Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
« Le Becquet, ça va faire mal ! » Anthony Delaplace analyse la 4e étape du Tour de France 2027
CYCLISME. Octobre : au Tour de Vendée, qu’Anthony Delaplace (36 ans)
Anthony Delaplace s’attend à un final explosif avec la côte des Couplets située à 10 kilomètres de l’arrivée. ©DR

Anthony Delaplace, ancien cycliste professionnel manchois, analyse le parcours de la 4e étape du Tour de France 2027 à Cherbourg (Manche). Interview.

Comment avez-vous accueilli l’annonce de cette étape cotentinoise ?

Je me suis dit que j’étais né trop tôt ! C’est clairement l’étape que j’aurais rêvé de faire durant ma carrière (Ndlr : il a pris sa retraite sportive en octobre 2025 après 16 saisons chez les pros). Certes, j’ai eu la chance de vivre un Grand Départ du Tour dans la Manche, en 2016, mais ce n’était pas vraiment mes routes d’entraînement. Là, c’est vraiment mon coin, avec notamment le Val de Saire que nous n’avions pas exploré en 2016. Une étape 100 % Cotentin, on ne pouvait pas rêver mieux.

Qu’appréciez-vous particulièrement dans cette étape ?

Tout ! On m’aurait demandé de tracer l’étape idéale dans le Cotentin, je n’aurais pas fait mieux. Sportivement, ça va être intéressant, mais ça va aussi donner de très belles images à la télévision, avec beaucoup de kilomètres en bord de mer, même si ce ne sont pas des routes propices à des bordures. Pour notre territoire, ce sera un énorme coup de projecteur. Ce ne sera pas une étape qui va chambouler la face du Tour, mais ce sera quand même assez musclé, avec un début de parcours vallonné dans la Hague. Dans le Val de Saire, je trouve aussi sympa cette incursion pour aller grimper La Pernelle et Le Vast, même si c’est placé trop loin de l’arrivée pour que ce soit décisif. Mais ça va peser sur les organismes avant le final.

« Les Couplets, ça va faire mal »

Justement, que pensez-vous de cette côte des Couplets (900 m à 10 %), au Becquet, située à 10 km de l’arrivée ?

Ça bouleverse complètement la physionomie de cette étape. On aurait continué à longer le bord de mer, sans faire ce crochet, on aurait assisté à une arrivée massive avec tous les sprinteurs encore présents au pied du boulevard de l’Atlantique où sera jugée l’arrivée (1 500 m à 5 %). Là, il y a plein de coureurs qui vont « sauter ». Du coup, cette étape semble promise aux puncheurs comme Van der Poel, Van Aert, Matthews, voire Vauquelin. Mais je pense qu’on retrouvera aussi aux avant-postes les favoris pour le classement général.

La côte est si dure que ça pour des coureurs du Tour de France ?

Ah oui quand même. Je l’ai souvent montée à l’entraînement, pour préparer les classiques ardennaises, car ça correspond à ce type d’effort assez violent, court mais très punchy. C’est un mur par endroits, avec de forts pourcentages. Et, au sommet, tu ne bascules pas vraiment, ça se prolonge assez longtemps en faux-plat. Ça va faire mal. Attention, je ne dis pas qu’ils seront un par un en haut. C’est le début de Tour, tout le monde sera encore frais et les favoris ne voudront peut-être pas trop se découvrir. Mais c’est certain qu’il y aura des attaques. Des coureurs qui auront fait un écart seront-ils capables ensuite de résister jusqu’au bout ? C’est difficile à dire mais ça peut donner un beau match, avec beaucoup de suspense dans le final. Les plus costauds pourront peut-être faire la différence.

L’approche des Couplets risque d’être nerveuse…

C’est certain. Tout le monde aura pointé cette côte comme le juge de paix du parcours, donc tout le monde voudra être bien placé au pied. Les kilomètres qui vont précéder vont effectivement être très nerveux. Pour aborder la côte, le virage est à l’équerre, la relance au feu tricolore va faire très mal. Donc si tu l’abordes en 30e ou 40e position, ça devient tout de suite très compliqué. Le placement va être primordial.

Avez-vous été surpris par l’annonce du parcours ?

Pas vraiment, car j’étais dans la confidence. Thierry Gouvenou (Ndlr : le directeur technique du Tour en charge des parcours) m’avait sondé depuis longtemps déjà. Je l’avais rencontré lorsqu’il était venu en repérage fin septembre. Je lui avais donné deux ou trois indications sur les routes du coin, on avait notamment abordé l’aspect sécurité. En revanche, la côte des Couplets, je n’y suis pour rien, c’est sa trouvaille ! Je savais aussi depuis longtemps que le Tour allait venir dans le Cotentin, car ASO avait bloqué les réservations dans mon hôtel-restaurant (Ndlr : Le Moyne de Saire, à Réville), dès novembre 2025…

« Une belle fête à Réville »

Le parcours passera devant votre établissement. On imagine que ça fait plaisir ?

C’est génial, un beau clin d’œil. On va essayer de faire quelque chose de chouette dans le bourg de Réville, avec la municipalité. On peut imaginer une décoration spécifique. Je pense qu’il s’agira d’une belle fête populaire. Ce ne sera pas tous les ans que le Tour passera à Réville !

Où irez-vous vous poster pour voir l’étape ?

J’espère pouvoir aller sur le bord de la route, en famille, pour vivre ce moment comme un grand fan de vélo. Ou alors à l’arrivée. Mais, on risque d’avoir du boulot, donc je ne sais pas si je pourrais me libérer. Quoi qu’il arrive, ça devrait être aussi très sympa à regarder à la télé.

« 2 h 29 au marathon, c’est top ! »

Même s’il suit toujours de près l’actualité cycliste, Anthony Delaplace est désormais « recyclé » dans la course à pied.
Avec un énorme potentiel physique hérité de ses 16 saisons chez les pros, l’homme aux 9 Tour de France au compteur affole déjà les chronomètres, en atteste sa remarquable performance au récent marathon de Rennes, où il a couru en 2 h 29.
« Pour ma première année de course à pied, je voulais descendre sous les 2 h 30, l’objectif est atteint, c’est top ! », se félicite le Cosquevillais, persuadé d’avoir encore une bonne marge de progression.
« C’est compliqué avec le travail de s’entraîner davantage, mais je pense qu’un 2 h 25 est jouable. J’aborde davantage le sport comme un plaisir désormais, mais je reste un compétiteur dans l’âme. J’ai toujours besoin d’aller chercher un bon classement, un bon chrono. Tant que j’ai la santé, on ne me changera pas ! »

Vous aimerez peut-être

« J’avais même pensé à arrêter le handball » : le Saintais Milan Paul se sent « heureux et épanou...

SUD OUEST il y a 2 heures

Natation : le Canet 66 mise sur la patience et débute sa saison sans pression à Angers avec les c...

L'INDÉPENDANT il y a 4 heures