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C’était annoncé, ce Ballon d’Or 2026 ne ferait pas l’unanimité. Loin du triomphe incontesté du Français Ousmane Dembélé en 2025, l’Anglais Harry Kane a soulevé la plus belle des distinctions individuelles à 33 ans lundi soir, devançant Kylian Mbappé d’une infime avance au cumul du vote des 100 journalistes issus du monde entier.
C’était annoncé, ce Ballon d’Or 2026 ne ferait pas l’unanimité. Loin du triomphe incontesté du Français Ousmane Dembélé en 2025, l’Anglais Harry Kane a soulevé la plus belle des distinctions individuelles à 33 ans lundi soir, devançant Kylian Mbappé d’une infime avance au cumul du vote des 100 journalistes issus du monde entier.
Mais pouvait-il en être autrement ? Sans candidat infaillible, ne faut-il pas trouver une logique à récompenser la régularité et l’efficacité plutôt que les exploits individuels et les artifices ? Au moment de comparer les prétendants, Harry Kane ressortait comme celui qui avait le moins de défauts, face à des concurrents aux arguments tout aussi puissants que manquants.
Dans une saison où il a buté en demi-finale de la Ligue des champions et de la Coupe du monde, l’attaquant du Bayern Munich est devenu le deuxième meilleur buteur de l’histoire sur une saison avec ses 73 buts en 63 matchs, derrière Lionel Messi en 2012. Des chiffres qui ne traduisent pas tout de la palette de ce joueur au physique longiligne (1,88 m), rejeté du centre de formation d’Arsenal à 8 ans, car considéré comme pas assez athlétique.
« Travaille dur en silence. Laisse le succès faire ton bruit », a partagé sur X le lauréat après son sacre. Comme un résumé de sa carrière, lancée par des prêts dans les divisions inférieures anglaises, différente à bien des égards de celles toutes tracées de Kylian Mbappé et Lamine Yamal. Peut-être aussi une pique adressée à ses deux rivaux pas avares de déclarations durant leur campagne médiatique pour se présenter, chacun, comme le « meilleur joueur du monde ».
Parce qu’au palmarès, c’est le nom d’Harry Kane qui restera associé à cette saison 2025-2026. L’Anglais n’a pas excellé dans tous les critères mais il n’a jamais vraiment failli et a coché toutes les cases pour être reconnu comme le meilleur joueur du monde. Titré en Bundesliga et en Coupe d’Allemagne, il a les trophées qui ont manqué à Kylian Mbappé. Influent tout au long de la saison en club et en sélection, il a la régularité que n’a pas affichée Lamine Yamal.
Le prodige espagnol (19 ans) est probablement le joueur le plus divertissant du football actuel. En le voyant soulever la Coupe du monde en juillet dernier, certains le voyaient déjà devenir le plus jeune Ballon d’Or de tous les temps. Paradoxe de l’histoire, ce sont ses performances lors du Mondial, trop ternes (1 but seulement), qui l’ont privé du sacre.
Le Ballon d’Or échappe ainsi une nouvelle fois à un champion du monde comme en 2010, 2014 et 2018. Mais ce Mondial américain a pourtant pesé bien plus qu’on ne pouvait l’imaginer.
Rodri (4e) et Messi (5e) ne doivent, par exemple, leur présence qu’à leurs performances de l’été, où l’Espagnol a été élu meilleur joueur du tournoi, et où l’Argentin de 39 ans a mené, quasiment à lui seul, son pays jusqu’en finale. Une concentration des votes sur neuf matchs seulement qui témoigne de l’importance de la Coupe du monde dans l’esprit des jurés, supérieure à la Ligue des champions. Au grand dam des Parisiens.
Grâce à sa deuxième C1 de rang remportée en juin, le Paris Saint-Germain plaçait 10 de ses joueurs parmi les 30 nommés. Pourtant, aucun champion d’Europe ne figure dans le top 5. Une première depuis 2012. Un symbole de la philosophie de Luis Enrique, « intéressé en rien » par cette récompense, qui a construit son succès au PSG avec un collectif où les individualités passent au second plan. L’an dernier, l’évidence Ousmane Dembélé s’imposait, mais Khvicha Kvaratskhelia et Fabian Ruiz ont dispersé les votes cette année. « La communication du PSG n’a peut-être pas été très claire en essayant de valoriser 3 joueurs, puis 2. Je trouve qu’ils auraient dû rouler pour un seul joueur », jugeait le rédacteur en chef de France Football Vincent Garcia après la cérémonie.