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Après sa médaille d'argent au championnat du monde, Étienne Oliviéro a les J.O. en ligne de mire
Etienne Oliviéro, médaille d'argent aux championnats du monde de cyclisme sur piste à Shanghai, octobre 2026.
Étienne Oliviéro a décroché la médaille d’argent aux championnats du monde de cyclisme sur piste à Shanghai le 16 octobre dernier. ©Céline RAVAUDET

Pendant quelques jours, Étienne Oliviéro a posé son vélo. Un repos nécessaire, il est conscient que « c’est important », même s’il avoue trois secondes plus tard que c’est un peu difficile de s’éloigner de la piste et de couper totalement avec le sport.

À son retour de Shanghai, le Bignanais a participé aux Nuits du vélodrome, à Loudéac, devant le public breton : Son public. Beaucoup sont d’ailleurs venus le féliciter pour sa superbe performance mondiale puisqu’il a décroché, le 16 octobre dernier, le titre de vice-champion du monde sur l’épreuve du kilomètre.

Malgré la prouesse, le jeune espoir du cyclisme français garde les pieds sur terre. Et à son tour, il n’a pas raté l’occasion d’aller encourager les copains sur les championnats de France juniors qui se déroulaient aussi sur la piste de Loudéac les jours suivants.

Ces vacances ont été l’occasion pour Étienne de passer du temps en famille. De rendre visite à ses grands-parents notamment, à Sainte-Anne-d’Auray et à Plumelin. Et forcément de reparler avec eux de cette course qu’ils ont pu suivre en direct sur France télévision.

Un répit bienvenu

En toute simplicité, il dit qu’il apprécie de « retrouver la campagne de temps en temps. » Parmi les choses qui lui manquent lorsqu’il est en région parisienne il cite volontiers « les galettes ! Mais aussi mon chat. »

Après cette trêve, il sait qu’il ne reviendra pas en Bretagne avant les fêtes de fin d’année maintenant, et que le vélo l’éloignera à nouveau de chez lui de janvier à mai, puisque de nombreuses compétitions sont programmées, dont le championnat de France (mi-janvier), mais aussi plusieurs déplacements à l’étranger. Mais voilà, c’est justement ce qui l’anime : la compétition.

2021, Bourges, le déclencheur

Pourtant, rien a priori ne le prédestinait à choisir ce sport exigeant, « puisque personne ne faisait de vélo chez moi ! » Il l’a découvert alors qu’il était enfant, après des vacances en famille : « Je ne sais même plus où c’était… Mes parents racontent que je faisais sans cesse le tour du camping avec mon petit vélo ». La rentrée suivante, ils l’inscrivent à l’OC Locminé, l’école de cyclisme la plus proche de la maison : « Ma première licence date de 2013. » Il avait huit ans.

« Personne ne faisait de vélo chez moi ! »

Mais alors, pourquoi avoir choisi la piste ? Comme tous les gamins il a commencé par la route et le cyclo-cross. Et puis il a testé cette autre discipline, à Vannes, « deux ans plus tard. » Ça lui a plu, tout simplement.

En 2021, il se fait remarquer sur ses premiers championnats de France juniors, à Bourges d’où il rentre avec trois médailles : une 2e place en vitesse par équipe, une médaille d’argent sur le 500 mètres départ arrêté et une médaille et Médaille de bronze en Vitesse Individuelle. Forcément, ça ne passe pas inaperçu !

C’est d’ailleurs là-bas qu’il a été détecté par Alexandre Prudhomme et l’encadrement de l’équipe de France pour intégrer les pôles de formation nationaux à Saint-Quentin. Il y est entré début 2022.

« J’espérais me qualifier pour la finale »

Aujourd’hui, il conserve la double appartenance au club de Créteil et à l’OCL. Sportif de haut niveau, il se consacre totalement au cyclisme, avec des semaines bien chargées : beaucoup de piste et de musculation, de la route le week-end et une seule journée « off », le dimanche.

Le jeune homme veut se donner les moyens de ses ambitions tout en ayant conscience qu’une carrière de sportif est faite d’aléas, de hauts et de bas…

Mais des difficultés, il en tire toujours des leçons pour la suite. Il pense à ses premiers championnats d’Europe, en 2025, à Zolder en Belgique, qui ne restent pas le meilleur souvenir de sa jeune carrière. « Ça ne s’est pas super bien passé, je suis resté coincé dans la boîte, je termine neuvième », résume-t-il. Mais avec le recul, il en retire le positif : « la prise d’expérience et d’avoir vécu le collectif de ce rendez-vous. »

À Shanghai, il ne voulait pas revivre pareille déconvenue, même s’il espérait une meilleure place sur l’épreuve par équipe (ils terminent 9e). La déception passée, il s’est focalisé sur son épreuve individuelle.

