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Après deux succès consécutifs, Red Bull est retombée de haut. La troisième place de Max Verstappen révèle des fragilités que l'équipe pensait avoir surmontées.
“Le rythme était catastrophique, les pneus n'étaient pas les bons, l'arrêt au stand était mauvais, le frein moteur aussi. Rien n'a fonctionné.” Max Verstappen n'a pas mâché ses mots après le Grand Prix des États-Unis. Troisième derrière Kimi Antonelli et Charles Leclerc, le Néerlandais espérait pourtant prolonger la série victorieuse de Red Bull, entamée en Malaisie et poursuivie à Singapour.
Cette fois, la RB22 n'a pas tenu ses promesses. Mais réduire cette déception à une stratégie ratée serait trop simple. Entre des conditions moins favorables, des choix discutables et plusieurs défaillances techniques, Red Bull a surtout découvert que son retour au premier plan restait fragile.
Le premier élément d'explication remonte aux qualifications. Vendredi, Ferrari et Red Bull semblaient posséder les voitures les plus performantes. Mercedes, malgré ses progrès, souffrait encore dans les virages lents.
Puis la météo a redistribué les cartes. Une piste plus fraîche et des rafales de vent ont modifié le comportement des monoplaces en Q3. Sur le revêtement abrasif d'Austin, particulièrement exigeant pour les pneus arrière, quelques degrés suffisent à bouleverser leur fonctionnement.
Red Bull a perdu de l'adhérence et de l'équilibre, tandis que Mercedes a vu disparaître une partie de son handicap dans les portions lentes. Antonelli en a profité pour signer une pole remarquable.
Les conditions sont restées relativement fraîches dimanche, cette fois sans les rafales. Mercedes avait donc conservé un environnement favorable, sans que cela signifie pour autant qu'elle possédait intrinsèquement une voiture nettement supérieure.
La différence s'est aussi construite au départ. Antonelli a conservé la tête, tandis que Verstappen, mal parti, devait batailler avec Leclerc. Une fois installé en tête, le pilote Mercedes pouvait contrôler son avance et ménager ses pneus. Un avantage considérable sur un circuit où leur dégradation conditionnait la stratégie.
C'est probablement là que se trouve la principale erreur du Taureau ailé : avoir trop fait confiance aux enseignements des deux courses précédentes.
À Sepang et Singapour, la RB22 avait particulièrement bien exploité les gommes tendres. L'équipe a donc privilégié cette solution à Austin, en faisant partir Verstappen avec les pneus les plus souples avant de lui monter un deuxième train de tendres.
Mais les conditions étaient différentes. La dégradation s'est révélée beaucoup plus importante que prévu, tandis que les pilotes utilisant des mélanges plus durs parvenaient à maintenir un rythme compétitif.
“À un moment, il était assez clair que ceux qui roulaient avec les gommes plus dures trouvaient beaucoup d'adhérence. Je suppose que nous n'avons pas vraiment réagi, regrettait Verstappen.Nous nous sommes probablement trop accrochés à ce que nous pensions avoir appris des deux dernières courses, où les gommes tendres étaient les plus rapides. Ici, cela n'a clairement pas fonctionné.”
Le problème dépasse donc le simple choix d'un pneumatique. Red Bull a construit sa stratégie autour d'une qualité supposée de sa voiture, sans suffisamment tenir compte de ce que révélait la course.
Laurent Mekies reconnaissait une dégradation anormalement élevée, notamment lors du deuxième relais. Le patron de Red Bull estimait néanmoins qu'Antonelli aurait probablement gagné quelle que soit la stratégie retenue.
Mercedes avait d'ailleurs pris une décision plus flexible en faisant partir son pilote en mediums. Cette gomme lui permettait de prolonger son premier relais et d'évaluer l'usure avant de choisir entre un ou deux arrêts. Une liberté dont Red Bull, partie en tendres, disposait beaucoup moins.
La stratégie n'explique cependant pas tout. Verstappen a également souffert d'un frein moteur irrégulier, dont le comportement changeait d'un virage à l'autre. Impossible, dans ces conditions, de retrouver des repères constants au freinage et d'installer un rythme régulier.
Les communications radio défaillantes ont compliqué les échanges avec le muret, tandis qu'un arrêt au stand trop lent a encore pénalisé le Néerlandais.
Les départs restent une autre faiblesse préoccupante. Verstappen et Isack Hadjar ont tous deux perdu du terrain à l'extinction des feux. Le Français, finalement sixième, a notamment dénoncé la fragilité de l'embrayage face aux températures élevées.
Mekies admet que Red Bull ne pourra probablement pas résoudre complètement ce problème avant 2027, car des modifications matérielles importantes seront nécessaires.
À l'inverse, Ferrari a mieux exploité ses possibilités en course. Malgré des qualifications décevantes, Leclerc a préservé ses pneus, prolongé ses relais et profité de gommes dures plus efficaces dans la dernière partie du Grand Prix.
Cette stratégie lui a permis de revenir sur Verstappen, puis de le dépasser. Le Monégasque n'a donc pas simplement bénéficié des erreurs de Red Bull : sa Ferrari disposait aussi d'un rythme solide.
La conclusion de Verstappen résume parfaitement le problème :“Nous ne sommes pas les plus rapides dans les virages rapides, ni dans les virages lents. Quand on n'est le meilleur nulle part, on devient simplement un peu moyen.”
Red Bull n'est d'ailleurs pas la seule à connaître des hauts et des bas. McLaren n'a plus gagné depuis les deux succès consécutifs de Lando Norris en Hongrie et aux Pays-Bas, tandis que Mercedes vient de retrouver la victoire après deux week-ends difficiles en Malaisie et à Singapour.
Dans une hiérarchie aussi serrée, les rapports de force peuvent changer d'un circuit à l'autre. De bon augure pour le Mexique !