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Forcément, Olivier de Kersauson est breton. Cela ne tient pas uniquement à son patronyme, celui d’une famille noble de Brest. Non, cela tiendrait plutôt de son attrait pour la mer et la navigation qui l'ont attiré très tôt dans sa vie. Vétéran de la Route du Rhum, qu’il a fait deux fois, De Kersauson demeure encore aujourd’hui une figure publique forte. Il se livre comme rarement sur son combat de tous les jours contre le cancer…
C’est pendant son service militaire, vers la fin des années 60, que la vie d’Olivier de Kersauson bascule. Il y rencontre un certain Éric Tabarly. Le courant passe entre les deux bonhommes qui sont tous deux passionnés de navigation. Ca tombe bien : Tabarly choisit De Kersauson comme second et lieutenant par la suite. Copains comme poissons, marins dans l’âme, ils vont participer à des courses mythiques comme la Sydney-Hobart…
L’association entre Olivier de Kersauson et Éric Tabarly va durer quasiment une décennie. Des années de franche camaraderie, de respect, de loyauté, de patience et de passion pour la mer et ses caprices. Auprès de Tabarly, De Kersauson se forme à la dure, il apprend toutes les ficelles de la navigation, les rouages des bateaux. 1974, c’est la rupture.
Olivier de Kersauson décide de prendre son indépendance en quittant Éric Tabarly. Il a soif d'aventures en solitaire. Ainsi, après avoir planché sur la conception de ses propres navires, il participe à la première édition de la Route du Rhum. Course à la voile aujourd’hui très connue partant de Saint-Malo -forcément- pour arriver à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. Distance ? 3542 milles marins, soit plus de 6500 kilomètres !
En 1978 donc, De Kersauson termine à la 4ème place de la compétition. Il a vogué à bord du Kriter IV, son monocoque. Le skipper a bouclé la traversée en 24 jours, 6 heures et 27 minutes. 1986, De Kersauson tente la Route du Rhum une seconde fois. Néanmoins, alors qu’il pilote le grand multicoque Poulain, il se voit contraint d’abandonner la course. Mais il ne s’arrête pas là. Trois ans après, il bat le record du tour du monde en solitaire en trimaran.
Ainsi, Olivier de Kersauson, petit à petit, au gré de records et autres trophées, s’est inscrit dans le patrimoine de la navigation française. Mais aussi dans l’inconscient collectif des passionnés et aussi dans celui du grand public. Car le skipper est un sacré personnage. Tour à tour navigateur, baroudeur, philosophe et humaniste. ‘Bon client’ des médias aussi, celui-ci ayant son rond de serviette pour jeter l’ancre un peu partout dans le PAF.
En 2026, le navigateur, 82 printemps, fait face à un cancer de l'œsophage. Celui que l'on surnomme L'Amiral a répondu à quelques questions de Marc-Olivier Fogiel sur RTL. “Le cancer, ça annonce pas des joyeux Noël.”, balance Olivier de Kersauson en riant avec sa gouaille de marin inimitable. Il confirme “avec sérénité” à Marc-O : “Il y a 30 ans, quand vous alliez voir un médecin [...] vous pouviez avoir qu'une mauvaise nouvelle. Aujourd'hui, y a une mauvaise nouvelle mais aussi une possibilité de soins qui est multipliée par 10 ou par 20 [...]” Le taulier de la Route du Rhum est toujours debout face au crabe.