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Depuis le coup d’envoi de la 13e édition de la Route du Rhum le 1er novembre 2026, il s’est révélé magistral, sillonnant les eaux de l’Atlantique sur son catamaran SVR Lazartigue : Tom Laperche est le grand gagnant de la prestigieuse course en solitaire, passant la ligne d’arrivée samedi 7 novembre 2026 à 22h31 locales (soit 3h34 dimanche heure métropolitaine), après 6 jours 13 heures et 27 minutes en mer. Pour sa première participation, il a même réussi à exploser le précédent record de la Route du Rhum, établi par Charles Caudrelier en 2022.
Quelques heures après sa victoire sur la Route du Rhum à Pointe-à-Pitre, Tom Laperche (SVR Lazartigue) est revenu sur les pontons pour se confier sur son « rêve de gosse » devenu réalité, l’état de grâce qui l’a accompagné pendant la traversée et le choc provoqué par le chavirage de son concurrent Armel Le Cléac’h.
"La Route du Rhum, c'est quelque chose d'immense"
Actu : Que représente pour vous cette victoire sur la Route du Rhum ?
Tom Laperche : Franchement, c'est un rêve d'enfant. J'ai toujours vu des images incroyables des arrivées ici, celles des grands champions depuis des décennies. Mon rêve était de courir un jour dans cette catégorie reine des multicoques et de jouer la victoire au scratch. Je suis hyper impressionné par l'accueil qui m'a été réservé. Le bruit, l'ambiance, tout cela me touche énormément. C'est beaucoup d'émotion parce que j'ai grandi avec l'envie de naviguer sur ces bateaux-là. C'est quelque chose d'immense.
Vous avez réalisé une trace quasi parfaite sur l'Atlantique en signant un nouveau record (6 jours 13 heures). Comment vous l'expliquez ?
T.L. : Sur ces courses, on arrive parfois à basculer dans une sorte d'état de grâce où tout devient possible. J'avais déjà ressenti cela sur la Solitaire du Figaro en 2022. Dès que tu prends une décision, c'est la bonne. Tu te réveilles juste au moment où arrive la risée et tu évites une sortie de route. Tu es en connexion totale avec ton bateau, la météo, la fatigue, ton environnement. Pour un sportif de haut niveau, vivre cela est vraiment extraordinaire. J'ai trouvé sur ce trimaran tout ce que j'espérais : la vitesse, les sensations et ce sentiment que tout se déroule de manière fluide.
"Nous avançons constamment sur un fil"
Le chavirage d'Armel Le Cléac'h a-t-il constitué un tournant ?
T.L. : Clairement. Quand on apprend cela tout seul au milieu de l'océan, c'est une sacrée émotion. Cela glace le sang. Je ne savais plus trop quoi faire et j'étais vraiment fébrile au moment de repartir. J'ai une énorme pensée pour Armel et toute son équipe. Après cela, la physionomie de la course change forcément. Cela rappelle que notre sport est extraordinaire mais que nous sommes toujours à la limite. Nous avançons constamment sur un fil.
"Gagner une deuxième Route du Rhum serait déjà quelque chose de formidable"
Qui vous a permis d'atteindre ce niveau ?
T.L. : J'ai une équipe technique extraordinaire. Ils ont énormément travaillé pour que ce trimaran soit au meilleur niveau. Ce que le bateau a montré sur cette Route du Rhum est aussi le résultat de leur travail. Et puis il y a François Gabart. J'ai effectué un stage chez MerConcept [son écurie, NDLR.] en 2019 alors que ce trimaran était encore en construction. Il a cru en moi avant même que je ne sois convaincu d'être capable de mener ces bateaux. Je ne le remercierai jamais assez. Pascal Bidégorry et Franck Cammas m'ont également beaucoup apporté. Ils ont tout donné pour me permettre d'atteindre mon meilleur niveau.
Après avoir remporté la Route du Rhum, quels sont vos prochains objectifs ?
T.L. : En gagner une deuxième serait déjà quelque chose de formidable. Mais notre sport évolue énormément et il y a encore beaucoup de défis à relever. L'un de ceux que je n'ai pas encore accomplis reste le tour du monde sur ces bateaux. C'est un objectif important pour la suite.