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Balayée 63-26 sur la pelouse de la Section Paloise, l'USAP a sombré au cœur de la première période en encaissant 42 points entre la 15e et la 40e minute.
La "ola" du stade du Hameau n'a finalement fait son apparition qu'en seconde période, venant parachever un après-midi de fête, à Pau, mais c'est quelques minutes plus tôt que la Section a fait couler l'USAP (défaite 63-26). Car, sur les 63 points encaissés par les Catalans, 42 l'ont été en 25 minutes lors de la première mi-temps. Près des deux tiers de la correction ont en effet été infligés entre la 15e et la 40e minute.
"Les cinq premières minutes, on gagne le territoire mais on n'arrive pas à concrétiser, analyse le troisième ligne palois Facundo Isa. Une fois qu'on a marqué, ça nous a tous mis dans notre match. Il y a eu un switch dans la tête. Et après, on a déroulé notre jeu, c'est allé très vite et on a profité du fait que Perpignan ne défendait pas bien." Et que dire de cette défense ?
Si globalement l'USAP n'a jamais réellement pris le dessus ce samedi, tout s'est effondré après l'essai (litigieux certes) de Sacha Zegueur (15e). "L'entame de match était assez conforme à ce qu'on voulait faire, confie le manager de l'USAP, Laurent Labit. Puis l'enchaînement est terrible : deux, trois, quatre, cinq essais, carton jaune... On les a rendus euphoriques. Et face à ce genre d'équipe, quand tu les rends euphoriques, le résultat est forcément très lourd."
Tellement euphorique que les essais de la Section sont arrivés de loin, voire de très loin. Une touche pas droite de l'USAP sur la médiane a amené une mêlée et un lancement palois en fixation, avant de perforer l'aile droite sang et or en seconde main avec Grégoire Arfeuil (19e). Le scénario se répète : après une touche encore perdue par l'USAP dans les 45 m béarnais, Grégoire Arfeuil franchit sur le turnover et permet à Pau de se retrouver à cinq mètres de l'en-but en quelques secondes, avant que Facundo Isa ne passe la ligne (27e). Et que dire du quatrième essai : sur le renvoi, Jolmès est lifté, capte le ballon et, en retombant, casse deux plaquages pour envoyer Grégoire Arfeuil à l'essai (28e).
"On est décevants, on ne montre pas le visage qu'on espère", se désole le pilier gauche Enzo Forletta, avouant ne "pas savoir quoi dire" sur ce passage à vide. La suite n'a fait que confirmer cette tendance : Lucas Velarte se fait gratter aux abords des 22 m palois et la Section joue encore le turnover au large avec Clément Laporte et Joachim Senga Kouo, qui ont bénéficié du surnombre sur l'aile (32e). Même punition sur un ballon échappé au sol au centre du terrain par Sevu Reece avec, en prime, cette fois-ci, une détermination qui a semblé plus grande de la part de Clément Laporte devant la défense catalane pour récupérer un petit coup de pied pourtant pas très bien senti par Tumua Manu (34e).
"Regardez les essais, ils viennent de situations offensives de notre part, analyse Laurent Labit. On se fait pénaliser deux fois, ce qui amène des pénaltouches et des essais. Les deux autres, ce sont des phases offensives dans leur camp, où on perd le ballon sur les rucks, sur des transitions, et on se fait traverser le terrain..." La définition de l'euphorie, finalement. Et Pau sait se nourrir de cela. La Section est une équipe qui aime le jeu de ligne, le jeu dans le désordre, debout et derrière des turnovers. Même privée de plusieurs titulaires, elle a conservé son ADN ce samedi. Puis l'USAP a beaucoup défendu en infériorité numérique, aussi (32 minutes sur l'ensemble du match). Sur cette période, elle a été à 14 entre la 25e minute et la 35e, ce qui peut expliquer les surnombres récurrents sur les ailes derrière les turnovers.
Ces analyses ne suffisent toutefois pas à justifier les nombreux plaquages manqués et les approximations. Mais elles illustrent ces 25 minutes en enfer qui ont condamné l'USAP et ravivé ses vieux démons loin de ses bases. Et qui ont conclu une première période tristement record.