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l'essentiel Licenciée au SC Nègrepelisse, elle est la seule sportive d'Occitanie à participer aux Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), qui se déroulent au Sénégal et où elle entre en lice ce samedi en beach wrestling (lutte de plage).
Elle est à pied d’œuvre depuis ce jeudi au Sénégal. Pour une expérience qui restera sans doute gravée à jamais. Depuis qu’elle a débuté la lutte, tout réussit pour Émilie, 15 ans, qui enchaîne les podiums et les titres. L’aventure a pris une dimension particulière l’été dernier, lors des championnats de France de beach : un titre et la voilà propulsée l’année suivante à Dakar, une discipline qu’elle a découverte en complément de la lutte traditionnelle sur tapis. Et les résultats ont rapidement suivi. Vice-championne d’Europe de beach wrestling, la jeune athlète a ensuite décroché deux titres de championne de France, en U15 et en U17 surclassée. De quoi convaincre les sélectionneurs de lui ouvrir les portes de cette compétition internationale.
« Je n’ai pas vraiment de préférence entre la lutte sur tapis et le beach. J’aime beaucoup les deux », confie Émilie, qui aborde cette échéance avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Dans la catégorie des moins de 45 kg, elle découvrira ses adversaires le jour de la compétition ce samedi. Au programme : une pesée et une visite médicale avant les combats dans l’après-midi. Le nombre de participantes, huit ou douze selon les catégories, déterminera le parcours à effectuer.
Face à cette échéance, la jeune fille entend surtout rester concentrée sur son objectif. « Il faut rester focus sur son combat. J’espère être capable de ne pas me déconcentrer à cause du public et de vraiment rester totalement dans mon match. » Une approche lucide pour celle qui sait que Dakar représente avant tout une expérience hors du commun.
Sa mère, elle, observe cette progression avec fierté, mais aussi avec un certain étonnement. « On n’a pas de famille de champions, ni de sportifs de haut niveau. Elle est tombée dans la lutte un peu par hasard », raconte-t-elle. En réalité, Émilie a commencé à l’âge de cinq ans, en suivant les traces de son frère aîné, déjà licencié au club de Nègrepelisse.
Le hasard fait parfois bien les choses puisque juste avant de partir de pour Dakar Émilie a fait un stage avec Julie Sabatié, du Club des lutteurs montalbanais, qui fut plusieurs fois à la porte des Jeux olympiques. « C’était incroyable, un super stage. Julie a porté haut les couleurs de son club, de sa ville et du département. C’est un bel exemple à suivre et je suis très heureuse qu’elle s’occupe des catégories jeunes à la Fédération. »
Au fil des années, la jeune lutteuse a franchi les étapes : championne régionale, sélectionnée aux championnats de France, puis remarquée au niveau européen. Un parcours que sa mère qualifie aujourd’hui d’« assez exemplaire ». Mais elle tient aussi à souligner le rôle de son environnement sportif : « Le club de Nègrepelisse, c’est un club petit, familial, serein, qui n’a pas d’exigence autre que “fais de ton mieux” et qui porte beaucoup d’attention aux enfants. »
Un cadre dans lequel la performance ne se construit pas au détriment de l’épanouissement. « Je pense qu’il y a cette espèce de non-pression qui fait qu’il y a la réussite aussi au bout. Les enfants s’épanouissent. Avant de devenir des athlètes, ils ont une vie d’enfant », insiste sa mère.
Car la famille souhaite préserver cet équilibre. Pas question, pour le moment, de bouleverser sa scolarité ou de l’éloigner de ses copains. Émilie a notamment choisi de poursuivre son parcours scolaire classique plutôt que d’intégrer un lycée spécialisé dans le sport. « Tant que ça n’a pas de répercussions sur sa vie d’enfant, qu’elle doit aussi vivre, c’est une expérience », résume sa mère.
Et la jeune fille a déjà quelques idées pour l’avenir : elle aimerait devenir professeure de sport. En attendant, c’est sous les couleurs de l’équipe de France qu’elle a découvert Dakar et une compétition olympique. Une aventure qui fera d’elle une ambassadrice du club de Nègrepelisse, du Tarn-et-Garonne et de toute l’Occitanie. Une belle histoire sportive, dont le prochain chapitre s’écrira sur le sable sénégalais.