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VIDEO : à 66 ans, pourquoi ce skipper des Côtes-d'Armor se lance dans sa première Route du Rhum
Thierry Roger Perros-Guirec
Thierry Roger, âgé de 66 ans, participe pour la première fois à la Route du Rhum. ©Camille Larher

À l’âge de 66 ans, le skipper Thierry Roger participe à sa première Route du Rhum, dont le départ sera donné à Saint-Malo. Il arborera les couleurs de Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), son port d’attache.

Pourquoi vous lancez-vous dans la Route du Rhum ?

Je suis constructeur de bateaux. J’ai fabriqué des voiles et des multicoques géants. J’ai aussi travaillé dans le composite. Pour la fin de ma carrière, je me voyais bien faire cette course. D’autant plus que j’ai le bateau idéal pour ça : 11,86 mètres de longueur de coque et 9,09 mètres de largeur pour 2,2 tonnes. C’est assez léger.

Justement, quels sont les avantages de ce bateau ?

C’est un bateau facile et léger, qui ne demande pas beaucoup d’efforts, avec de petites voiles. Néanmoins, ce multicoque peut prendre un peu de vitesse. Les lignes d’eau sont extrêmement arrondies ce qui permet de passer confortablement dans la mer. L’inconvénient, c’est que ça l’empêche d’accélérer beaucoup. Il n’est donc pas très très rapide.

De toute façon, il n’y a pas d’enjeux sportifs dans notre catégorie. L’important est d’amener le bateau sur les lignes de départ et d’arrivée. L’objectif est surtout de prendre du plaisir à cette traversée.

Comment vous êtes-vous préparé ?

Ce bateau, construit en 2005/2006 à Trébeurden, je l’ai acheté en 2018. Je navigue dessus depuis huit ans. Au départ, j’ai fait de petites navigations puis il y a eu le Covid. Ensuite, progressivement, j’ai réalisé des parcours de plus en plus longs en Manche, notamment toutes les courses anglaises. Et enfin, un aller-retour aux Antilles en 2025 avec le Perrosien Renan Le Penven. Je suis revenu en solitaire afin de qualifier le bateau pour la Route du Rhum.

Début octobre, le bateau a été gruté au port de Perros-Guirec pour réparer un petit impact sous l’étrave et donner une touche de peinture. On a aussi refait un antifouling pour que le navire soit propre. Le bateau va rester une saison aux Antilles.

Avez-vous un entraînement physique ?

Non, je ne me prépare pas beaucoup physiquement. Mais la navigation ne sera pas très physique. Le seul souci que je peux rencontrer, c’est le manque de sommeil. J’ai besoin de beaucoup dormir, et ça peut poser un vrai problème dans les premières 48 heures.

De Saint-Malo, au Cap Fréhel en passant par la côte de Granit rose et tout le Finistère, il y aura beaucoup de trafic – nous sommes 120 sur la ligne de départ -, des rochers, du courant. C’est un vrai challenge pour moi.

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Thierry Roger a quitté le port de Perros le 15 octobre. © Sonia HOBA

En combien de temps pensez-vous boucler la traversée ?

C’est ma première Route du Rhum et le bateau n’est pas connu. Je ne sais pas mais j’ai quand même une idée : 22 ou 23 jours sur ce type de bateau. Il n’y a pas de raison que je fasse plus et je n’arriverai pas à faire beaucoup moins.

Quelle sera l’étape la plus compliquée ?

Clairement, la ligne de départ ! Les bateaux seront énormes et extrêmement rapides. Toutes les catégories partent en même temps. Ça fait partie du challenge et de l’histoire de cette course. En théorie, un bateau militaire se poste au milieu de la ligne : tous les monocoques naviguent au sud et les multicoques au nord afin de s’éloigner au large si des difficultés se présentent.

Êtes-vous fier de porter les couleurs de Perros-Guirec ?

Trégorrois depuis toujours, je suis spécialement fier. De plus, la Ville de Perros-Guirec a fait l’effort de modifier son port avec une grande porte pour accueillir de gros bateaux. L’enjeu est de le faire savoir afin que tout le monde en profite.

Le bateau était jaune et gris, et progressivement j’y mets du rose, la couleur de la Ville de Perros. Finalement, ça se marie bien.

Qu’est-ce qui vous plaît dans la voile ?

J’adore bricoler sur les bateaux, essayer de les améliorer. Ce bateau Perros-Guirec, je l’ai beaucoup personnalisé. Je n’aimerais pas avoir un bateau de compétition tout neuf, récent. Je n’en ai pas les moyens ni la technicité. Mais améliorer mon bateau à mon niveau, ça me plaît beaucoup !

Avez-vous un favori pour la catégorie Vintage multicoque ?

Francis Joyon sur Océans ! Une personne exceptionnelle, assez discrète. C’est mon modèle et c’est lui qui va gagner d’ailleurs.

Emporterez-vous un objet fétiche, une sorte de porte-bonheur, à bord ?

Oui, le macareux des Sept Iles en peluche qu’on m’a offert.

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