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Après une campagne australienne particulièrement difficile pour les sélections masculine et féminine, le président de la Fédération française de rugby à XIII, Dominique Baloup, dresse un bilan sans concession. Entre déception sportive, volonté de reconstruction et perspectives de développement international, le dirigeant, toujours présent en Australie, entend faire de cette Coupe du monde 2026 un point de départ pour une nouvelle dynamique.
Le retour d'Australie laisse forcément un goût amer au rugby à XIII français. Les équipes de France masculine et féminine n'ont pas réussi à répondre aux attentes lors de cette Coupe du monde 2026. Trois rencontres, trois défaites pour chacune des deux sélections et, surtout, un écart important avec les nations majeures de la discipline. Le constat est difficile à contourner. Les hommes de Laurent Frayssinous ont successivement chuté face aux Samoa (4-78), à l'Angleterre (0-82), puis au Liban (20-24), au terme d'une dernière rencontre beaucoup plus disputée, mais finalement perdue après prolongation. Les Françaises ont connu un parcours tout aussi compliqué : battues par la Papouasie-Nouvelle-Guinée (4-58), la Nouvelle-Zélande (0-92) et les Fidji (6-54), elles n'ont jamais véritablement réussi à rivaliser avec leurs adversaires. "Soyons lucides, les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur de nos objectifs. Nous ne devons ni les esquiver ni les minimiser", reconnaît Dominique Baloup. Pour le président de la FFR XIII, une Coupe du monde constitue avant tout un révélateur du niveau réel d'une nation, de ses forces, de ses insuffisances et du chemin qu'il lui reste à parcourir. Le dirigeant fédéral tient néanmoins à saluer l'investissement des joueuses et des joueurs, ainsi que celui de l'encadrement. Porter le maillot tricolore représente, selon lui, une responsabilité et un honneur qui supposent sacrifices, disponibilité et engagement. Ses remerciements s'adressent également à Laurent Frayssinous, aux staffs sportifs, médicaux et logistiques, sans oublier Trent Robinson, Ben McIntosh et les Sydney Roosters pour leur accompagnement pendant un mois.
Au-delà des résultats, cette présence australienne devait aussi permettre de faire avancer plusieurs dossiers stratégiques. Dominique Baloup met notamment en avant les échanges bilatéraux engagés avec Peter V'Landys et les responsables de la National Rugby League (NRL). Plusieurs sujets ont été abordés "entre le modèle économique des compétitions, de la Super League à l'Élite 2, la valorisation des droits audiovisuels, l'évolution du calendrier et les perspectives de développement du rugby à XIII en France et en Europe." Pour l’élu, ces discussions confirment que la France peut retrouver une place plus importante dans l'organisation internationale de la discipline. "La France ne doit pas se résigner à sa position périphérique actuelle dans le rugby à XIII mondial", affirme-t-il. Encore faut-il se donner les moyens de cette ambition. Une fédération plus forte, des compétitions attractives, des clubs mieux structurés, une formation ambitieuse et des équipes nationales capables de s'installer durablement parmi les douze meilleures nations constituent les principaux chantiers identifiés.
Le message présidentiel se veut donc à la fois lucide et mobilisateur. La campagne australienne ne saurait être réduite à un classement ou à une succession de résultats négatifs. Elle doit servir de base à une réflexion approfondie et déboucher sur des décisions concrètes. "Le rugby à XIII français a une histoire singulière, forgée dans l'adversité, la résistance et la volonté de ne jamais renoncer. Cette histoire ne doit pas être un refuge dans le passé, mais elle doit être une force pour construire notre avenir", insiste Dominique Baloup. La Fédération entend ainsi poursuivre le travail engagé depuis deux ans afin de replacer la France parmi les nations incontournables du rugby à XIII international. Un objectif ambitieux qui nécessitera une mobilisation de l'ensemble du mouvement, des clubs aux instances dirigeantes, en passant par les partenaires. Si les campagnes des équipes masculine et féminine sont désormais terminées, le Mondial se poursuit pour la sélection française de Para Rugby XIII. Et les premiers résultats sont autrement plus encourageants. Les Français ont largement dominé l'Écosse (114-0), puis la Nouvelle-Zélande (120-10), avant de battre l'Australie ce vendredi (69-34) affichant de solides arguments dans la course au titre mondial.
La Coupe du monde australienne aura donc mis en lumière les difficultés du rugby à XIII français, mais aussi les enjeux de son développement futur. Reste désormais à transformer les intentions en actes. Comme le résume le président de la FFR XIII, cette édition 2026 doit être "le point de départ d'une nouvelle ère."