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Publié le 01/11/2026 à 14:10
l'essentiel L'Entente Boé Bon-Encontre a perdu contre les Girondins de Bordeaux (0-3), en Régional 1, samedi 31 octobre. Au-delà de l'aspect sportif, le stade de Cancelles a connu une affluence record en championnat et a mis les petits plats dans les grands pour accueillir ce mastodonte du football français.
Il y a des soirées inoubliables. Les suiveurs de l’Entente Boé Bon-Encontre ont été transportés dans un autre monde, le temps d’un match, samedi. Leur équipe fétiche recevait Bordeaux, club emblématique aux six titres de champion de France. Rétrogradés administrativement au sixième échelon français, les Girondins sont l’attraction de leur poule de Régional 1.
Le stade de Cancelles se devait d’être en tenue de gala pour un match qui sonnait comme des retrouvailles après l’affiche de l’an passé à Armandie, au 7e tour de la Coupe de France (0-1). Le moins que l'on puisse dire, c'est que le rendez-vous a tenu ses promesses, malgré la défaite attendue de l’EBBE (0-3).
Avant même le coup d'envoi, les Ultramarines, groupe de supporters bordelais, ont sorti le grand jeu en craquant une vingtaine de fumigènes lors de l’entrée des joueurs sur la pelouse. Le ton de la soirée était donné, l'ambiance n'est pas redescendue d'un iota. Des clameurs à chaque ballon récupéré, à chaque duel musclé, des frémissements pour la moindre occasion et des chants de la première à la dernière seconde ont donné encore un peu plus de relief à cette partie.
Ce soir de fête a réuni 1 500 spectateurs, soit la jauge maximale autorisée. Ce n’est pas le record d’affluence au stade de Cancelles, l’enceinte boétienne en avait accueilli 1 000 de plus contre Aubagne, au 8e tour de la Coupe de France 2022-2023. "Il y avait plus de monde mais ce n’était pas le même état d’esprit, garantit Anthony Benlloch, capitaine de l’EBBE. On ne peut pas comparer les supporters bordelais avec ceux d’Aubagne."
Une belle affiche qui a deux visages. "Je suis divisé, avoue Bernard Truilhé, co-président de l’EBBE. Je suis content d’accueillir les Girondins, car il y a un engouement extraordinaire. Même pour les joueurs, ça va rester gravé dans leur tête. La problématique de ce match, c’est la logistique. Elle est énorme. Il a fallu faire deux parcages, ça a mangé beaucoup de place."
Deux kops de supporters bordelais, qui entretiennent une rivalité, ont en effet été positionnés de part et d’autre du terrain. Au total, un peu plus de 500 partisans des Girondins étaient officiellement présents, répartis entre les Ultramarines et la North Gate.
Dans la réalité, ce chiffre était bien plus élevé. Nombre de supporters du club au scapulaire ne sont pas venus de la métropole girondine, mais du Lot-et-Garonne et des départements limitrophes. Patrice est l’un d'eux. Survêtement vert de l’EBBE sur les épaules, il est partagé entre les deux équipes. "Je supporte aussi les Girondins, raconte-t-il, des étoiles dans les yeux. C'est la première fois que je vois une ambiance comme ça à ce niveau. On voit que les supporters de Bordeaux sont habitués à mettre l’ambiance. À Boé, c’est plus calme évidemment."
Les amoureux des Girondins de Bordeaux ne manquaient pas. Ils étaient même plus faciles à trouver que les supporters de l’EBBE. "Je me souviens d’un match en 2008 contre Chelsea en Coupe d’Europe, avec Drogba, Lampard et compagnie. On a l’habitude de se déplacer dans de petits stades maintenant, reconnaît Guillaume, de Montagnac-sur-Auvignon. Ça ne change rien pour moi." "On est là quoi qu’il arrive, assure Pierre, supporter des Girondins depuis quarante ans. J’étais déjà là l’année dernière pour la Coupe de France. La passion n’est jamais redescendue. Le week-end dernier, on était 11 000 au stade à Bordeaux contre Mont-de-Marsan. C’est beau."
Un peu plus loin, le long de la main courante, Vincent a amené son fils de 9 ans à un match de football pour la première fois. "On avait peur qu’ils ne reprennent pas au vu de leur situation financière. On est donc contents de les revoir, même à ce niveau-là. Je respecte Boé, toutes les autres équipes, mais il faut que Bordeaux remonte. On prend du plaisir, on est fiers d’eux."
Cette soirée n'avait rien à voir avec ce qui se fait habituellement. Ce ne sont pas les bénévoles positionnés aux différentes buvettes qui diront le contraire. "Je n’ai jamais vu ça," confie Dominique, l'une des personnes réquisitionnées. "Ça fait trois-quatre jours qu’on est là pour tout installer. D’habitude, on fait tout le jour-même", précise Jo, un autre bénévole.
1 500 sandwichs ont été confectionnés, 200 kg de frites ont été commandés contre 50 d’ordinaire. Entre huit et dix personnes sont mobilisées pour un match de championnat, il y en avait une quarantaine juste pour la restauration. "On diversifie davantage notre offre pour les autres rencontres de R1, ajoute Aline, responsable de l'intendance de l'EBBE. Là, on ne s’est concentrés que sur un produit, c’est plus simple."
Accueillir les Girondins a un coût et pas des moindres. Un montant oscillant autour de 20 000 € a dû être déboursé. Le club a fait appel à une société de sécurité privée, la police nationale et la police municipale ont également assuré le bon déroulement de la rencontre. Pour ce qui est des recettes, il s’agit d’un record pour l’Entente Boé Bon-Encontre en championnat. Une juste récompense au vu de l'investissement. Quinze jours de travail ont été nécessaires pour préparer ce match. "La municipalité a fait un travail remarquable, elle nous a mis à disposition des employés municipaux pendant huit jours", explique Bernard Thruilé.
Le match terminé, le calme est revenu à Cancelles. Pour la prochaine réception, les Boétiens recevront Villenave-d'Ornon, le 21 novembre.
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