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De notre envoyé spécial à la Plénitude Arena,
Hormis les théorèmes de Thalès et de Pythagore, quelques équations à une inconnue et des formules plus ou moins alambiquées, on était assez fâchés avec les maths à l’école. Dommage, car ça nous aurait peut-être permis de mieux comprendre le Court Pace Index (CPI), ce coefficient qui mesure l’effet de l’interaction balle/surface sur un court de tennis. Pour simplifier, la vitesse de la surface. L’un des sujets les plus discutés cette semaine au Masters 1000 de Paris.
Selon les spécialistes, le CPI du court central de la Plénitude Arena est autour de 48, qui permet de classer la surface du tournoi parisien comme rapide. Soit 13 points de plus qu’en 2025, pour la première édition du Masters 1000 du côté de la Défense. « L’année dernière, c’était classé comme medium, mais en réalité, aujourd’hui, un court de vitesse medium est lent, expliquait Taylor Fritz en zone mixte après son premier tour. Ici, c’est vraiment rapide. »
Et ce pour le plus grand plaisir de la majorité des joueurs, qui en avaient gros sur la patate, à l’image de Quentin Halys, éliminé jeudi par Tommy Paul : « Par rapport à l’année dernière, c’est le jour et la nuit. C’était l’extrême du lent, ça n’avançait pas du tout. Beaucoup de joueurs trouvaient ça difficile de se déplacer, même un peu contraignant physiquement. C’était très abrasif, dur de faire un point, pas très agréable de jouer, pas de si beau match à jouer. Là, c’est vraiment une surface qui est rapide et je prends du plaisir à évoluer dessus. »
Même son de cloche du côté d’Arthur Rinderknech, lui aussi sorti par un Américain, Ben Shelton : « C’était injouable. On ne peut pas ralentir de 10 % tous les ans. On va finir, on ne passera plus le filet. Cette année, c’est plus rapide, ils ont accéléré la surface. » Pas vraiment la surface, en réalité, à en croire Javier Sánchez Vicario, président de GreenSet, l’entreprise qui fournit et installe les surfaces pour de nombreux grands tournois de tennis, dont le Masters 1000 de Paris.
« L’année dernière, c’était la première édition à la Défense, détaille l’Espagnol à 20 Minutes. Sous le court, nous avons l’herbe synthétique du terrain de rugby, qui est protégée avec du plastique sur 8 ou 10 cm. Et ensuite il y a une surface en bois sur laquelle on installe notre système. Tout cela faisait que la balle était un peu absorbée au rebond. Cette année, on a changé les matériaux pour que le rebond soit plus rapide. Quand tu changes ce qu’il y a sous le court, ça n’affecte pas directement le court, mais la balle. »
Javier Sánchez Vicario, également ancien joueur qui a été classé 23e mondial, nous indique ainsi que la surface utilisée l’année dernière était ainsi la même que celle du tournoi de Bâle (Suisse), sans avoir, donc, la même efficacité. Aujourd’hui, avec les changements effectués sous le court, le Masters 1000 de Paris est devenu l’un des tournois les plus rapides du circuit, avec en plus le changement de marque de balles. « Ce n’est pas anodin, ça accélère un petit peu le jeu, même si elles ne sont pas les balles les plus rapides », assurait Halys.
📈 Sigue aumentando la velocidad de la pista central @RolexPMasters. De ayer a hoy ha subido un punto. pic.twitter.com/X99tkxIY4E
— Germán R. Abril (@gerebit0) November 4, 2026
Interrogé, après son premier tour, sur l’impact que pouvait avoir cette surface sur le déroulement du tournoi, le Bondynois avait d’ailleurs été assez visionnaire :
Les bons et gros serveurs ont notamment été récompensés, comme Taylor Fritz, auteur de 37 aces contre Alex Molcan au deuxième tour, ou Tommy Paul, avec un taux de réussite impressionnant de 96 % derrière sa première balle.
Et ce n’est pas fini. Depuis le début du tournoi, notre cher coefficient CPI ne cesse de grimper, comme l’a remarqué le journaliste espagnol German Abril. De 47,9 lundi, on est passé à 49,4 mercredi. Un phénomène tout à fait normal selon Javier Sánchez Vicario : « C’est une surface totalement neuve, donc un peu plus lente. Maintenant que beaucoup de matchs se sont joués, qu’il y a de la poussière, les joueurs qui ne portent plus des chaussures totalement propres, c’est devenu plus rapide. Mais d’ici à dimanche, ça ne devrait plus trop changer. »
« C’est un sol qui est posé et qui n’est pas joué à l’année, contrairement à ce qu’on trouve en indoor Asie, résumait Quentin Halys. Les premiers jours il faut qu’il s’use, qu’il se fasse. Ça reste différent, par exemple, de l’Australie où c’est obligé que la surface soit plus rapide, car on y joue toute l’année. » D’ailleurs, c’est du côté de Melbourne qu’on trouve le CPI (50) le plus élevé parmi les grands tournois du circuit. Paris a encore un peu de boulot à faire.