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Le troisième ligne fidjien du CA Périgueux fait sa place en ciel et blanc. Talonneur au Stade Français, il a retrouvé son poste en Dordogne où il s’éclate, avant d’aller à Vienne samedi 31 octobre
Avec son mètre 85 et ses 110 kilos, Henry Spring n’est pas le gabarit le plus impressionnant du paquet d’avants capiste mais ses prestations se succèdent et le Fidjien ne déçoit pas beaucoup. La preuve, il n’a raté qu’un seul match (à Suresnes) et est devenu une pièce maîtresse du CA Périgueux.
Pourtant, l’ancien Espoir du Stade Français arrivait de Saint-Médard-en-Jalles, en Fédérale 1. Mais il a bien digéré la différence de niveau. « J’avais un peu de retard sur les lancements quand je suis arrivé. Sur la vitesse aussi. En Fédérale 1, on est davantage dans l’impact, avec des anciens pros qui font mal. Là, ça joue plus », compare-t-il dans un français à peine teinté d’une pointe d’accent.
« Quand je suis arrivé à Paris, c’était dur pendant les deux premières années. Heureusement qu’il y a une communauté fidjienne »
Cela fait presque dix ans qu’il est arrivé dans l’Hexagone, directement depuis Tacirua, une localité à l’intérieur des terres, au nord de Suva, la capitale des Fidji. « Le Stade Français m’a repéré là-bas quand j’avais 16 ans. J’avais une autre proposition pour aller en Nouvelle-Zélande [NDLR : comme la majorité des jeunes Fidjiens le font], mais j’avais envie de voir la tour Eiffel et tout, donc j’ai choisi Paris. »
C’est grâce à un ingénieur bourguignon que le CAP a pu renforcer sa troisième ligne cet été, pour venir au soutien par exemple d’un Afa Amosa qui n’a plus ses jambes de 20 ans. Par un petit concours de circonstances aussi puisqu’après la capitale, Spring était tenté par la Côte d’Azur et Hyères/Carqueiranne. Mais après que le club varois a déposé le bilan, atterrissage finalement en banlieue bordelaise.
Où il a redécouvert le poste de flanker. Parce qu’après avoir été formé au centre dans son île natale, Henry Spring est monté en troisième ligne et même au talonnage au Stade Français. Avant de redescendre de deux crans en Gironde. « Moi, tout me va tant que je joue », sourit le jeune homme (26 ans).
« Quand je suis arrivé à Paris, c’était dur pendant les deux premières années. Heureusement qu’il y a une petite communauté fidjienne. On se réunit quand l’équipe nationale vient jouer, le jour de la fête nationale, on a un groupe Whatsapp. » Ainsi, il se retrouve à guider son nouveau colocataire, Sirilo Lovokuro, dans sa découverte de la France, à trente-six heures d’avion de la maison.
Mais cette année, Spring risque de ne pas pouvoir aller à Lyon voir le XV du Pacifique, samedi 7 novembre : un peu plus tôt, le CAP recevra Albi pour fêter ses 125 ans.