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ENTRETIEN. "On ne m'a pas mis d'épée de Damoclès au-dessus de la tête..." Comment le manager du CO Xavier Sadourny traverse-t-il les turbulences qui touchent Castres ?

l'essentiel Avec un Castres Olympique 12e et de plus en plus ciblé par les critiques, le manager Xavier Sadourny se retrouve au centre des différents questionnements qui entourent l'équipe. Avant la réception du Racing, ce samedi 7 novembre à Pierre-Fabre (16h35), l'ancien ouvreur a évoqué la situation actuelle du CO, son rôle dans tout cela, ainsi que la pression qui pèse sur lui.

Votre semaine d’entraînement a été raccourcie après le report du match à Montpellier. N’est-ce pas finalement le mieux afin de rapidement passer à autre chose après la correction reçue dans l’Hérault ?

On s'est retrouvés mardi avec le groupe, mais bon, forcément, le lundi et le mardi ont été rudes. On a débriefé, bien discuté. Le fait de rejouer samedi, six jours plus tard, c’est bien car on a besoin de rejouer vite, de se donner l'opportunité de se reprendre.

Vous avez donc mené des séances plus simples, plus resserrées sur l’essentiel ?

On n'a pas fait de retour vidéo sur le match de Montpellier parce que c'est assez facile à identifier, du moins au niveau collectif. On a effectué des retours individuels, et par ligne. Avec peu d'entraînements, c'est obligatoire d'aller à l'essentiel, de beaucoup se concentrer sur nous. Et puis il y a pas mal d'absents de par les sélections, donc ça nous pousse à aller à l'essentiel.

Comment tenir la barre dans ces moments où le bateau tangue ?

Déjà, ce qui est primordial, c'est que tout le monde ait conscience du match qu'on a livré et que, de fait, la rencontre face au Racing devient cruciale. On a la chance d’avoir des leaders présents et précieux avant ce genre de partie, dans ces semaines-là. Les joueurs sont impactés, tout le monde l’est, mais personne ne baisse les bras. Dès le mardi, les joueurs avaient la volonté d'en découdre, d’afficher une autre image. Ce n'est que la 9e journée. Il reste encore de la route, même si on n'a pas emprunté le chemin désiré.

Avez-vous déjà utilisé les termes de course au maintien ?

Pas du tout. Dans ce championnat, tu gagnes deux matchs et tu peux te retrouver dans les six. En perdre deux peut t’amener très bas. Aujourd'hui, on traîne cette défaite à la maison contre Toulouse. Mais 80 % des clubs du Top 14 ont déjà essuyé un revers chez eux. En revanche, ce qu’il nous manque, ce sont des points à l'extérieur, notamment des points de bonus. Et là, forcément, entre la défaite de Toulouse et cette déculottée à Montpellier, tout prend énormément d'ampleur.

Tout le monde, dont Baptiste Delaporte à Montpellier, voit ce Castres-Racing comme le match du 12e contre le 13e. Essayez-vous de faire fi du contexte ou insistez-vous plutôt dessus ?

Je ne vais pas parler de ça, car tout va très vite. Tout le monde en a conscience. Les joueurs ne sont pas fous, le staff non plus. On regarde le classement, mais on sait que si on gagne, on se rapproche de certains clubs. A contrario, on se mettrait en difficulté. Parler de la 13e place, je trouve cela un peu prématuré. Il faut aussi se donner de l’air, se défaire de cette pression qu’on se met ou qu’on s’est mise.

Par quels moyens cherchez-vous à vous donner de l’air ?

En se focalisant sur nous, sur ce qu'on a été capables de faire, ce qu'on fait à l'entraînement. C'est aussi une histoire d'ego, de caractère. Il faut prendre les choses en main. Le discours a été simple cette semaine. On est passé au travers au MHR, maintenant il faut réagir. Réaction, rébellion, vous appelez ça comme vous voulez, mais il faut qu’il se passe un truc. Pour nous, le club, les supporters.

Vous êtes visé en tant que manager. Comment vivez-vous cette période à titre personnel ? Vous sentez-vous plus observé, plus sous pression ? Notamment avec votre direction ?

J'échange tous les lundis avec mon président Pierre-Yves Revol et Matthias Rolland. J’exerce un métier où il faut gagner et là, ce n'est pas le cas. Mais on ne m'a pas mis d'épée de Damoclès au-dessus de la tête. Les discussions avec mon président et mon directeur général n’ont pas été plus longues que celles après notre succès sur le Stade Français. On a conscience de ce qui est fait, de ce qui est bien et moins bien. On essaie de trouver les solutions ensemble et c'est important. Après, je suis plus sous pression que si on avait gagné, oui. Mais c'est mon métier. Le jour où j'ai embrassé cette carrière, je le savais. J’ai été joueur, à un poste pas forcément simple (ouvreur, ndlr). Donc la pression, je la connais. J'aime aussi ces moments-là. J'ai conscience de cette pression dans l’environnement. Elle est normale et justifiée, car les résultats ne sont pas là. Et le premier responsable, c'est moi. Car je suis le manager. À moi d'amener l'équipe vers le rebond et la victoire.

Vous dites connaître cette pression. Elle est différente de celle d’un joueur. Vous n’êtes pas sur la pelouse et avez donc un impact bien différent que lorsque vous étiez ouvreur. La gestion ne doit pas être identique ?

Je ne suis pas sur le terrain, mais c'est quand même moi qui fais la compo, les entraînements, discute individuellement avec les joueurs. À moi de donner la confiance nécessaire, de taper sur les doigts quand ça ne va pas. Sur le terrain, en tant que tel, je n'ai pas d'impact direct. Or j'ai toute la semaine pour donner les outils nécessaires à mes joueurs afin qu'ils soient performants.

Que pensez-vous du Racing, qui est dans une situation similaire à la vôtre ?

Cette équipe est inconstante, comme nous. En revanche, quand tout le monde se met à jouer ensemble, elle est redoutable. On a de douloureux souvenirs contre les Franciliens l’an passé, là-bas (revers 21-52 à l’Arena), où on s’était fait broyer. Ils ont fait pareil en barrage à Pau, mais aussi contre les Clermontois malgré leur défaite au Michelin (30-37). Leur puissance de frappe n’est pas commune. Alors oui, ils sont dans une spirale négative, comme nous, et c’est toujours long d’en sortir. Le Racing a un jeu très direct, avec un mélange d’expérience, de puissance. Si on subit les premières collisions, après, ce sera difficile de l’arrêter.

Le jeu du CO est poussif depuis le début de la saison. Comment expliquer que cette équipe n’arrive pas à décoller ?

Après les six premiers matchs, on a dressé un premier bilan sur lequel on était la dernière équipe en matière d'utilisation du jeu au pied, mais on faisait partie de celles qui rentraient le plus dans les 22 mètres adverses, en dépit d’un manque d’efficacité. On laissait beaucoup de jus dans notre camp, ou du moins dans la zone 40-40. Il faut qu'on arrive à plus évoluer chez l'adversaire. C’est pour cela qu’on use plus du pied ces dernières semaines. Chaque semaine, on essaye d'apporter quelque chose de plus parce qu'on voit bien qu'on tourne autour mais qu'on n'a pas encore trouvé la bonne formule. Maintenant, on doit progresser sur notre utilisation du ballon et notre capacité à scorer. C'est le plus compliqué. Ça demande de la lecture, de la vitesse, beaucoup de confiance, dont on manque.

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