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REPORTAGE. "Il nous restait donc deux mois pour assurer toute la production" : comment un couple installé en Ariège a fabriqué les près de 40 000 médailles du marathon de Toulouse
Léa et Alexis, fondateurs de Woodler, avec l'un des trophées du marathon de Toulouse. Photo Woodler

l'essentiel Installés à La Bastide-de-Sérou, en Ariège, Léa Lévi et Alexis Quilichini ont créé Woodler en 2023, après un bouleversement familial. Trois ans plus tard, leur petite entreprise a décroché un contrat hors norme : fabriquer près de 40 000 médailles pour le marathon de Toulouse. Une aventure qui a changé la dimension de leur atelier, avant que le couple ne prenne lui-même le départ du 10 km ce dimanche. La Dépêche du Midi vous raconte.

D'une main, Léa Lévi tient une brassée de médailles aux rubans roses et bleus. De l'autre, un trophée en bois représentant le minotaure de la Halle de la Machine à Toulouse, posé sur une brique rouge. Dimanche, la jeune femme de 36 ans prendra elle-même le départ du 10 km de Toulouse, avec son conjoint Alexis Quilichini, 35 ans. À l'arrivée, ils recevront, comme des milliers de coureurs, l'une des médailles sorties de leur atelier de La Bastide-de-Sérou. Une drôle de boucle pour ce couple qui, il y a trois ans, ne fabriquait même pas de récompenses sportives.

Leur histoire commence loin des lignes de départ. Originaires de la région parisienne, ils traversent une période éprouvante à la naissance prématurée de leur enfant. "Nous avons passé trois mois à l'hôpital à Paris. Après cette période, nous avions envie de prendre l'air", raconte Léa. Ils partent en vacances chez le père de la jeune femme, en Ariège, pour un mois. "Finalement, nous sommes restés." Dans la grange familiale, son père possède un atelier et le savoir-faire du bois. Le couple y voit la possibilité d'une nouvelle vie.

Léa Lévi avec les médailles et un trophée que son entreprise ont créé pour les courses du marathon de Toulouse.
Léa Lévi avec les médailles et un trophée que son entreprise ont créé pour les courses du marathon de Toulouse. DDM Damien Souillé

D'une grange à des milliers de médailles

En juillet 2023, Woodler naît dans cet espace prêté par la famille. Léa, qui dirigeait une agence de communication, maîtrise le graphisme. Alexis, auparavant commercial, sait démarcher les clients. "Il trouve les contrats et je gère davantage la partie design", résume-t-elle avec le sourire. Ils réalisent d'abord des tableaux en bois gravé. Les retours sont bons, mais "les ventes n'étaient absolument pas suffisantes pour en vivre".

Passionnés de sport, ils tentent alors les médailles et les trophées. Elle court, lui fait du vélo. Les commandes arrivent, puis un déclic en 2025 avec la cyclosportive l'Ariégeoise. "L'activité a vraiment pris de l'ampleur." Les objets décoratifs laissent place aux récompenses sportives. Un univers qui leur ressemble : "Nous travaillons essentiellement avec le milieu associatif et les loisirs. C'est vraiment chouette parce qu'on échange en permanence avec des personnes passionnées."

Les médailles du semi-marathon de Toulouse.
Les médailles du semi-marathon de Toulouse. Photo Woodler

Trois ans plus tard, les organisateurs du marathon, du semi-marathon et du 10 km de Toulouse leur confient près de 40 000 médailles. Leur plus gros contrat et un second défi en 2026 après les 20 000 réalisées pour la Décathlonienne, en début d'année. Avec un contrat seulement validé à la fin du mois d'août, les délais étaient serrés. "Il nous restait donc deux mois pour assurer toute la production." Il faut acheter un laser supplémentaire, recruter et surtout quitter la grange. Le marathon accélère tout.

Grandir, mais rester en Ariège

Depuis début octobre, Woodler occupe un local plus vaste, toujours à La Bastide-de-Sérou. "Nous nous marchions dessus, nous devions nous faufiler entre les machines", se souvient Léa. Pour Toulouse, onze personnes sont mobilisées. Les lasers découpent les plaques de bois, les pièces sont nettoyées, imprimées, assemblées, puis équipées de rubans. Sur les trophées, du bois massif issu d'une scierie près de Saint-Girons côtoie la brique toulousaine. "Nous essayons vraiment de privilégier les ressources locales. Nous faisons au mieux", précise Léa, indiquant au passage que le médium des médailles n'est pas ariégeois mais vient de France.

Les médailles destinées aux finishers du marathon de Toulouse.
Les médailles destinées aux finishers du marathon de Toulouse. Photo Woodler

Ces semaines ont mis à l'épreuve une équipe encore jeune. "Nous avons vécu deux mois très intenses", reconnaît la créatrice. Mais elle insiste surtout sur l'aventure collective : "Nous avons eu une équipe formidable, qui nous a énormément aidés." Les dernières pièces sont prêtes à temps, livrées en main propre à l'organisation jeudi soir.

Désormais, le couple rêve de décrocher d'autres grands événements, sans perdre l'esprit de ses débuts. Son ambition ? "Embaucher une équipe sur le long terme, ici." En attendant, dimanche, Léa et Alexis troqueront l'atelier contre les rues de Toulouse. Cette fois, leur médaille, il faudra aller la chercher en courant.

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