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Manchester City : les Émirats pourraient être forcés de vendre, le régulateur prévient

Reconnu coupable de la quasi-totalité des infractions financières qui lui étaient reprochées, City a fait appel. Mais le patron du nouveau régulateur anglais vient d’évoquer un scénario jusqu’ici impensable.

Le séisme pourrait dépasser le cadre sportif. Interrogé dans le podcast The Rest Is Football, David Kogan, président de l’Independent Football Regulator, a affirmé que son instance pouvait exiger d’un propriétaire qu’il se retire d’un club, s’il juge sa gestion contraire à l’équité et à l’intégrité du football. Une déclaration qui, dans le contexte actuel, vise forcément Manchester City, rapporte Foot Mercato.

UN « POUVOIR ABSOLU »

Le patron du régulateur n’a pas mâché ses mots. Selon lui, l’IFR dispose d’un pouvoir absolu pour aller au bout d’une telle démarche, y compris face à un propriétaire qui refuserait de céder ses parts. Autrement dit, même un actionnaire adossé à un État ne serait pas à l’abri.

Kogan a toutefois appelé à la prudence. L’IFR attend encore des réponses avant de décider d’ouvrir sa propre enquête, et anticiper cette décision serait, selon lui, une erreur colossale. Aucune procédure visant à imposer une vente n’a été annoncée. Mais le simple fait d’évoquer l’hypothèse fait l’effet d’une bombe.

114 CHEFS D’ACCUSATION

Pour mesurer la portée de ces propos, il faut revenir à l’affaire. Depuis février 2023, City fait l’objet d’une procédure de la Premier League, initialement fondée sur 115 chefs d’accusation, ramenés depuis à 114 par la commission indépendante. Les faits portent sur neuf saisons, de 2009-2010 à 2017-2018.

En septembre, le verdict est tombé : City a été jugé coupable de la quasi-totalité des infractions retenues. Selon la commission, le club aurait gonflé ses revenus commerciaux de 900 millions de livres sterling à travers des accords jugés fictifs. Il lui est aussi reproché d’avoir dissimulé certains paiements, mal déclaré des rémunérations et refusé de coopérer pleinement.

APPEL EN COURS, SANCTIONS EN SUSPENS

Les Citizens contestent fermement et ont fait appel. Aucune sanction définitive n’a encore été prononcée. Les scénarios évoqués vont d’une lourde déduction de points à une exclusion de la Premier League, voire une rétrogradation. Certains évoquent même une double relégation, sans que rien ne soit officiel.

C’est dans ce contexte explosif que la sortie de Kogan prend tout son sens. Si l’appel venait à confirmer la culpabilité du club, le régulateur pourrait s’intéresser de près aux propriétaires émiratis. De quoi raviver les tensions diplomatiques entre Londres et Abou Dhabi, partenaires économiques de premier plan.

À Manchester, l’inquiétude grandit chez les supporters. Beaucoup redoutent qu’une longue bataille juridique ne fragilise le club pour des années, quels que soient les résultats sur le terrain. D’autres dénoncent un acharnement et rappellent que l’appel n’a pas encore été jugé. Le débat, lui, est loin d’être clos.

Kogan a d’ailleurs promis de démissionner si le pouvoir politique tentait d’intervenir dans une enquête de l’IFR. Le message est clair : l’indépendance du régulateur ne se négociera pas. Personne ne l’avait vu venir il y a encore quelques années. Aujourd’hui, l’hypothèse d’une vente forcée de Manchester City n’a plus rien d’un fantasme.

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