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Ils l'ont refait. Alors que les prises de bec s'étaient calmées entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc, les deux pilotes Ferrari ont recommencé à se chamailler à Mexico, offrant la victoire à Max Verstappen. Au premier virage, Hamilton et Leclerc étaient premier et deuxième, mais, après un dépassement controversé, les deux ont fini dans l'herbe et le Monégasque a été pénalisé. Un incident inacceptable pour Frédéric Vasseur, le directeur français de l'écurie de Formule 1, qui l'a jugé « un manque de respect ».
« Ce n'est pas le résultat qu'on espère, surtout quand on est premier et deuxième après le premier virage. À Mexico, il n'y a pas eu un dépassement depuis 72 ans, donc on n'espère pas finir deuxième et quatrième… J'ai du mal à l'avaler, car je pense que c'est un manque de respect pour la marque, pour tous les gens qui travaillent, pour les efforts qu'on fait », s'est plaint Vasseur au micro de Canal+. « On a fait un vrai pas en avant en termes de performance, donc gâcher une victoire comme ça, c'est difficile. Je n'ai pas encore discuté avec eux, on aura le temps de voir ça entre quatre ou six yeux, mais je l'ai vraiment en travers », a-t-il ajouté. « Il faut garder en tête qu'on représente une marque, des sponsors, qu'on a 2 000 personnes qui travaillent derrière nous et qu'ils (les pilotes) ne font pas de la course pour eux, mais pour tous ces gens. »
Sauf que le problème vient sans doute de Ferrari elle-même, qui refuse depuis des années de désigner un numéro 1 et un numéro 2. L'écurie explique que les pilotes se battent à armes égales, dans les limites de la décence et sans se sortir mutuellement de la piste. Cette règle ne peut fonctionner que si la voiture archidomine le plateau, ce qui n'est plus le cas depuis les années Schumacher.
« La chose la plus importante à retenir, peut-être, c'est que cela viendra avec l'âge, mais chaque décision dans la voiture a un impact sur tout le monde qui travaille (…) Une partie de notre contrat nous oblige à travailler en équipe », a lâché Lewis Hamilton. Son intervention très paternaliste détonne avec ses résultats depuis la saison 2022 : trois victoires seulement, quand Charles Leclerc en a remporté sept. « Il a 28 ans, donc je ne pense pas que ce soit une question d'âge. Je pense que c'est une question de mentalité, du genre “ça passe ou ça casse”. Comme si c'était : “Soit je gagne, soit aucun de nous deux ne gagne”, et cela ne devrait pas être comme ça », a-t-il ajouté. Il oublie sans doute les batailles homériques de 2016 avec Nico Rosberg, qui lui avait résisté et lui avait ravi la couronne mondiale.
Le problème de Ferrari, c'est le recrutement de Lewis Hamilton. Embaucher un septuple champion du monde oblige l'écurie à se mettre entièrement à son service. Sa première saison fut une déconvenue (156 points et aucun podium, contre 242 points et sept podiums pour Leclerc). Dans sa deuxième, il n'écrase pas le match (une victoire chacun, 7 podiums contre 6, 259 points contre 245). Comment demander à Leclerc, l'enfant de la Scuderia sur qui les espoirs sont placés depuis une décennie, de se retirer et de laisser gagner le pilote de 41 ans ? Chez Red Bull, Max Verstappen ne laisse aucune chance à ses différents coéquipiers, tant par ses performances en qualifications qu'en course.
Que faut-il changer chez Ferrari ? Nous avions évoqué ici un bouleversement total de l'équipe, de la tête jusqu'aux pilotes. Le triste spectacle de Mexico prouve une chose : malgré les belles promesses, ils ne changeront jamais.