipe robuste, qui ne lâche pas. C’est vrai que c’est un peu un copié-collé de l’année dernière puisqu’ils arrivent à peu près au même moment. Donc forcément, on est en alerte. En plus, ils viennent de perdre à domicile, même s’ils sont bien mieux que l’année dernière sur le plan comptable.

Comment expliquez-vous le fait d’être l’équipe de Top 14 la plus efficace sur les 20 premières minutes ?

On les menace dans le vestiaire, on les frappe et ils ont peur (rires). Je pourrais essayer de vous sortir une explication, mais comme on a souvent du mal à la reprise en deuxième mi-temps, je n’y crois pas. On prépare bien les matchs. Pourtant, on a fait le même constat sur ces trous d’air en début de deuxième mi-temps. Mais il ne suffit pas de le verbaliser pour que ce soit réglé.

Vous êtes troisièmes, et pourriez battre votre record de points en Top 14 à ce stade en cas de victoire ce samedi…

Au-delà de ça, on est au moins dans les mêmes hauteurs. Cela ne choque plus les médias que Pau soit en haut, c’est une banalité maintenant. Cela veut dire qu’on fait partie du décor, mais je sais que c’est éphémère. La défaite à domicile, elle arrivera un jour, on essaie de faire en sorte que ce ne soit pas ce week-end. Mais oui, ce serait top, ça ferait un bon bilan au bout de dix matchs.

La fraîcheur sera l’un des enjeux pour ce match de fin de bloc : ressentez-vous plus d’énergie que l’an passé à pareille époque ?

L’an dernier, c’était un petit peu plus difficile. Mais c’est une perception très subjective, parce qu’on a les jeunes, parce que le climat est bon, qu’on a déjà bien géré des matchs avec des équipes largement remaniées. Je pense à Leicester par exemple, à ce fameux concept d’équipe type, de rotations, qui est le vôtre. Je vous signale quand même qu’avec l’équipe soi-disant type à Toulon, on s’est fait ouvrir, et à l’inverse, avec une équipe plus remaniée on a parfois su gagner. Je ne fais pas le malin en disant ça, mais je pense que le fait d’avoir joué dans plein de configurations différentes nous aide en termes de confiance. Avant, j’avais l’impression qu’un ou deux joueurs étaient vraiment importants. Désormais, l’équipe a plus d’options. Les solutions dans le jeu, les compositions d’équipe, les rotations qu’on peut faire, sont plus larges. Quand tu es entraîneur, tu le perçois et c’est très agréable.

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