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Renault dit adieu à près de 50 ans d'histoire en Formule 1 : le constructeur français cède son usine historique de moteurs à une entreprise belge
Le site de Viry-Châtillon occupait pourtant une place à part dans l’histoire du constructeur au losange. Renault y développe des moteurs de compétition depuis la fin des années 1970. Bruno Levesque

L’usine de moteurs de Formule 1 de Viry-Châtillon sera acquis par le groupe belge Dumarey, selon un accord signé avec Renault, ce jeudi. L’ensemble des effectifs, environ 150 personnes, serait repris.

Renault a annoncé jeudi la signature d'un accord "prévoyant l'acquisition" par le groupe belge Dumarey "de la société Alpine Racing SAS implantée à Viry-Chatillon (Essonne)", et la "reprise des équipes et des actifs nécessaires à l'exploitation du site".

L'ensemble des effectifs de l'entité qui produisait des moteurs de Formule 1 jusqu'à fin 2025, soit environ 150 personnes, serait "ainsi repris par l'acquéreur", a précisé Renault dans un communiqué diffusé jeudi avec Dumarey.

Les deux groupes présentent ce rapprochement comme une manière de sauvegarder un savoir-faire rare en France : la conception et le développement de groupes motopropulseurs de très haute performance, forgés par des décennies de compétition automobile. Dumarey entend notamment s’appuyer sur cette expertise pour développer ses activités dans le motorsport et envisage, à terme, de fournir des moteurs à des écuries de course.

Le constructeur français dit adieu à 50 ans d'histoire

Cette cession scelle la sortie de Renault de la motorisation en Formule 1, après la décision, annoncée en septembre 2024, d’arrêter la production de ses propres moteurs à Viry-Châtillon à la fin de la saison 2025. L’écurie Alpine s’est depuis tournée vers Mercedes pour son moteur à partir de la saison 2026.

Le site de Viry-Châtillon occupait pourtant une place à part dans l’histoire du constructeur au losange. Renault y développe des moteurs de compétition depuis la fin des années 1970. Ses blocs ont notamment propulsé les titres mondiaux de Williams dans les années 1990, les deux sacres de Fernando Alonso avec Renault en 2005 et 2006, puis les quatre championnats consécutifs de Sebastian Vettel avec Red Bull entre 2010 et 2013.

Un soulagement pour les salariés ?

L’arrêt du programme moteur avait suscité une forte inquiétude chez les salariés de Viry-Châtillon, qui redoutaient la disparition d’un pôle d’excellence industrielle français. Renault avait alors promis une reconversion du site vers de nouveaux projets technologiques, notamment dans l’automobile et les mobilités de demain.

La reprise annoncée par Dumarey apporte donc une réponse, au moins partielle, à ces craintes : l’ensemble des effectifs encore présents sur place, soit environ 150 personnes, devrait être conservé. L’accord reste toutefois soumis aux procédures habituelles, notamment des consultations du personnel et des autorisations administratives.

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