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De notre envoyé spécial à la Plénitude Arena,
C’est bien beau de sortir le nouveau numéro un mondial en deux petits sets. C’en est une autre d’affronter le lendemain un Français mort de faim devant son public, quand bien même on est favori. Après avoir renvoyé en Allemagne Alexander Zverev, Lorenzo Musetti s’est fait surprendre par Luca Van Assche ce jeudi au troisième tour du Masters 1000 de Paris en trois sets (7-5, 3-6, 6-4). Une belle revanche pour le Tricolore, né en Belgique.
Il y a une dizaine de jours, il avait été sorti par le même italien au tournoi de Lyon après une autre énorme bataille en trois sets et plus de trois heures de jeu. « Musetti avait fini vraiment très très mal après le match, donc là on savait qu’il y avait des possibilités pour que Luca trouve encore plus de solutions, raconte l’ancien Mousquetaire Jo-Wilfried Tsonga. C’est un joueur qui est de plus en plus confirmé et qui, de toute façon, va continuer de progresser et de battre des grands joueurs. »
Vive la France 🔥
— Tennis TV (@TennisTV) November 5, 2026
The moment @lucavanassche upset Musetti to reach his maiden Masters 1000 QF!#RolexParisMasters pic.twitter.com/vHGnSxYzmC
A 22 ans, Luca Van Assche, qui va entrer dans le top 40, est peut-être l’un des Français qu’on attendait le moins sur ce Masters 1000 de Paris, la faute à une évolution loin d’être linéaire depuis son titre à Roland-Garros Juniors en 2021 en battant en finale… Arthur Fils. Une entrée très rapide à 19 ans aux alentours de la 60e place, puis la dégringolade jusqu’à être au-delà de la 230e place mondiale à la fin de l’année 2025.
« Ce sont des périodes de doutes, pas faciles, surtout que j’étais habitué à ne pas rencontrer de difficultés, a confié l’intéressé après sa victoire jeudi. Je me posais des questions sur ce que je voulais faire. » « ll met son temps à lui, estime Tsonga. Il a été assez vite dans le top 100, après, il en est ressorti. Il est repassé par l’expérience Challenger qui, je pense, est importante, elle t’apprend beaucoup de choses. »
Tellement de choses que Van Assche a remporté quatre titres cette année en Challenger (Quimper, Lille, Parme et Québec) et son premier en ATP (Estoril). Des résultats fous qui lui ont permis de reprendre son ascension commencée tout jeune, grâce notamment à un changement de mentalité. « Il avait besoin de retrouver du plaisir sur le terrain et dans le travail, explique son entraîneur Sébastien Villette. Il avait besoin d’être épanoui dans ce qu’il faisait. C’est un gros bosseur et en étant épanoui, il bosse encore plus, encore mieux. »
Notre témoin malheureux du jour, Lorenzo Musetti est bien placé pour voir les progrès du gaillard, qu’il l’avait déjà affronté il y a deux ans au deuxième tour de l’Open d’Australie. « Il s’est beaucoup amélioré, il a notamment servi super bien aujourd’hui, en réussissant à sauver des balles de break et des situations compliquées pour lui dans le troisième set, indiquait l’Italien. Mais c’est vraiment au service qu’il a fait des progrès. Il a servi à 215-218 km/h, ça m’a surpris. »
C’est grâce à cette arme qu’il a notamment pu mettre fin au danger qui existait à 4-4 dans la dernière manche et pouvoir prendre, dans la foulée le service de Musetti, qui a fini la rencontre exaspérée. « Quand on a commencé à travailler ensemble, il y a un an, le service faisait partie des axes de travail, souligne Villette, satisfait de voir qu’un journaliste soulignait les progrès de son poulain dans l’exercice. Ça a pris du temps et ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. »
Mieux, grâce au travail entrepris avec son coach, Van Assche a même réussi à se défaire de l’image d’un joueur solide (comprenez défensif) pour envoyer quelques minasses bien senties. « Beaucoup de personnes me considèrent comme un joueur juste solide, mais avec les matchs et l’expérience, je sais que le fait de juste remettre la balle dans le terrain, ça ne suffit pas, estime-t-il. Dans mon jeu, il faut que je sois agressif, que je prenne l’échange à mon compte, et je l’ai bien fait aujourd’hui. » Sébastien Villette développe davantage :
« On a cette image un peu trompeuse du joueur un peu frêle qui va être huit mètres derrière sa ligne et qui use ses adversaires jusqu’au bout. Alors qu’en fait… On l’a vu au premier set, il prenait de vitesse avec son coup droit à son adversaire en s’engageant, se réjouit son coach. Il a une qualité de puissance qui fait qu’il peut rivaliser avec les meilleurs. Il ne l’exploitait peut-être pas assez. Mais je pense que cette qualité est vraiment très au-dessus de la moyenne chez lui. »
« Luca, il joue, ajoute Tsonga. Il se bat avec ses armes à lui. Il a des qualités que d’autres n’ont pas. Et puis, effectivement, il a la taille qu’il n’a pas (1,80 m), mais il se compense avec d’autres qualités. Ce que j’aime bien chez lui, c’est qu’il est assez unique dans sa façon de faire. C’est un joueur qui colle à la balle. Il est derrière la balle. Il est précis. Il joue bien. » On espère que la belle histoire continuera vendredi, pour son premier quart de finale de Masters 1000 où il affrontera l’Australien Rinky Hijikata, passé par les qualifs. Il y a un très gros coup à jouer.