Retour
Au bout de plus de 30 heures d’effort sur l’ultra-trail de Palma de Majorque, d’une aventure humaine très forte, l’ancien rugbyman de Leucate, l’USP ou l’AOCS Clément Attiel a porté haut les couleurs de l’association "Enzo for Life".
Jusqu’au bout de la volonté. Jusqu’au bout de ses limites mentales et physiques. C’est à ce prix que Clément Attiel est arrivé sur la ligne d’arrivée avant la barrière horaire – son pire ennemi – à Palma de Majorque pour l’Ultra-trail de 141 km et 5 700 m de dénivelé positif. Ce commerçant de 38 ans a atteint son objectif au terme de 30 heures et 19 minutes d’effort, ou de calvaire plutôt. Parce que c’est aussi ça ce sport. Il a connu les douleurs gastriques lors de la première nuit après 25 kilomètres et des passages par les toilettes sauvages. La pluie s’en est aussi mêlée. Puis, au lever du soleil après 52 kilomètres, le sourire est revenu à la lueur du soleil. Les douleurs en bas du dos et des reins apparaissent, tout dégringole au fil des kilomètres, mais le mental de Clément reprend le dessus. "Je m’attendais à une course dure, mais je n’avais pas anticipé toutes les douleurs. Je suis allé puiser loin, très loin, beaucoup plus loin que ce que je pensais", dévoile-t-il.
Surtout, l’ancien rugbyman à Leucate, l’USP et l’AOCS a vécu au rythme de l’entraide, de la solidarité, de l’amitié aussi. Il a d’abord eu ses assistants, Gwendal et Océane, réalisateurs également du documentaire autour de cette aventure, et pour lui parrain de la fille de Clément. Le couple a été présent à chaque instant, dès que les ravitaillements étaient accessibles et aussi pour encourager et donner un coup de boost quand il le fallait. Ensuite, il y a eu cette rencontre avec Christophe, Parisien d’une cinquantaine d’années, adepte du trail et de l’ultra-trail. Les deux hommes vont se croiser après 78 kilomètres et sans le savoir, ils vont partager toute la fin de la course. D’un coup, après 94 kilomètres de galères, Clément Attiel découvre la tête familière de Théo au bord du parcours, une surprise importante dans la tête du coureur.
Enfin, Clément Attiel va recevoir un message qui va tout changer. "Je m’en souviendrai toute ma vie", raconte-t-il. La deuxième nuit est tombée, minuit vient à peine de passer. "Je venais d’être au téléphone avec Gwendal, au plus mal, en disant que je n’y arrivais plus. En raccrochant, je reçois un message de mon fils, et d’un coup, le mental revient, c’était reparti. Je me suis dit que j’en avais encore dans les réserves, que je n’avais pas le droit d’abandonner". C’est grâce à toutes ces mains tendues que l’aventurier est arrivé jusqu’au bout. "S’ils n’avaient pas été là, ça aurait été encore plus dur, je ne sais pas si je serais allé au bout sur la barrière horaire. J’avais l’impression de fonctionner en équipe. C’est vraiment un sport collectif, l’entraide solidaire est super importante".
Dans la tête de Clément Attiel, à quelques encablures de la ligne d’arrivée, main dans la main avec Gwendal, une chose est bien plus présente que le reste, ce pour quoi il s’est lancé ce défi, l’association "Enzo for Life". Premier réflexe, récupérer le drapeau de l’association et l’arborer sur le point final de cette aventure. "J’ai eu sa maman (d’Enzo Balmigère) au téléphone, je lui ai envoyé l’arrivée en vidéo. Elle m’a dit qu’elle était fière, tellement émue et fière d’avoir partagé ce moment avec l’association. Elle m’a dit être persuadée qu’Enzo était fier de moi. J’ai reçu énormément de messages, je me suis même demandé si je le méritais. À travers cette aventure, j’ai compris qu’il existe encore un beau monde et de l’amour", dévoile, sous le coup de l’émotion Clément Attiel. "Je suis fier à l’arrivée, pour moi, l’association, mes enfants, d’avoir accompli ce défi. Ça me tenait à cœur de faire cette arrivée avec ce drapeau, pour encore plus mettre en lumière l’association". Désormais, il a récolté plus de 2 500 euros de dons.
"Je me remets petit à petit. Je ressors grandi du plus grand défi de toute ma vie jusqu’à maintenant. J’ai un mental plus affûté que jamais". Encore fatigué de cette aventure, épuisé physiquement et mentalement, Clément Attiel a prévu de s’aligner sur la Sainté-Lyon à la fin du mois de novembre, enfin, si dans dix jours, il a récupéré de cet effort infernal.