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Course pédestre : Ana Gouffier se surpasse sans cesse

À 36 ans, l'Aubagnaise - maman de deux enfants - ne se laisse pas démoraliser et enchaîne les projets sportifs malgré la maladie. Avec beaucoup d'entrain et des ambitions.

Ancienne boxeuse et sportive, Ana Gouffier n'aimait pas courir. Après deux grossesses et deux césariennes, elle décide toutefois de se mettre au footing pour retrouver la forme sans penser ni aux chronos ni aux championnats. "Je n'aimais pas nager et je n'aimais pas courir", se remémore l'Aubagnaise.

De la remise en forme aux podiums

En 2021, elle intègre le club des Joggeurs aubagnais. Peu à peu, les sorties de remise en forme se transforment en entraînements structurés. Pour elle, la nuance est importante : "Il y a une différence entre courir et s'entraîner". Car derrière l'enchaînement des kilomètres, un objectif : se qualifier pour les championnats de France de semi-marathon.

Pour y arriver, celle qui est aujourd'hui licenciée à la Sco Sainte-Marguerite et à l'association CPLM (Courir pour la mémoire) à Marseille doit réaliser un chrono de 1h45'. En 2024, elle signe finalement un temps de 1h40'.

Cette performance marque alors une étape de son parcours. La ville d'Aubagne la récompense alors aux trophées sportifs. Elle remporte la même année le challenge Route Paca dans sa catégorie senior lors de la saison 2023-2024.

La maladie, un nouveau défi

Son parcours est cependant marqué par une nouvelle qui va bouleverser son quotidien. En décembre 2023, alors qu'elle prépare une compétition, de violentes douleurs l'obligent à s'arrêter. Plusieurs mois d'examens ont suivi jusqu'à ce que le verdict tombe. En avril 2024, on lui annonce qu'elle est atteinte d'un cancer des ovaires. Elle entame alors tout un protocole de soins. Cependant, elle ne se laisse pas abattre et conserve ses objectifs sportifs. "Je me bats avec mon corps face à la maladie mais, finalement, la maladie passe un peu au travers parce que j'arrive encore à m'entraîner."

Une nouvelle récidive vient aujourd'hui remettre en question la suite de son parcours. Une opération plus lourde est prévue pour août 2027, mais elle ne renonce pas pour autant : "Je suis qualifiée, j'y vais".

Le collectif, une force

Mais cette volonté de continuer s'inscrit dans un quotidien déjà bien rempli. Ingénieure d'études dans une école de journalisme de Marseille, elle consacre entre 40 et 45h par semaine à son travail. Femme de militaire, absent la moitié de l'année, elle est également maman de deux enfants, qui partagent sa passion, et parvient à s'entraîner 7 jours sur 7.

La compétition en individuel n'est pas son seul domaine. Lors des championnats d'Europe master sur route à Catane en Italie, elle contribue aux trois médailles de bronze remportées par équipe avec la France. Elle accorde de l'importance au collectif. "Peu importe si je ne peux pas me battre pour moi, je me battrai pour une équipe", affirme-t-elle.

"Derrière chaque épreuve, toujours le moyen de rebondir"

Dimanche dernier, elle était au rendez-vous du Marseille-Cassis, mais en tant qu'accompagnatrice. Une expérience qui lui donne envie de revenir lors de la prochaine édition pour prendre le départ pour elle cette fois. En attendant, elle retrouvera les routes ce dimanche à l'occasion de la Ronde des Vignes, une course qui s'inscrit dans la continuité de ses ambitions sportives.

Pour la suite, Ana Gouffier espère poursuivre ses ambitions sur route et sur piste. Elle continue de se fixer toujours plus de défis à relever. Elle vise les championnats du monde d'athlétisme masters dans les stades qui se dérouleront aux Pays-Bas en 2028 et refuse que sa maladie décide de son avenir sportif : "Je pense que derrière chaque épreuve, il y a toujours quelque chose qui nous permet de rebondir à un moment ou à un autre. Il faut juste trouver l'élément déclencheur."

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