Retour
Carlos Alcaraz : 5 - Taylor Fritz : 0. Après cinq confrontations entre les deux hommes, l'Américain n'a toujours pas battu l'Espagnol. Il s'en est pourtant fallu d'un rien (défaite 7-6, 5-7, 6-3 après 2h45 de jeu), vendredi sur le court de la Plénitude Arena en quarts de finale du Rolex Paris Masters, que Fritz ne stoppe enfin l'hémorragie et ne parvienne à dominer sa bête noire pour la première fois de sa carrière. Par deux fois, l'actuel numéro 12 mondial, qui avait même donné le sentiment un temps de se diriger vers une victoire aisée tant il jouait un ton au-dessus de son adversaire, s'est retrouvé à un point de ce premier succès qui l'aurait propulsé dans le dernier carré du tournoi parisien.
Malheureusement pour le tombeur la veille en 8es de finale du numéro 1 français Arthur Fils, il n'a su exploiter aucune de ses deux balles de match, à 5-3 puis à 5-4 dans la 2e manche. Il n'en fallait pas davantage pour remettre sur de bons rails un Alcaraz qui avait pourtant longtemps paru désorienté. Et pas uniquement par la qualité de service de nouveau de l'Américain.
Le numéro 3 mondial, mené un set à rien après que l'ancien numéro 4 au classement a sorti vainqueur d'un jeu décisif interminable (12-10) qui aurait très bien pu sourire aux deux joueurs, est resté en vie, au prix parfois de coups venus d'ailleurs, ou de coups de fusil, terribles eux aussi. "Carlitos" a même fait mieux en enchaînant quatre jeux pour recoller à un set partout. Et même un 5e pour prendre les devants dans la dernière manche.
Face à un Fritz au bord de la crise de nerfs puis pas loin de sortir complètement de son match en repensant probablement à cette double opportunité rêvée qu'il venait de laisser passer, le Murcien, complètement retrouvé et redevenu très solide, s'est alors offert un petit cavalier seul pour dérouler ou presque dans ce 3e set et s'offrir sa toute première demi-finale dans ce Rolex Paris Masters qu'il avait quitté d'entrée en 2025 après sa défaite contre Cameron Norrie.
A Paris, où il compte deux sacres en extérieur, sur la terre battue de Roland-Garros, le septuple couronné en Grand Chelem avait ainsi toujours fait un blocage en salle, avec jamais mieux qu'un quart de finale à se mettre sous la dent. Le voici pour la première fois dans le dernier carré en indoor (il sera opposé à Casper Ruud ou au lucky loser Nuno Borges) après avoir réussi à gagner son premier match (en match officiel, car il avait déjà fait le coup contre ce même Fritz lors de la dernière Laver Cup) en sauvant des balles de match depuis sa finale d'anthologie dans la capitale contre Jannik Sinner. Cela ne s'invente pas.
De la même façon qu'il était une nouvelle fois dit que le duel conduirait au malheur de Fritz, également privé du Masters alors qu'il aurait délogé Rafael Jodar (9e) de son billet en cas de (première) victoire contre Alcaraz. Tellement cruel.