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Le discours est calme, sans euphorie. Il se calque sur la personnalité flegmatique du joueur en dehors des courts, tout autant qu’il tranche avec le combattant féroce qu’il est raquette en main. Pourtant, au vu de son année 2026, il y a de quoi s’enflammer. Les premières ont défilé à grande vitesse. Son classement aussi. 244e en début d’année, Arthur Gea est 44e à l’aube du tournoi parisien. Et ce malgré une folle saison, aussi fructueuse que déroutante, ponctuée de galères.
Lancée par un premier titre en Challenger à Nouméa en janvier, c’est seulement en août que sa saison a pris un gros coup d’accélérateur, alors que quelques semaines avant, son entraîneur Gerald Melzer le plaquait, au lendemain d’une défaite en qualifications à Wimbledon, usé par les voyages loin de sa famille. Un mal pour un bien ? Plus d’un mois plus tard, le jeune Français, 127e mondial, s’offrait un titre surprise au tournoi ATP 250 de Los Cabos, un tournoi qu’il ne projetait même pas de disputer, des problèmes d’avion lui ayant fait manquer un Challenger à Détroit la même semaine, avant que les douanes mexicaines ne le taxent pour ses polos Lacoste dans sa valise. « Ça m’a coûté entre 3 500 et 4 000 euros, déplorait-il. J’imagine que mon karma est positif maintenant ! »
En cette saison de la révélation, rien ne lui est arrivé tout cuit dans le bec. Après son titre au Mexique, le Provençal a vu la wild card pour l’US Open lui passer sous le nez, la FFT privilégiant la fin de carrière de Gaël Monfils. Battu au dernier tour des qualifications à New York, il finit par être repêché et réalise un incroyable raid jusqu’en huitièmes de finale pour devenir le seul Français en 2026 à filer en deuxième semaine de Grand Chelem.
📊 A 21 ans et 254 jours, Arthur Gea 🇫🇷 est le plus jeune français à se qualifier en seconde semaine de l'US Open depuis Richard Gasquet il y a 20 ans.pic.twitter.com/GfL8PGUwJO
— Jeu, Set et Maths (@JeuSetMaths) September 6, 2026
Malgré une balle de match manquée pour rejoindre les quarts de finale à Flushing Meadows, Arthur Gea ne rumine pas à l’heure de partir en Asie. C’est à Shanghai qu’il laissera définitivement sa carte de visite aux ténors du circuit, Shelton donc, puis Mensik, avant d’être fauché par une blessure aux adducteurs en quarts de finale. « Il est très talentueux, il a un coup droit énorme, un jeu complet. Je le vois aller très loin », saluait, beau joueur, Ben Shelton.
Jamais freiné par la multitude de galères, Arthur Gea en a fait une force. « Après les moments durs, on peut toujours rebondir plus haut, positivait-il. Aujourd’hui, je ne sais pas quel est mon niveau et classement réel vu que je monte toutes les semaines. Je dois aller vers l’avant. Je ne veux pas être timide face aux gros joueurs dans les gros tournois ». La révélation française de l’année se présente désormais face au public français pour achever cette saison sur une nouvelle et dernière note positive.