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« On veut juste un calendrier », le club de natation de Dieppe s'inquiète sur le chantier de la nouvelle piscine
Le président du CMN Dieppe Jérôme Hautot (à dr) et le responsable technique Tristan Gandelin pensent que les retards des travaux de la piscine Delaune peuvent avoir un impact sur la saison de leur club.
Le président du CMN Dieppe Jérôme Hautot (à droite) et le responsable technique Tristan Gandelin pensent que les retards des travaux de la piscine Delaune peuvent avoir un impact sur la saison de leur club. ©Les Informations dieppoises

Cela fait plusieurs semaines et même plusieurs fois qu’en se rendant à la piscine Delaune, les entraîneurs du Club municipal de natation de Dieppe, mais aussi les dirigeants et les nageurs, voient un panneau annonçant l’arrivée de la nouvelle piscine que l’on appelle Delaune 2. Malheureusement, il n’y a qu’un panneau et alors que la nouvelle saison est bien commencée, tant pour les entraînements que pour la première compétition, c’est un sentiment d’incompréhension presque de colère qui envahit les responsables du CMND.

Une perte de licenciés

Ainsi, le président Jérôme Hautot a toujours le sourire, mais un sourire un peu jaune : « Honnêtement, l’assemblée générale va avoir lieu bientôt et je ne sais pas encore ce que sera la teneur de mon propos. Des nageurs ou des parents me posent régulièrement des questions au sujet de la future piscine et je ne sais pas quoi leur répondre. Oui, la Ville de Dieppe fait preuve de bienveillance en ouvrant de nouveaux créneaux pendant la fermeture de la piscine Coubertin à Neuville-lès-Dieppe, mais mon inquiétude concerne Delaune 2. Il ne se passe rien et au club, on veut juste un calendrier pour informer nos licenciés et adapter notre fonctionnement ».

Alors, Jérôme Hautot n’hésite pas à parler de « rentrée difficile car ça n’avance pas. Actuellement, on pourrait comparer notre situation à celle de Fauville-en-Caux qui a environ 2 700 habitants et un club de 50 adhérents alors que l’on peut multiplier ces chiffres par 10 pour Dieppe et le CMND ».

La réorganisation des piscines propose actuellement des créneaux tôt le matin et d’autres délocalisés au complexe de Ludi’Bulle à Saint-Martin-en-Campagne. Conséquence immédiate, le CMND a perdu des licenciés pour plusieurs de ses sections, ce que regrette Tristan Gandelin, le responsable technique du club : « Je pense que nous avons perdu environ un quart de la section Masters. L’école de natation a, à peu près, les mêmes chiffres, mais avec des conditions de travail délicates comme lorsque l’on retrouve parfois 130 enfants répartis sur trois créneaux. Cela nuit forcément à la qualité de l’apprentissage. De même, pour les plus grands où il y a eu récemment deux séances regroupant 64 nageurs, c’est trop ».

Le nombre de licenciés a une incidence sur les finances du club et cela pourrait aussi donc en avoir sur l’avenir des salariés. Pour l’heure, Jérôme Hautot n’en parle pas, mais il est fermement décidé à voir avancer les choses : « C’est vrai que lorsque l’on a des demandes concernant l’école de natation ou un jour de compétition, la Ville de Dieppe est à notre écoute, mais pour Delaune 2, il n’y a que des intentions, des promesses et un panneau, mais toujours pas de calendrier et du concret comme il y a, a minima à Saint-Nicolas-d’Aliermont. Je sais que la nouvelle piscine fait partie du contrat de territoire de Dieppe-Maritime pour 2023-2027, mais il prévoyait aussi un lancement des travaux pour le printemps 2025. Il faut savoir que la construction d’une piscine demande au minimum 18 mois et qu’il faut mieux compter deux ans. Alors si l’on voit des travaux commencer début 2027, il ne faut pas espérer prendre possession de la piscine avant fin 2028 au mieux ».

Des objectifs revus à la baisse

De son côté, Tristan Gandelin avoue aussi que l’aspect sportif est aussi touché par ces retards et inquiétudes : « On ne peut pas se projeter et je suis obligé de revoir mes objectifs à la baisse par la force des choses. La qualité du travail est forcément impactée et c’est difficile à accepter aussi bien pour moi que pour les nageurs qui sont avant tout des compétiteurs ».