Retour
Convaincu d'avoir perdu la pole position à cause d'une consigne de Mercedes, George Russell a été contredit par Toto Wolff, qui nuance les accusations de son pilote.
La frustration de George Russell après les qualifications du Grand Prix du Brésil n'a pas totalement convaincu Toto Wolff. Le pilote Mercedes estime avoir été privé de la pole position par une mauvaise décision de son équipe, mais son patron considère que rien ne permet d'affirmer qu'il aurait réellement battu Lando Norris.
Deuxième des qualifications à 204 millièmes du pilote McLaren, Russell avait explosé de colère à la radio après avoir reçu l'ordre de ralentir pendant un tour rapide en Q3. Une consigne particulièrement frustrante puisque le retour de la pluie l'a ensuite empêché de tenter une nouvelle amélioration.
L'incident s'est produit alors que Russell réalisait un tour prometteur sur une piste encore humide. En approchant de la Williams d'Alex Albon dans le deuxième secteur, le Britannique a reçu l'instruction d'abandonner sa tentative pour éviter d'être gêné.
Russell était persuadé que ce tour lui aurait permis de prendre la première place. Mais Toto Wolff, interrogé par Sky Sports F1, a livré une analyse plus mesurée de la situation.
"Si nous avions une boule de cristal pour savoir s'il fallait ralentir ou non, cela nous aiderait beaucoup. C'était une décision difficile, du 50-50, car George revenait sur Albon."
Le patron de Mercedes s'est notamment appuyé sur les données chronométriques pour relativiser les regrets de son pilote.
"À ce moment-là, il avait 18 millièmes d'avance sur Norris. Je ne pense pas que cela aurait suffi pour décrocher la pole position, mais il a parfaitement piloté pendant toute la séance et méritait de l'obtenir."
Wolff estime donc que son équipe a dû prendre une décision dans l'incertitude, sans pouvoir anticiper précisément l'évolution du trafic et des conditions météorologiques.
Les qualifications avaient déjà été interrompues pendant plus de 80 minutes en raison des pluies torrentielles qui s'étaient abattues sur Interlagos. Lorsque la Q3 a finalement débuté, les pilotes savaient qu'une nouvelle averse pouvait mettre fin à leurs espoirs d'amélioration.
Dans ces circonstances, chaque décision stratégique pouvait avoir des conséquences importantes. Mercedes a préféré demander à Russell de ralentir plutôt que de poursuivre un tour potentiellement compromis par la présence d'Albon.
Un choix que Wolff refuse de considérer comme une erreur évidente.
"Il méritait cette pole, mais on ne peut pas prendre une telle décision avec certitude. Il y avait autant de chances d'avoir raison que de se tromper."
Le dirigeant autrichien a néanmoins tenu à saluer la performance de son pilote, particulièrement impressionnant dans les conditions difficiles rencontrées samedi.
"George était dans une catégorie à part aujourd'hui."
Même si Russell avait signé le meilleur chrono, il n'aurait de toute façon pas conservé la première position sur la grille de départ.
Le Britannique doit en effet purger une pénalité de cinq places pour l'installation d'un nouveau moteur thermique sur sa Mercedes. Sa deuxième place en qualifications se transforme donc en septième position pour le départ du Grand Prix.
Cette sanction permet à son coéquipier Kimi Antonelli de rejoindre Norris en première ligne, tandis que Liam Lawson et Nico Hülkenberg profiteront également des pénalités pour s'élancer parmi les quatre premiers.
Malgré la déception, Mercedes peut retenir la compétitivité affichée par Russell sous la pluie. Reste à savoir si le Britannique pourra retrouver les mêmes sensations dimanche et remonter suffisamment dans le peloton pour transformer sa vitesse en résultat.