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"Je suis resté 1h30 à l'infirmerie pour reprendre mes esprits" : l'exploit de ce triathlète aux mondiaux d'Ironman
Deuxième des 18-24 ans, Loïc Bernard (Tsf) est le premier Valdoisien à finir dans le Top 3 de sa catégorie aux Championnats du monde d'Ironman.
Deuxième des 18-24 ans, Loïc Bernard (Tsf) est le premier Valdoisien à finir dans le Top 3 de sa catégorie aux Championnats du monde d’Ironman. © Dr

« J’étais super content, mais je ne savais plus trop où j’étais. Je suis resté 1h30 à l’infirmerie pour reprendre mes esprits », raconte Loïc Bernard.

Samedi 10 octobre 2026, vers 16h (heure locale de Kona, à Hawaii), le sociétaire du Triathlon Sannois Franconville (Tsf) franchissait la ligne d’arrivée des Championnats du monde d’Ironman en étant allé au bout de lui-même.

Cet habitant de Franconville, dans le Val-d’Oise, a été le premier Français à boucler les 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,195 km de course à pied d’un Mondial en moins de 8h52 (8h51’48) chez les 18-24 ans.

Remontada à vélo

Cette performance remarquable lui a offert le titre de vice-champion du monde de son groupe d’âge et lui a permis d’être le premier Valdoisien à finir dans le top 3 sur cette course qui fait rêver.

« Je ne finis qu’à 10 minutes de mon meilleur chrono sur Ironman alors qu’ici, les parcours vélo et marathon sont bien plus vallonnés qu’à Tours », a souligné le triathlète, qui officie à la piscine de Franconville en tant qu’entraîneur, éducateur sportif, maître-nageur et animateur Aquagym.

D’emblée, sa natation dans la Kailua Bay l’a placé dans le bon tempo. « J’ai rattrapé les concurrents des 60-64 ans et ai bouclé l’aller-retour en 59’44, en 16e position dans ma catégorie. »

Mais ses 85 premiers kilomètres à vélo sur la Queen Kaʻahumanu Highway sont frustrants.

« Je n’arrivais pas à appuyer. Peut-être parce que mon cardio est monté trop haut en natation. J’ai pris mon mal en patience et suis redescendu à la 23e place. »

Dès le retour à vélo, changement de décor. « Mentalement, le fait de revenir m’a fait du bien. Je suis devenu euphorique et suis remonté à la 7e place tout en freinant parfois mes ardeurs. »

Final au mental

Il accomplit ensuite une seconde transition digne des cinq meilleurs professionnels.

« J’ai gagné du temps car j’avais mis tout ce dont j’avais besoin (alimentation, lunettes, bob et écharpe fine humidifiés) dans un sac en plastique. Après 12 km de course à pied, j’étais 3e. Dans une côte, j’ai repéré un concurrent qui avait la même allure que moi. Je pensais à tort que c’était le 2e de ma catégorie et ai calé ma course sur lui. » 

Mais dans l’Energy Lab (un secteur en plein cagnard), il a la sagesse de ralentir. « J’ai quand même bouclé les quatre derniers kilomètres au mental », reconnaît Loïc, qui a assuré sa 2e place depuis longtemps et remonté 8 minutes en course à pied sur le Suisse Kiyan Sunderji, vainqueur de sa catégorie.

Il pouvait recevoir fièrement son Umeke, bol traditionnel hawaïen remis sur cette course aux cinq premiers de chaque catégorie et aux dix meilleurs pros.

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