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Lors de chaque rencontre de Top 14, L’Indépendant propose ses coups de cœur et ses coups de griffes. Après la défaite à domicile face à Toulon (24-25), retour sur la prestation des sang et or.
Tous les Catalans l’avaient prédit : Aimé-Giral allait être en feu ce samedi soir pour la réception en prime time de Toulon. Et personne ne s’est trompé. Malgré la défaite de l’USAP (24-25), les images laissées par la cathédrale et le public sang et or n’ont pas pu laisser indifférent. Les traditionnels fumigènes à l’arrivée des joueurs ont encore plus scintillé après la nuit tombée, les coéquipiers de Tom Ecochard ont peiné à avancer au bout de la haie d’honneur tellement le public était chauffé à blanc, puis Aimé-Giral a mis son habit de lumière pour l’Estaca. La cathédrale a tremblé, le jeu de lumières sang et or était au niveau de l’enjeu. L’USAP joue rarement à 21 h, mais ce samedi, elle a montré, avec son public et son stade, qu’elle savait recevoir en prime time.
Il aura fallu un essai et un carton jaune toulonnais pour que les éclairs catalans s’abattent réellement sur la pelouse. Parce que l’USAP a manqué de précision et de continuité dans ses lancements pour scorer davantage et concrétiser sa domination territoriale, mais entre la 66e et la 76e minute, les sang et or ont donné le sentiment d’enfin faire basculer ce bras de fer du bon côté. Pierre Damond venait de redonner 10 points d’avance à Toulon quand Junior Kpoku a pris un carton jaune pour un plaquage haut sur Paolo Garbisi (67e). Puis l’USAP a conservé sa touche, a avancé, s’est fait arracher un ballon pour revenir encore plus fort sur les 22 m avec une combinaison en touche où Peceli Yato perce et sert à hauteur James Hall (69e).
Toulon ne voyait plus le jour : Antoine Aucagne gagnait deux ping-pongs rugby (72e, 74e), José Madeira contrait Ben White (73e), le RCT défendait encore fort, mais commettait un en-avant (74e). Tout cela avant la combinaison au large pour Théo Forner qui redonnait l’avantage à l’USAP avec la transformation d’Aucagne (76e). Le seul moment du match où, finalement, l’USAP a mêlé pression et efficacité.
Un plaquage, une blessure et pas de sanction un jour. Un plaquage, une blessure et l’exclusion temporaire le lendemain. C’est la subtilité de la nouvelle règle interdisant les "hip drop", les plaquages où un plaqueur utilise son poids pour faire tomber un joueur au sol et retombe sur les jambes de ce dernier par derrière, entrée en vigueur… ce dimanche 1er novembre.
Pourtant, c’est exactement le style de plaquage qu’a subi l’ailier catalan Maxim Granell ce samedi. À la 27e minute, le sang et or relance un ballon, mais est pris par Oliver Cowie au niveau des hanches, qui tourne et retombe sur les jambes de Granell pour l’arrêter. Conséquence : une possible fracture du péroné pour le Catalan, à l’image de ce qu’a subi Joaquín Oviedo contre l’UBB.
C’est un peu un enchaînement d’incompréhensions et d’interprétations qui ont coûté le match à l’USAP. "Il y a une incompréhension avant la penaltouche sur la gestuelle de l’arbitre, commente Laurent Labit. Il lève les bras et Bastien Chinarro pense que cela veut dire que le ballon est sorti du ruck. Mais pour l’arbitre, ça ne voulait pas dire "jeu". C’est dur, à la 79e minute passée, d’avoir la lucidité de ne pas se mettre à la faute."
M. Cayre levait en fait les bras pour valider le contest de James Hall au sol et le déblayage qu’il a subi. Le ballon n’était donc pas disponible et Toulon a pu arriver à 5 m de la ligne. Sur le ballon porté aussi, c’est une interprétation qui a poussé l’arbitre à valider l’essai litigieux du RCT. En effet, un possible écran a été vérifié. Esteban Abadie semblait effectivement passer devant David Ribbans sur la formation du ballon porté. Mais la décision terrain était essai ; les images n’ont pas assez clairement démontré une faute selon M. Cayre. Frustrant à double titre donc.