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"Le moto-cross m'a permis de me retrouver" : après une opération, cet habitant de Vendée opte pour une moto électrique
Mathieu Bonaventure avec sa moto électrique qu'il pilotera le 8 novembre lors d'une course en Normandie.
Mathieu Bonaventure avec sa moto électrique qu’il pilotera le 8 novembre lors d’une course en Normandie. ©Magali DUPONT

Dans la cour de la maison de Mathieu Bonaventure à Challans (Vendée), une moto portant le dossard 941. Sous chaque chiffre, un prénom : sa femme Marion et leurs trois enfants, Maelya, Manoa et Mattïa, âgés de 6 ans à 14 mois. Une façon pour Matthieu de les embarquer dans sa prochaine course. « Le 8 novembre, je vais participer à une course d’endurance à Bazoches-sur-Hoëne, en Normandie. Je serai au départ de la solo de 3 heures. » En comptant les participants à l’épreuve duo de 5 heures, il y aura « près de 160 pilotes » sur la grille. Mais « je devrais être le seul sur moto électrique. C’est un modèle Stark VARG. »

Un beau défi pour ce nouvel habitant de Challans de 34 ans, parti avec sa famille de Mazé-Milon (Maine et Loire) en avril dernier.

« J’avais besoin de me vider la tête »

Pourtant, la pratique de la moto, il s’y est mis sur le tard. Après le judo qu’il a dû arrêter pour cause de blessures, Mathieu a rejoint l’équipe du Sco Angers handball, où il a été gardien de l’équipe 3. Souffrant d’une malformation des genoux depuis la naissance, il se fait opérer en 2007. Mais en 2020, face à de « nouvelles douleurs qui m’empêchaient de plier le genou », il est envisagé de pratiquer une nouvelle opération.

Finalement, une autre option est retenue : perdre du poids. « Je ne m’en rendais pas compte que j’en avais besoin car je suis quelqu’un de très actif. » L’opération est réalisée en février 2024. « J’ai subi une sleeve gastrectomie, c’est-à-dire qu’on a retiré une partie de mon estomac. Avant, j’étais essoufflé quand je faisais certaines activités, depuis, je revis », dit-il avec un large sourire.

Et quand vient l’heure de faire une activité sportive il y a trois ans, il se tourne vers le moto-cross car « j’avais besoin de me vider la tête et cela m’a permis de me retrouver physiquement et mentalement. J’ai toujours eu envie d’essayer la moto donc je me suis dit : on se lance et on verra bien après. Ce n’est pas un sport facile mais l’adrénaline prend le dessus. Même si on tombe, on se relève et on repart. »

« Pouvoir m’amuser »

À ses débuts dans le Maine et Loire, il pilote une Honda 250. Licencié en Ufolep au club du MC Pégase à Saint-Germain-le-Guillaume (Pays de la Loire), il est également licencié à la fédération française de motocyclisme, via le Motoclub Challandais, depuis avril. Il participe à des compétitions. « Je n’ai pas réalisé de podiums mais au moins, je n’ai pas fini dernier. Ce que je veux, c’est m’amuser avec les copains. »

L’an dernier, lors des portes ouvertes au club du MC Pégase, il a l’occasion de tester une moto électrique. « J’avais vendu ma moto thermique donc je voulais essayer ce modèle dont tout le monde parlait. »

Les premiers essais sont très concluants. « Certains pilotes disent que c’est le choix de la facilité parce qu’il n’y a plus d’embrayage à gérer. C’est comme un gros vélo électrique. Mais quand je pilotais une thermique, au bout de 20 minutes, je n’en pouvais plus. Alors qu’une électrique, c’est beaucoup plus léger. C’est surtout la batterie qui fait le poids. »

Pas de bruit, pas de pollution

Autre avantage : l’absence de bruit. « Quand je descendais de mon ancienne moto et que je retirais mon casque, je continuais à entendre le bruit du moteur dans ma tête. » La contrepartie avec une électrique, c’est que lors d’un dépassement, il faut se signaler « en criant car l’autre pilote ne peut pas m’entendre arriver. »

Et puis, « la concentration n’est pas la même : plus besoin de se demander si on a passé la bonne vitesse. Il y a juste l’accélérateur et le frein à gérer. On est davantage concentré sur le pilotage donc ça file. » Enfin, « on ne pollue pas ! Alors que quand on est placé en deuxième ligne, on se prend tous les gaz d’échappement de ceux qui sont devant. »

En résumé : « je pars du principe que la moto électrique, c’est le futur. » Donc Mathieu a fini par casser sa tirelire pour acquérir un modèle neuf de 12 000 €, bien aidé par la vente de son ancien modèle. C’est une somme « mais au niveau de l’entretien, c’est moins cher que sur une thermique. »

Avec l’aide de « Boum Boum » Béthys

Cette année, il a couru en championnat Ufolep. Lors de la course d’endurance le 8 novembre, la difficulté, ce sera la gestion de la batterie. « Il faudra monopoliser au maximum sa capacité. Je pourrai la mettre en charge lors des arrêts au stand, il y en a deux au minimum. » Le style de pilotage a aussi un impact : « Trouver le bon rythme, c’est compliqué. Je verrai bien. »

Mais au niveau de la suspension, il n’y a aucune question à se poser. Elle est au top, grâce aux bons soins du champion challandais aux 8 titres de champion de France et 3 victoires à l’Enduro du Touquet. « Thierry Béthys a réglé la suspension de ma moto. Depuis, c’est le jour et la nuit. Si j’arrive à me classer parmi les 30 premiers, ce serait bien. » Son projet, après cette course, est de participer au championnat de Vendée 2027.

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