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"Fières de dire on l'a fait" : deux sœurs de la région de Dieppe ont tout donné au marathon des sables
De la fatigue et aussi beaucoup de fierté pour les deux soeurs après avoir franchi la ligne d'arrivée du marathon des sables.
De la fatigue et beaucoup de fierté pour les deux sœurs après avoir franchi la ligne d’arrivée du marathon des sables. ©Photo fournie

Quelques jours après son retour, Marie Cailly n’a pas vraiment complètement récupéré. Celle qui est infirmière libérale à Dieppe et qui habite Rouxmesnil-Bouteilles s’attendait à connaître des difficultés au cours du marathon des sables, mais sans doute pas à ce point-là. Dans le désert du Maroc, avec sa sœur Perrine Hébert qui vit dans l’Eure, l’aventure a été autant sportive qu’humaine. Aussi, c’est certainement le fait de courir en souvenir de leur père qui a permis aux deux sœurs de se surpasser et d’atteindre la ligne d’arrivée. Pour autant, Marie Cailly et Perrine Hébert sont bien décidées à ne pas en rester là et elles ont, toutes les deux, des projets en tête où le dépassement de soi sera encore d’actualité.

Le partage et la solidarité

Leur association ne s’appelle pas « deux cœurs pour un battement » par hasard. Marie Cailly et sa sœur Perrine se sont lancé le défi du marathon des sables pour sensibiliser aux maladies cardiovasculaires qui constituent la deuxième cause de mortalité en France et dont a souffert leur père parti beaucoup trop tôt. Alors, tout au long de leur périple, les deux Normandes ont eu ça en tête, dans les moments difficiles comme en franchissant la ligne d’arrivée : « Il s’est passé beaucoup de choses et nous sommes passées par toutes sortes de sentiments. Le partage et la solidarité entre les gens nous ont marquées, mais le plus fort a certainement été de se dire que l’on a réussi pour et aussi grâce à notre père. Pour car on l’a fait pour lui et grâce car on sait qu’il nous a poussées ».

Avant de rejoindre le Maroc, Marrakech puis Ouarzazate, Marie Cailly avoue avoir connu quelques craintes même avant le départ : « Je pense que physiquement, nous étions prêtes, mais c’est la logistique qui nous faisait un peu peur. En particulier pour l’alimentation car nous voulions optimiser ce qu’il fallait emporter et en même temps, on avait peur de manquer ».

« Mais qu’est-ce que l’on fait là ! »

L’autre motif d’inquiétude vient de la chaleur qu’il allait falloir endurer et de ce côté, les Normandes ont été servies : « Même si on s’y attendait, on a vraiment souffert de la chaleur, surtout moi, avec aussi des difficultés à marcher sur le sable et pas du tout le sol que l’on pensait trouver. Cela a notamment influencé notre choix sur la distance de la deuxième étape ».

Pour autant, il faut commencer par une étape de 30 km en plein désert et rien autour. Les deux sœurs la négocient plutôt bien en s’hydratant correctement et en ralliant l’arrivée dans de bonnes conditions tout en se disant parfois : « Même qu’est-ce que l’ont fait là ! Nous avons voulu gérer au mieux notre effort surtout en voyant le nombre impressionnant de concurrents en souffrance et qui en pleuraient ».

Le lendemain, les conditions climatiques poussent les organisateurs à avancer le départ de la deuxième étape d’une heure. Dès 5 h 30, il faut quitter le bivouac et très vite, la chaleur est de retour. Alors Marie Cailly explique la nouvelle stratégie de course : « Au bout de 20 km, il y avait une direction pour en faire 60 au total et une autre 40. C’est vraiment devant le panneau que nous avons choisi l’option la plus courte, mais c’était plus une décision psychologique que physique que nous n’avons pas regrettée ».

Marie Cailly et Perrine Hébert fatiguées mais heureuses et fières en passant la ligne d'arrivée.
Marie Cailly et Perrine Hébert fatiguées mais heureuses et fières en passant la ligne d’arrivée. ©Photo fournie

Malgré tout, Marie Cailly va alors connaître des soucis importants : « Avant le dernier point de contrôle, nous n’avions plus d’eau ni l’une ni l’autre et je me suis sentie mal avec des tremblements. On m’a pris ma glycémie dont le taux était de 0,2. Lorsque l’on sait qu’en dessous de 0,4, on perd logiquement conscience, c’était inquiétant. J’étais en hyperthermie et je ne me sentais pas capable de repartir alors qu’il ne restait pas beaucoup de kilomètres pour rallier l’arrivée ».

Dans une civière remplie de glace

Même en plein désert, il faut des soins rapides qui ne vont toutefois pas faire un effet immédiat : « On m’a installée dans une civière remplie de glace et on surveillait la température qui ne baissait pas. Cela a duré longtemps et on m’a transportée à l’arrivée pour continuer les soins. Comme ça ne baissait toujours pas, l’organisation a dit stop et j’ai dû laisser ma sœur repartir seule. Le gros point positif est que je n’ai pas été inscrite sur la liste des abandons, mais on m’a dit que je pourrai participer à la dernière étape après contrôle médical ».

2 200 euros récoltés pour la Fondation du cœur

Après l’hyperthermie, Marie Cailly va aussi connaître l’hypothermie, mais heureusement moins longtemps. Elle va donc profiter du jour de repos qui arrive au bon moment pour reprendre des forces alors que sa sœur est victime de cloques au pied. Tout rentre à peu près dans l’ordre et les deux sœurs vont vivre sereinement la dernière étape. Elles vont notamment marcher dans les pas de ceux qui les précèdent et cela facilite leur parcours.

Marie Cailly et Perrine Hébert finissent le marathon des sables, très fatiguées, mais avec le sentiment du devoir accompli : « Nous étions fières de dire on l’a fait ! On a pensé à notre père qui a été omniprésent dans nos têtes même et peut-être surtout dans les moments difficiles. En parallèle, nous avions aussi lancé une cagnotte et nous avons récolté 2 200 euros. C’est un don que nous ferons à la Fondation du cœur qui mène des campagnes de sensibilisation sur les maladies cardiovasculaires, mais ses locaux sont à Paris et nous irons quand la situation sera plus calme. Pour l’instant nous récupérons avant de nous lancer dans de nouveaux projets car une telle aventure aura forcément des suites ».

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