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Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Stéphane Dupré, kiné de Noyal-Pontivy (Morbihan), participait en octobre 2026 à sa première Diagonale des fous. Et il décroche sa médaille de finisher au bout des 180 km de cette épreuve hors normes.
Il raconte cette expérience unique, et forcément incroyable, entre épreuve mythique, paysages de rêve, et aventure humaine. Il est finisher. Non, mieux : là-bas, on dit « J’ai survécu ». Des mots inscrits sur le tee-shirt officiel de ceux et celles qui terminent la Diagonale des fous…
Il y a eu des moments clés. Comme « le départ, grandiose, tous portés par le public ». Des moments « d’émerveillement », aussi, quand il évoque « le lever de soleil dans le cirque de Mafate », lui faisant dire, entre autres, que « c’est pour ça que je suis venu ».
Ou encore, des doutes, parfois, notamment au départ de ces 180 km sur un tracé aux 10 200 mètres de dénivelé positif : entre stress et excitation, « vais-je être à la hauteur ? », a-t-il pu se demander.
Cet homme submergé par tant d’émotions et de souvenirs, c’est Stéphane Dupré, kiné à Noyal-Pontivy, et finisher de la Diagonale des fous, à laquelle il participait pour la première fois. Un projet nourri dès ses premières foulées en course à pied, il y a 15 ans.
Une première licence prise à l’Association de détente noyalaise (ADN). Avec un ami, faire la Diagonale des fous est très vite un projet commun. « Un jour, on le fera ». Cela passe, d’abord, par les premières foulées. Et, rapidement, Stéphane Dupré montre de vraies aptitudes.
Avant la course à pied, il pratiquait le tennis de table. « Rien à voir, ce n’est pas du tout le même effort », explique-t-il à propos d’un sport très cardio d’un côté, et d’une discipline, de l’autre, où la gestion de l’effort est primordiale.
Une gestion que Stéphane Dupré maîtrise. Il se rend compte que plus les distances s’allongent, et plus il est à l’aise. Aisance dans la gestion de cet effort. Il est d’ailleurs, en 2024, champion de Bretagne d’une épreuve disputée en 24 heures : il avalera alors 200 km… Il en est aussi d’un atout : le mental, primordial.
Et sans contrainte de la performance à la Réunion. « J’ai fait cette course sans chrono », faisant sienne la devise de la Diagonale des fous : « Ti pa ti pa n’arivé ». Soit, en créole, « Petit pas par petit pas, on va y arriver ».
Petit à petit, avaler les 180 kilomètres. Au bout de l’effort, au bout des heures : 64 heures, pour Stéphane. Donc trois nuits traversées… « Je me suis posé deux fois, et j’ai dormi une vingtaine de minutes… »
Le kiné qu’il est a-t-il pu compter sur l’avantage de ses connaissances de l’organisme ? Peut-être : « Cela aide au niveau des tensions musculaires ». Mais cela ne fait pas tout.
Là encore, c’est le mental qui porte. Un mental façonné au fil des épreuves, notamment celles qualificatives pour le rassemblement réunionnais. Ne s’inscrit pas qui veut.
Montrer patte blanche : à savoir, être allé au bout d’au moins deux ultratrails de 80 km et plus. Stéphane Dupré s’exécute. Et s’exécute bien. Notamment à l’Ultra marin de Vannes, en 2025. Une épreuve au dénivelé moins impressionnant qu’à la Réunion, certes, mais tirant sur 175 km. Le kiné de Noyal les avale en 21 heures, classé 73e sur 1 800 participants… La même année, il termine aussi le Grand raid des Pyrénées.
Autre élément de préparation, notamment pour forger l’esprit : les kilomètres avalés autour du lac de Guerlédan. Stéphane s’astreint même à courir de nuit, en prévision de celles passées dans l’île de l’océan Indien.
Et ça paie. Avec, là encore, des moments forts. Comme cette fin de course, réalisée avec Gaël, le parrain de sa fille. Une fin d’épreuve ensemble, avec « un soutien mutuel », et « un happy end, en finissant main dans la main ».
Ceci dans « une joie immense » et un final « en apothéose », décrit encore Stéphane Dupré : une apothéose nourrie de cette vision du stade d’arrivée, dans la dernière descente de la Diagonale. Et tous ces gens, participants, bénévoles, qui encouragent et applaudissent tout le monde, pour « un rêve qui se réalise ».
Celui qui a, depuis trois ans, rejoint les rangs de l’ACRLP, évoque aussi son intégration, dans le cadre de l’épreuve, à la team Bretagne ultratrail Réunion passion. Un collectif ajoutant une touche caritative à cette Diagonale, avec « le soutien de la cause du don d’organes ». Et qui, sportivement, montre de belles choses : « La team termine 2e de la Diagonale par équipe ».
Il évoque, enfin, cette expérience, vécue aussi avec ses amis. Pour le soutien. Mais aussi pour la découverte de la Réunion. Une myriade de raisons qui font que cette première Diagonale… sera la dernière.
Retourner à la Réunion pour les paysages et faire des randonnées, oui. Mais pas pour la Diagonale des fous. « Je voulais une expérience unique », explique-t-il. Refaire la Diagonale ne lui apportera plus jamais, il en est certain, ces sensations uniques vécues sur « le Graal » de la course à pied. Et s’il n’avait pas été finisher ? « La réponse aurait peut-être été différente », concède-t-il…