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« On passe peut-être à côté de super talents » : ce club de tir pénalisé par des installations trop petites
Cible - tir - Championnat - Trophée
Isabelle, 16 ans, se concentre avant de tirer au stand de la Cible Valognaise. ©Sandra LEMARINEL

Avec quatre titres de champion de France en 2026 et une équipe en première division nationale, la Cible Valognaise est nommée aux trophées Célébration Sport Manche. Mais derrière les médailles, le club doit composer avec des installations trop petites et la perte d’un terrain d’entraînement.

C’est un sport d’équipe, même si on est tout seul quand on tire.

Au stand de la Cible Valognaise, Isabelle, 16 ans, carabinière médaillée de bronze par équipes cet été, résume l’état d’esprit du club.

Ce sport lui apprend à maîtriser sa respiration et lui permet de se détendre. Jérôme Cardot, responsable de l’école de tir, défend lui aussi cette dimension collective : « Ils ne se battent pas que pour eux, ils se battent pour les autres ».

Un palmarès construit sur plusieurs années

La Cible Valognaise a décroché son premier titre national en 2019. Depuis, les succès se sont multipliés. En 2025, Méline Leblond était élue sportive manchoise de l’année. En juillet 2026, le club a décroché quatre titres de champion de France, une médaille d’argent et deux de bronze.

Méline Leblond, 17 ans, a aussi terminé première des évaluations nationales d’octobre en carabine à 10 et à 50 mètres. Isabelle Cardot, entraîneuse, figure parmi les championnes de France. L’équipe de carabine à 10 mètres a terminé 8e de la première division nationale, atteignant les quarts de finale.

La Cible Valognaise figure ainsi parmi les cinq candidats au titre de club de l’année de Célébration Sport Manche. Pour Jérôme Cardot, cette nomination prend un relief particulier : elle reconnaît le travail des sportifs et des encadrants malgré des moyens limités. Le trophée sera remis le 17 novembre, à Saint-Lô.

Pour Jérôme Cardot, cette réussite tient aussi à un choix fait avec son épouse Isabelle : cultiver l’entraide dans un sport souvent considéré comme individuel. Lors des déplacements en championnat, jeunes, encadrants et parents partagent autant que possible hébergement et repas. Sur le pas de tir, chacun vise sa cible, mais compte aussi pour son équipe.

Cette dynamique collective a accompagné l’essor de l’école de tir. Quand le couple en a repris l’animation en 2018, elle comptait six ou sept jeunes. Ils sont désormais près de trente, âgés de 7 à 13 ans, accueillis le mercredi. Les débutants apprennent d’abord les règles de sécurité, puis la précision, le calme et la concentration.

Des installations qui freinent l’élan

Cette progression se heurte aux limites du stand. Avec douze postes de tir à 10 mètres, dont certains défectueux, l’école répartit les enfants sur trois créneaux d’une heure. Jérôme Cardot estime avoir refusé une dizaine de demandes cette saison.

Il souhaiterait disposer d’au moins vingt postes, pour accueillir davantage de jeunes et pouvoir organiser des compétitions régionales à Valognes. Selon les responsables, un projet de nouveaux locaux pour l’école est évoqué avec la municipalité, mais ses modalités et son calendrier restent à préciser.

Autre difficulté depuis le 14 juin : le club a perdu l’accès au stand d’Armanville, où se pratiquaient les disciplines à 25 et 50 mètres. Les tireurs ne peuvent plus s’y entraîner localement. Certains ont abordé les championnats de France de juillet après un mois sans entraînement.

Jérôme Cardot pense aux jeunes auxquels il doit fermer la porte :

On passe peut-être à côté de super talents. On ne les a même pas vus, ces enfants.

Il espère pouvoir un jour accueillir davantage de jeunes dans des locaux à la hauteur des résultats et des ambitions du club.

De notre correspondante Sandra LEMARINEL

Pour soutenir la Cible Valognaise, il est possible de voter jusqu’au dimanche 8 novembre sur manche.fr, rubrique Célébration Sport Manche.

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