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« Cela n’a pas été très concluant », glisse Jean-Pierre Dubois, dans un léger sourire traduisant une pointe d’amertume.
Quelques minutes après la fin de sa course, la légende vivante du monde hippique s’est déjà changée. Le public présent à l’hippodrome de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), ce dimanche 1er novembre 2026, a peut-être vu « le chef » de 86 ans pour la dernière fois.
Le professionnel ornais, d’origine bretonne, a tout connu ou presque dans le milieu. Entraîneur, éleveur, propriétaire et driver… Il a brillé en trot, plat et obstacle.
Vainqueur de plus de 2 400 courses au trot (dont les Prix d’Amérique 1979 et 1982) en Europe mais aussi aux États-Unis, Jean-Pierre Dubois est également un éleveur réputé.
Il a notamment élevé le crack trotteur italien Varenne, décédé en août dernier, ainsi que plusieurs vainqueurs au plus haut niveau au galop, que ce soit en plat ou en obstacle.
Le Normand a également fait naître des champions en croisant ses juments avec les meilleurs étalons américains à la fin des années 80.
Ce pedigree, certains spectateurs présents à l’hippodrome dimanche, le connaissait bien.
Yves, un habitué, était venu spécialement pour voir cette légende vivante s’aligner sur la quatrième des neuf courses au programme.
« Il est prudent avec sa pouliche, mais il a encore un sacré drive pour son âge ! », commente-t-il, jumelles en main.
Le classement du jour de Jean-Pierre Dubois importait peu. « Il est venu se faire plaisir. À son âge, c’est incroyable d’être encore là. C’est un bonhomme ! », poursuit Yves.
Ce dernier évoque également la « carrière incroyable » de Jean-Pierre Dubois, particulièrement dans l’élevage.
Yves cite notamment l’association célèbre et fructueuse avec Armbro Goal pour des croisements avec les meilleures poulinières.
« C’est quelqu’un d’énormément respecté dans le milieu », affirme-t-il.
Respecté, mais aussi très discret. « L’homme est comme ça », ajoute-t-il avec un sourire.
Ce dimanche, avec Optimista, le « chef » a peut-être disputé sa dernière course à l’hippodrome de Cherbourg-en-Cotentin. « C’est sûrement ma dernière année », confie Jean-Pierre Dubois.
Quand on lui demande ce qu’il retient de sa carrière, il répond humblement : « Il faut être chanceux et avoir la santé. »
Avant de conclure : « Je n’ai pas trop envie de regarder le passé. Aujourd’hui, je regarde simplement les jeunes faire. On en a des bons en France. Quand je les vois réussir, je les admire. »