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Appelé pour la première fois par Jürgen Klopp, le prodige de Mönchengladbach semble perdu pour le Maroc. Le règlement dit pourtant autre chose.
La nouvelle a fait l’effet d’une douche froide au Maroc. Wael Mohya, 17 ans, figure dans la liste de Jürgen Klopp pour les deux derniers matchs de Ligue des nations de l’Allemagne, face à la Serbie et aux Pays-Bas. Après le cas Younes Ebnoutalib, beaucoup y voient déjà un deuxième dossier perdu face à la Mannschaft. Une convocation n’engage pourtant à rien, et même une première sélection ne fermerait pas définitivement la porte aux Lions de l’Atlas.
Le staff de Mohamed Ouahbi aurait sollicité le milieu offensif pour l’intégrer dès ce rassemblement de novembre. Mohya aurait demandé un délai de réflexion, tout en laissant entrevoir une préférence pour l’Allemagne, encouragée par son entourage. Entre-temps, Klopp aurait pris son téléphone pour le convaincre, exactement comme avec Ebnoutalib, qui avait résumé sa décision d’une formule : quand Klopp t’appelle, tu dois y aller. Né le 31 décembre 2008 à Mettmann, Mohya est devenu le plus jeune buteur de l’histoire de Mönchengladbach en Bundesliga et a déjà porté le maillot allemand chez les jeunes.
Tant qu’il n’a pas disputé de match officiel avec l’équipe A, Mohya reste libre de choisir, ses sélections en catégories de jeunes ne le liant pas. Et même s’il entre en jeu contre la Serbie ou les Pays-Bas, la réforme adoptée par la FIFA en 2020 lui laisserait une porte de sortie, une seule fois. Plusieurs conditions doivent alors être réunies : ne pas avoir disputé plus de trois matchs avec la sélection A, amicaux compris, avoir joué le dernier match officiel avant 21 ans, ne plus avoir été appelé depuis au moins trois ans, n’avoir jamais participé à la phase finale d’une Coupe du monde ou d’un Euro, et avoir déjà possédé la nationalité marocaine au moment de son premier match officiel avec l’Allemagne.
Le Maroc connaît parfaitement cette règle, et pour cause : elle est surnommée « l’amendement Munir ». Munir El Haddadi, qui ne comptait qu’une sélection avec l’Espagne, avait pu rejoindre les Lions de l’Atlas grâce à elle. Appliqué à Mohya, le scénario est simple : s’il ne joue que quelques minutes cet automne avant de disparaître des plans de Klopp, il pourrait reconsidérer la piste marocaine trois ans plus tard, dès la fin 2029. À l’inverse, une installation durable chez les A, au-delà de trois matchs ou avec une phase finale de tournoi, fermerait la porte pour de bon.
Le Maroc a perdu une bataille, pas forcément la guerre. Pour l’instant, la suite dépend surtout de Klopp et du temps de jeu qu’il offrira à Mohya.