Retour
Aprilia n’a visiblement aucune intention de laisser Ducati reprendre tranquillement ses bonnes idées. Alors que Marc Marquez utilise désormais sur sa Desmosedici un dispositif aérodynamique rappelant celui de la RS-GP, Marco Bezzecchi est apparu vendredi à Sepang avec une nouvelle évolution du bras oscillant arrière. Une pièce supplémentaire qui illustre l’intensité de la bataille technique entre les deux constructeurs, à seulement quatre manches de la fin de l’ère des MotoGP 1000 cc.
Pendant des années, Ducati a imposé ses innovations aérodynamiques au reste du plateau. Mais en cette fin de saison 2026, les rôles semblent parfois s’inverser. À Phillip Island, la Desmosedici de Marc Marquez avait attiré l’attention avec l’apparition de déflecteurs installés autour du bras oscillant arrière.
Une solution rappelant fortement celle déjà utilisée par Aprilia. À Sepang, le leader du championnat semblait de nouveau privilégier cette configuration. L’objectif supposé de ces éléments est d’améliorer le comportement de l’arrière de la moto, notamment l’adhérence en virage.
Autrement dit, Ducati cherche peut-être chez Aprilia une partie des réponses aux difficultés qu’elle rencontre face à la RS-GP. Une situation inhabituelle pour un constructeur longtemps considéré comme la référence absolue en matière d’aérodynamisme.
Mais pendant que Ducati explore cette solution, Aprilia poursuit son développement. Vendredi, Marco Bezzecchi a pris la piste avec un élément aérodynamique supplémentaire installé sur le bras oscillant arrière.
Cette nouvelle pièce repérée par crash.net apparaît sous le dispositif déjà présent sur la RS-GP. Son fonctionnement précis et son gain réel n’ont pas été détaillés publiquement. Mais son apparition confirme une chose : Aprilia continue de faire évoluer sa moto alors même que la réglementation technique changera profondément en 2027.
Avec l’arrivée des moteurs 850 cc, les machines actuelles n’ont plus que quelques courses à disputer. Pourtant, Noale ne ralentit pas ses efforts. L’objectif est évident : exploiter jusqu’au bout le potentiel de la RS-GP pour tenter de décrocher le titre mondial.
Interrogé sur les ressemblances entre les solutions de Ducati et celles d’Aprilia, Marc Marquez avait déjà livré une réponse particulièrement intéressante. L’Espagnol refuse de considérer l’observation des concurrents comme une faiblesse. « On ne peut pas être arrogant et se contenter d’utiliser ses propres idées. »
Pour lui, la compétition impose une remise en question permanente. « Parfois, on peut apprendre des autres, parfois ce sont les autres qui peuvent apprendre de nous. » Marquez rejette également l’idée d’un simple copier-coller.
« Tout le monde observe, même moi en tant que pilote, ce que font les autres pour essayer de faire mieux. » Une philosophie qui résume parfaitement la situation actuelle. Ducati n’a pas nécessairement inventé cette solution, mais cela ne signifie pas qu’elle l’a reproduite à l’identique. L’enjeu consiste à l’adapter aux caractéristiques de sa propre machine.
Ces évolutions prennent une importance particulière dans le contexte du championnat. Marc Marquez possède dix points d’avance sur Jorge Martin, blessé au poignet droit. Mais Aprilia a démontré ces dernières semaines qu’elle pouvait rivaliser avec Ducati, voire prendre l’avantage sur certains circuits.
Davide Tardozzi lui-même a reconnu que plusieurs des dernières manches pourraient favoriser la RS-GP. Dans ce contexte, chaque amélioration compte. Un gain d’adhérence à l’arrière peut permettre de mieux exploiter les pneumatiques, d’améliorer la motricité ou de gagner quelques précieux dixièmes.
Encore faut-il démontrer que les nouveaux éléments produisent réellement ces effets en piste. À ce stade, leur présence ne constitue pas une preuve de supériorité technique. Mais elle confirme que la guerre du développement est loin d’être terminée.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
Ducati a longtemps montré la voie en matière d’aérodynamisme. Mais aujourd’hui, Aprilia semble suffisamment redoutable pour devenir elle-même une source d’inspiration. Et pendant que Marquez explique qu’il faut savoir apprendre de ses adversaires, les ingénieurs de Noale semblent déjà occupés à leur donner une nouvelle leçon.