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Reprise de l’Élite 1 : « Les Lionnes sont étudiées, décortiquées, à nous d’encore créer de la surprise », ambitionne le nouveau manager bordelais Yannick Vignette

L’ancien entraîneur des trois-quarts de la Section Paloise (2003-2008) et plus récemment de Cognac et Salles arrive à la tête de Lionnes avec une sacrée mission : la quête d’un cinquième titre d’affilée

Yannick Vignette décroche son téléphone sur le trajet entre Bordeaux et Pau où vit sa famille. Cette route, il va la connaître par cœur à force de l’emprunter chaque semaine après les entraînements dispensés aux Lionnes du Stade Bordelaisdont il a pris la tête cet été après leur quatrième sacre de rang en Élite 1. Le technicien de 53 ans arrive avec une expérience conséquente du rugby masculin (Section Paloise, Mauléon, sélection de Roumanie, Tarbes, La Hulpe en Belgique, Cognac et Salles) et plus légère mais marquante auprès des féminines du club belge. À...

Yannick Vignette décroche son téléphone sur le trajet entre Bordeaux et Pau où vit sa famille. Cette route, il va la connaître par cœur à force de l’emprunter chaque semaine après les entraînements dispensés aux Lionnes du Stade Bordelais dont il a pris la tête cet été après leur quatrième sacre de rang en Élite 1. Le technicien de 53 ans arrive avec une expérience conséquente du rugby masculin (Section Paloise, Mauléon, sélection de Roumanie, Tarbes, La Hulpe en Belgique, Cognac et Salles) et plus légère mais marquante auprès des féminines du club belge. À la veille de l’ouverture de la saison par la réception de Grenoble, ce dimanche (14 h 30), il détaille ses impressions et les premiers mois de travail auprès d’une équipe face à laquelle chaque adversaire fera tout pour l’empêcher de remporter un cinquième titre.

Comment le contact s’est-il établi avec le club ?

Via un ami commun d’un des présidents Patrick Laporte. Il m’a dit qu’ils cherchaient un manager, j’ai échangé avec Patrick pour savoir si ça me plairait, comme c’était le cas j’ai rencontré les autres présidents, j’ai postulé et ils ont retenu ma candidature.

Vous restiez sur des aventures dans le rugby masculin, pourquoi venir chez les féminines ?

Il y a quelques années (2021-2022), j’ai entraîné l’équipe du club belge de La Hulpe, près de Waterloo, en Belgique. Une fois là-bas, le directeur sportif m’avait demandé d’intervenir aussi auprès des filles. J’avais beaucoup apprécié l’expérience, l’approche un peu différente et on a fini double champion. Avec les garçons mais surtout avec les filles qui avaient un super groupe.

En quoi aviez-vous trouvé l’approche différente ?

J’avais adoré leur écoute, leur capacité à intégrer les choses et à la restituer très fidèlement sur le terrain. C’est le cas aussi chez les garçons mais, chez les filles, quand les consignes sont données et acceptées, elles sont suivies à la lettre avec beaucoup d’application et de concentration. Quand on est coach, c’est forcément plaisant !

« J’ai été marqué par l’état d’esprit qui n’est pas porté par les stars ou les élites mais par tout le monde dans le club »

Aujourd’hui vous êtes aux Lionnes du Stade Bordelais, une structure installée et qui ambitionne d’encore grandir. Comment avez-vous pris vos marques ?

Ce côté très organisé, carré et professionnel m’a justement plu. Au départ, il y a forcément eu une phase d’observation, de compréhension de l’environnement, du groupe, du fonctionnement et des us et coutumes ! J’avais besoin de m’imprégner de cet héritage. Pour cela, le staff déjà présent avec Fabrice Nivard (avants) et Alex Pilati (skills) m’ont aussi accompagné et transmis les informations.

Dans un club quatre fois champion de France, que souhaitez-vous apporter ?

En arrivant avec le préparateur physique Alexis Rivière et l’analyste vidéo, ancien de l’UBB, Serge Fourquet et en travaillant avec Mahamadou Diaby en défense et évidemment avec Fabrice et Alex, mon but sera d’amener plus de détails et de structure dans la partie sportive. On a commencé par créer une plate-forme pour que les filles aient à disposition tous les éléments des entraînements, du plan de jeu quand elles le veulent.

Dans le jeu, quelle sera la patte Vignette ?

Je pense qu’on va pouvoir encore améliorer certaines formes de jeu qui sont sous-exploitées aujourd’hui.

Avez-vous des exemples ?

Défensivement par exemple, on essaie de trouver un modèle pour franchir des palliers, être plus offensif, agressif, plus fort et plus haut avec une organisation la plus huilée possible. On travaille aussi sur des formes différentes. Les Lionnes sont étudiées, décortiquées, à nous d’encore créer de l’incertitude et de la surprise.

« Après trois mois de travail, on a surtout hâte de basculer dans le concret et de se lancer dans la compétition »

Vous vous apprêtez à démarrer la saison sans les 15 internationales (10 Françaises, 2 Américaines, 2 Canadiennes et 1 Italienne) que vous avez aussi très peu eues durant la préparation. Comment avez-vous géré cette particularité ?

Elles étaient là les trois premières semaines et c’était plaisant d’avoir tout le monde pour travailler et se connaître. Puis leur départ m’a aussi permis de connaître le groupe plus en profondeur puisque des espoirs sont régulièrement montées pour s’entraîner avec nous quand les filles n’étaient pas nombreuses. On a aussi travaillé avec le staff.

Quelles sont vos premières impressions sur ce groupe ?

J’ai été marqué par l’état d’esprit qui n’est pas porté par les stars ou les élites mais par tout le monde dans le club. La bienveillance et la solidarité transpirent de chaque équipe, de chaque fille qui veut d’abord bien faire et donner pour le collectif. Tout le monde veut être là les uns pour les autres, c’est assez fort.

Comment pensez-vous gérer la pression de cette quête d’un cinquième titre d’affilée ?

Je pense que ça va se faire en plusieurs étapes. On va d’abord essayer de faire une bonne saison avec l’ambition de se mettre dans les meilleures dispositions pour la qualification et on verra ensuite. Il y aura forcément la pression du résultat à chaque fois mais c’est quelque chose qui anime, motive et pousse tout le groupe vers l’exigence. Après trois mois de travail, on a surtout hâte de basculer dans le concret et de se lancer dans la compétition pour jouer, appliquer ce qu’on a bossé et prendre du plaisir.

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