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Rugby – Pro D2 : empruntés et en manque d’inspiration contre Nice, le Racing Club Narbonnais laisse filer la victoire sur la sirène
Malgré l'entrée remuante de Phil Talaileva, le Racing Club Narbonnais s'est incliné sur la sirène contre Nice. L'Indépendant - PHILIPPE LEBLANC

Le Racing Club Narbonnais a subi une défaite amère face à Nice, ce vendredi soir, dans son Parc des Sports et de l’Amitié. Malgré une avance de 20-6 et à quinze contre quatorze, les orange et noir ont été rattrapés puis dépassés en fin de match, s’inclinant sur la sirène (26-29).

Il y a des rendez-vous qui ne ressemblent à aucun autre. Quelques mois après avoir soulevé le bouclier de Nationale face à Nice, le Racing Club Narbonnais retrouvait sa victime du printemps dernier, avec une ambition claire : rappeler que son sacre n’avait rien d’un accident et surtout que les orange et noir voulaient voir plus haut au classement. Devant son public, et dans son Parc qui avait enfilé son habit de lumière et poussé de la voix, les Audois voulaient imposer leur loi, afficher le caractère qui fait leur force et confirmer qu’ils ont bien les épaules pour se réinstaller durablement dans le paysage de la Pro D2.

"On n’a pas le droit de se tromper", avait annoncé le capitaine Clément Bitz, conscient de l’enjeu particulier de cette rencontre entre les deux promus. "Quand on joue au rugby, il faut être précis", ajoutait son manager Jacques Delmas qui invitait ses joueurs à ne pas se voir trop beaux.

Si Nice ouvrait la marque par Théo Idjellidaine, les Narbonnais sonnaient la révolte par un ballon porté de plus de 20 mètres, conclu par Dan Jooste et transformé par Hugo Goyenech (7-3). Même si le Racing dominait, son capitaine se montrait prudent en choisissant les perches quand une pénalité s’offrait à lui dans les 22 mètres niçois. Un comportement que le troisième ligne conservait toute la rencontre dans une stratégie qui dénote avec un rugby moderne de plus en plus porté sur les pénaltouches pour inscrire le plus d’essais possible.

Un tournant dur à digérer

Ainsi Idjellidaine et Goyenech s’échangeaient les amabilités face aux perches et, malgré quelques ballons à cinq mètres de l’en-but azuréen, c’est sur leur propre ligne que les Narbonnais sauvaient un dernier ballon pour tourner en tête à la pause (13-6).

Dominés territorialement, Caleb Timu et ses coéquipiers faisaient la course en tête mais un en-avant à la réception du coup d’envoi de cette seconde période annonçait le destin funeste que cette dernière allait prendre… On tremblait dans les tribunes du Parc des Sports et de l’Amitié, pas longtemps puisqu’après une combinaison en touche avec Jooste, puis un pilonnage en règle des avants, Caleb Timu posait le ballon sur la ligne pour donner un vrai bol d’air aux locaux (20-6).

Quand Lucas Bachelier, capitaine des orange et noir l’an passé, prenait un carton jaune pour une faute sur touche, la tribune Pech de Laclause se réveillait pour le siffler. Sifflée, comme la pénalité accordée aux Niçois après une combinaison mal exécutée par des Audois pourtant dominateurs sur les ballons-portés, à 10 mètres de l’en-but azuréen. Après ça, le Racing prenait son pyjama, remontait sa couette et profitait de son coussin pour faire une sieste. "Évidemment que c’est le tournant du match, lançait le manager Jacques Delmas après la rencontre. Ils sont à 14, on fait une touche, à 5 mètres de leur ligne, il n’y a qu’à faire un ballon-porté, classique, les prendre et atteindre l’en-but… nous, on combine, ça n’existe pas ça au rugby."

Essai casquette et pénalité fatale

Derrière cette occasion manquée, les Niçois, galvanisés, mettaient Narbonne sur le reculoir et marquaient par Hanru Sirgel, presque trop facilement (20-16, 60e). À l’heure de jeu, tout le monde regardait son voisin dans les travées de l’enceinte narbonnaise, alors que sur le terrain, l’odeur du sang se faisait de plus en plus présente. Les buteurs Hugo Goyenech et Jules Gimbert se livraient à un duel à distance (26-19).

Après un essai casquette dû à une perte de balle d'Aphiwe Dyantyi dans son en-but, Gimbert transformait en coin pour égaliser (26-26, 74e). Avant que sur la sirène, comme tout le monde le redoutait au Racing, une ultime pénalité sur mêlée soit convertie par le Niçois qui célébrait allègrement devant la tribune Clape (26-29, 80e).

Un coup sur le casque des Narbonnais qui laissaient passer une belle occasion de laisser la zone rouge à huit points avec les défaites de Béziers à Colomiers (53-19) et de Nevers à Valence-Romans (46-12). Une belle occasion aussi de prendre des vacances : "Il y avait tout pour partir en vacances, mais on n’y partira pas… on prendra trois jours et puis on reviendra au travail, parce qu’on ne le mérite pas", lâchait un Jacques Delmas amer.

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