Et pour sa première participation en élite, il a marqué les esprits en terminant deuxième, juste derrière le cador de la discipline, Jeffrey Hoogland, 33 ans, cinq fois champion du monde ! Rien que ça…

Étienne Oliviéro avoue qu’il savait qu’il avait les capacités de rivaliser. « J’avais fait de bons chronos sur mon tour, j’espérais me qualifier pour la finale. Même si je pensais davantage à un top 5 », dit-il modestement.

Ce qui a joué ? Sans nul doute, ses qualités de résistance à l’effort. Dans le dernier demi-tour, il était encore 3e mais il a réussi à se surpasser pour décrocher la 2eplace. Dans ces moments-là, à quoi peut-il bien penser ? « A ne pas avoir de regret ! Je me dis que je n’ai pas fait tous ces efforts à l’entraînement pour rien. »

Sur le côté de l’anneau, il entend toujours « un petit peu » les encouragements du clan tricolore. Un de ses frères, Victor, était présent pendant l’épreuve par équipe, mais pas sur celle-ci. Qu’importe. Dans sa bulle, Étienne n’a rien lâché et termine deuxième au terme d’un effort qu’il qualifie lui-même de très violent, « qui va jusqu’à l’impression d’un écran noir devant les yeux. »

Etienne Oliviéro, médaille d'argent aux championnats du monde de cyclisme sur piste à Shanghai, octobre 2026.
Étienne Oliviéro a décroché la médaille d’argent aux championnats du monde de cyclisme sur piste à Shanghai le 16 octobre dernier ©Céline RAVAUDET

Et maintenant ?

Cette médaille d’argent, il la savoure à juste titre : « c’est l’accomplissement de ma saison. » Une très belle saison puisqu’il était déjà vice-champion d’Europe (à Konya en Turquie en début d’année) et double champion de France. Des résultats qui sont de bon augure pour la suite car Étienne ne cache pas qu’il regarde déjà plus loin… Vers les championnats du monde de 2027 (qui auront lieu en France), et vers les Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.

Les qualifications olympiques viennent d’ailleurs de débuter, « mais j’y pensais déjà avant. » Il révèle que « c’est un objectif que j’ai depuis déjà deux-trois ans ». La qualification est la première étape à franchir. Avec seulement trois places à la clé… « Sa motivation est tellement grande… » comme le disait sa maman après Shanghai, que l’on peut compter sur lui pour être dans la bataille pour décrocher son billet.

Force tranquille, Étienne Oliviéro annonce son rêve sans détour : « c’est d’être champion olympique. » Il est conscient qu’il y a « toujours des choses à améliorer » : nutrition, matériel, position sur le vélo, entre autres… La route jusqu’aux JO sera encore longue « mais je donnerai tout pour y arriver. »

« C'est juste phénoménal »

Lorsqu'Etienne a débuté le vélo, Nicolas Guidec était le responsable de l'école de cyclisme de l'OC Locminé. Il se souvient d'un enfant assez réservé, très assidu aux entraînements. Sans imaginer qu'il atteindrait ce niveau, « parce que lorsqu'un jeune arrive on ne sait pas jusqu'où il ira. Et puis surtout, ça se construit doucement », estime l'ancien entraîneur.
Etienne avait d'abord l'envie. Il a toujours adhéré aux propositions du club : le cyclo-cross le mercredi en forêt en parallèle des entraînements habituels, « il aimait bien » puis les premières séances au vélodrome de Vannes le mardi ou le jeudi soir. « Je me souviens que Jean-Jacques Demay, qui s'occupe de la piste, avait dit : il y a du niveau. »
Admiratif
Etienne participe à son premier challenge départemental et au challenge régional « et déjà, il nous disait qu'il avait l'objectif de se qualifier pour le championnat de France. » La suite s'est enchaînée « grâce à ses parents qui l'ont accompagné, sans pression, et parce qu'ils ont fait confiance aux entraîneurs successifs. »
Pour Nicolas Guidec, les performances actuelles du jeune coureur bignanais, « c'est juste phénoménal ». Il est admiratif car il sait que « c'est énormément de travail. Peu importe la discipline, même les derniers sont des champions vu le travail qu'ils fournissent au quotidien. Ce sont des personnes hors catégories ». Pour réussir sur la piste, où les efforts sont très courts et très intenses, il faut « des capacités physiques hors du commun. » i
Il espère que le meilleur est à venir pour son protégé. Un souhait pour lui ? « Une médaille olympique. » Pour ça, une fois encore, il pense qu'il ne faut pas brûler les étapes « et surtout ne pas se blesser pour réussir à encaisser tout ce travail... »

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