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La soirée fut brillante à la Narbonne Arena, ce samedi soir, pour la venue du Tours d'Earvin Ngapeth et le showcase de Marwa Loud. Les Centurions ont haussé leur niveau de jeu sur les deux premiers sets, avant de subir la loi de leurs adversaires pour s'incliner au bout d'une soirée qui fera date (1-3).
Aux grands moments, les grands joueurs. Les Centurions Narbonne n'ont peut-être pas de champion olympique dans leur rang, de stars brillantes du volley-ball mondial, mais ils ont mieux que ça, une Arena qui les transcende. Et quand dans les tribunes près de 2 742 personnes donnent de la voix pendant des heures pour encourager leurs joueurs, et déstabiliser les adversaires, la porte de l'exploit s'ouvre en grand. "It's possible", disait l'entraîneur principal Patrick Duflos avant d'entrer sur le parquet pour l'échauffement, une heure avant le coup d'envoi, et juste avant un premier bain de foule dans les travées de l'enceinte narbonnaise. Des mots simples pour motiver ses troupes, sans hausser la voix, juste leur donner ce qu'il fallait pour briller.
Les Centurions écoutent leur entraîneur attentivement dans le vestiaire et mettent à profit ses dires. Dans le premier set, Narbonne semble sur un nuage, une vraie bulle. Peut-être que c'est sur la dynamique de la victoire sèche à Ajaccio mardi soir pour le premier tour de Coupe de France (0-3). À coup sûr, c'est la magie de l'Arena qui fait son effet, et un effet phénoménal. Les coéquipiers d'un Michael Czerwinski retrouvé au meilleur des moments (25 points au total) montent le niveau de plusieurs crans et font douter les Tourangeaux d'Earving Ngapeth. Des aces, des connexions réussies entre le passeur Simon Gill et ses attaquants, un Nikita Maron sorti de sa boîte au centre pour contrer ses adversaires, et d'un coup l'ambiance devient survoltée. Cela dure le temps de deux sets, enfin presque.
Le premier est en faveur des Centurions, du début à la fin, en s'appuyant sur un collectif au diapason (25-22). En face, Earvin Ngapeth et son équipe enchaînent les fautes, les incompréhensions et les erreurs manifestes. Il n'en fallait pas plus pour donner encore un coup de boost aux Audois. En tête sur le début de la deuxième manche (8-5), la tendance s'inverse petit à petit. Après le forfait du central Ben Braun (malade), avant la rencontre, voilà la sortie du réceptionneur-attaquant Carlos Nieves - très en forme sur ce début de saison - en raison de douleurs au dos, remplacé par un Liam Patte à point (10 points au total). Les Narbonnais sont tenaces, s'accrochent à toutes les mains tendues dans l'Arena, jusqu'au bout des possibilités. Ils auront même les occasions pour faire chavirer les spectateurs en extase. Mais au bout, "ça tourne souvent pour les grandes équipes sur les moments décisifs, c'est pour ça que ce sont des grandes équipes", décrypte Patrick Duflos. Tours aura tout de même besoin de cinq balles de set pour enfin recoller au tableau d'affichage (1-1, 27-29).
À ce moment-là, la phrase est toute trouvée à l'entrée de Marwa Loud dans la salle. "Fallait pas tout donner" dès le premier set pour les Narbonnais. Même si la deuxième manche a aussi montré que les Centurions savaient élever le niveau de jeu quand l'adversité était d'un très haut calibre. De l'espoir, l'Arena va en garder tout au long de la soirée, parce qu'aucun ballon ne tombe facilement dans le camp local. Mais le vent a tourné, irrémédiablement. Les individualités de Tours font la différence, comme le MVP Simon Roehrig, évidemment le double champion olympique Earvin Ngapeth ou encore le très efficace Victor Cardoso. Le TVB conclut la partie par les deux sets suivants (21-25, 19-25), sous les yeux de Marwa Loud revenue observer les derniers points aux côtés du président de Narbonne Bastien Anglade, instigateur de cette première dans le championnat français.
Malgré la défaite (1-3), la soirée est en partie réussie. Le résultat face au grandissime favori au titre n'était pas l'objectif principal à Narbonne, même si tous sont des compétiteurs. Mais le principal réside peut-être dans ce niveau de performance sur ces deux premiers sets contre Tours. Si les Centurions réussissent à réitérer cette première partie de match, en le conservant jusqu'au bout, ils vont certainement poser des problèmes à de nombreuses équipes du championnat.