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Cible récurrente d’attaques sur son genre, la boxeuse algérienne de 27 ans avait dû reporter en avril dernier son premier combat chez les pros après une blessure à l’entraînement.
Détentrice d’une licence professionnelle féminine auprès de la Fédération française de boxe, Imane Khelif combattra le 15 décembre à la Maison de la Mutualité, ont annoncé vendredi lors d’un point presse à Paris la boxeuse, son entraîneur Kamel Abdesselam et l’organisateur de l’événement Yacin Berrabah.
"Cela fait deux ans et quelques que je n’ai pas boxé, et le ring m’a vraiment manqué. Je vis pour ça, j’ai hâte de reprendre, pour moi et pour mon public. Les dernières années (après Paris 2024) ont été assez compliquées pendant ce temps de pause. Le temps était venu pour passer professionnelle, je vais tout donner", a déclaré Imane Khelif.
Alors qu’elle a obtenu sa médaille olympique dans la catégorie des – 66 kg, elle combattra le mois prochain dans la catégorie des super-welters (-69,8 kg) et affrontera Clarida Sarabia, licenciée aux Pays-Bas. Une "adversaire de haut niveau invaincue avec quatre victoires et quatre KO donc c’est un vrai risque, mais on a confiance en Imane", met en avant son entraîneur Kamel Abdesselam.
Celui-ci juge que la boxeuse algérienne peut "très rapidement" décrocher une ceinture mondiale, "potentiellement c’est entre trois et cinq combats, elle a le potentiel".
"On veut mettre Imane sur le toit du monde, on peut la comparer à Mohamed Ali", estime Yacin Berrabah.
Imane Khelif n’a plus combattu depuis sa médaille d’or à Paris 2024 et n’avait notamment pas pu participer en juin 2025 au tournoi d’Eindhoven en raison de l’introduction, une semaine plus tôt, d’un test chromosomique obligatoire par la fédération internationale World Boxing.
Régulièrement accusée d’être une sportive transgenre, la boxeuse est née fille mais est naturellement porteuse du gène SRY, considéré comme un indicateur de masculinité. En février, elle avait révélé dans L’Équipe avoir eu recours à un traitement hormonal pour faire baisser son taux de testostérone avant les JO 2024.
Interrogée sur ses intentions concernant les Jeux de Los Angeles en 2028, alors que le Comité international olympique a annoncé en mars rétablir les tests de féminité pour ces JO avec notamment une recherche du gène SRY, Imane Khelif a simplement répondu qu’elle avait "déposé plainte contre World Boxing", qui l’avait privée du tournoi d’Eindhoven, et qu’elle souhaitait "se concentrer sur le (parcours en) professionnel".
"Il n’y a aucun intérêt qu’elle refasse les JO, je lui ai déconseillé. L’intérêt c’est d’aller chercher tous les titres mondiaux", a souligné son entraîneur. "Je ne veux plus qu’elle passe amateure, l’intérêt est qu’elle soit la plus grande championne de boxe féminine", a renchéri Yacin Berrabah.