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Sous l’arche d’arrivée, improvisée en fin de semaine au cœur du Fort Vauban, que des sourires, malgré les jambes visiblement très lourdes après 52 km ou 87 km à crapahuter sur les chemins de garrigue gardoise. "C’est la course la plus parfaite que j’ai jamais faîte", nous souffle une traileuse heureuse. "C’était plus dur que je ne le pensais, malgré le faible dénivelé sur le papier, parce qu’on ne fait que monter et descendre depuis le Pont du Gard… mais que ce terrain est joueur", dit un coureur à ses côtés, casquette de finisher sur la tête.
Derrière la ligne, après avoir accueilli le grand vainqueur du 88 km, Sydney Belvegue, il en est un autre qui a le sourire, c’est Benoît Goiset, l’organisateur de ce Veni Vici, trail qui n’était pourtant pas né sous une bonne étoile car imaginé juste avant le Covid. "On a dû reporter la 1re édition quatre fois. Mais cela nous a obligé, les deux premières années, à le faire début novembre… Et on s’est dit que, finalement, cette date en fin de saison, autour du pont du 11 novembre, est plutôt bonne", rembobinne-t-il. Aujourd’hui, il se dit même que son épreuve est "bénie des Dieux Romains", au regard du grand soleil qui a accompagné les coureurs, tout au long de la journée, alors qu’un nouvel épisode méditerranéen s’annonce encore.
Si ce sont les Dieux Romains qui sont implorés baskets aux pieds, c’est parce que la course suit littéralement l’Histoire, celle de l’aqueduc, construit au 1er siècle pour acheminer les eaux depuis la fontaine d’Eure à Uzès jusqu’au Castellum divisorium de Nemausus, dont on voit encore les traces à quelques pas de la ligne d’arrivée."Je dois d’ailleurs faire une confidence : lorsqu’on a transféré notre site d’arrivée des Jardins de la Fontaine aux arènes, on avait aussi pensé à ce site Vauban qui nous relie également à cette histoire puisque l’aqueduc passait en-dessous", susurre Benoît Goiset. C’est le risque de manifestation, ce samedi en ville, qui a imposé cette nouvelle ligne d’arrivée au cœur de l’Université de Nîmes et cela n’a visiblement pas gêné les coureurs.
Sur les deux courses parties d’Uzès (pour le 87 km) et du Pont du Gard (pour le 52 km), ce sont ainsi plus de 4 300 participants qui étaient attendus jusqu’à ce samedi minuit à Nîmes. Les autres épreuves (33 km, 18 km, marche nordique et randonnée) finissaient toutes au Pont du Gard, autre cœur névralgique d’une Veni Vici qui atteint désormais plus de 11 000 compétiteurs. Un vrai succès."Tous les départements sont représentés, plusieurs pays aussi, il y a 2 M€ de retombées. Et on a désormais des élites qui viennent. On est fiers de tout ça", ajoute encore Benoît Goiset, qui a pu compter sur une armée de 1 200 bénévoles.
Cette 6e édition a donc confirmé la montée en puissance d’un trail qui n’en finit pas de grandir. Et si le terrain, plus gras que d’habitude, semble avoir engendré un peu plus d’abandons que les années précédentes, la course a encore Veni Vici*.