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Football : Jérémie Clément (ES Paulhan) veut "profiter des derniers mois" avant de raccrocher les crampons
Jérémie Clément vit sûrement la dernière saison de sa carrière. DR

Avant de plonger dans votre parcours, quel bilan pouvez-vous faire de ce début de saison ?

Nous sommes en reconstruction. Le départ du coach n’était pas forcément prévu et pas mal de joueurs n’ont pas poursuivi l’aventure. Nous nous cherchons encore, notamment sur notre onze de départ, mais il y a de belles qualités dans le groupe. Nous allons continuer à monter en puissance.

Vous avez aujourd’hui 42 ans. Pourquoi continuez-vous à jouer au football ?

Pour être très honnête, je ne me suis pas vraiment posé la question. J’enchaîne les saisons sans avoir trop de douleurs. Ce qui me pousse à continuer, c’est aussi que j’ai créé des liens vraiment forts avec les mecs de l’équipe et du club. Après, j’ai annoncé que c’était plus ou moins ma dernière saison, je n’ai pas envie de faire l’année de trop. À 42 ans, quand on arrête, c’est définitif.

Vous n’avez pas peur du vide au moment d’arrêter ?

Non, pas du tout. J’ai d’autres passions et j’ai largement assez donné au football en matière d’investissement. C’est un métier passion et je voulais vraiment aller au bout du truc. Je vais remplacer le football par la pêche, mes amis et ma famille. J’ai aussi envie de profiter de mes week-ends, c’est important. J’espère vraiment que nous réussirons à faire une belle saison, je serai content d’arrêter si tout se passe bien au bout.

Comment expliquez-vous cette passion qui vous anime encore ?

Je ne peux pas vraiment l’expliquer. Ce qui est sûr, c’est que je suis heureux de jouer, quel que soit le niveau. C’est pareil pour Benjamin Psaume, qui évolue aujourd’hui en D2 à Valergues alors qu’il a été meilleur joueur de Ligue 2. C’est quelque chose qui est en nous, c’est assez particulier.

Est-ce que cela devient malgré tout de plus en plus difficile sur le terrain ?

Pas vraiment et c’est ça le pire ! Je n’ai pas de problèmes musculaires, j’ai simplement quelques petits soucis récurrents à l’épaule, mais il tient plutôt bien, le vieux (rires) ! Je gère aussi plus facilement mes efforts en tant que défenseur central. De toute façon, j’ai toujours compensé au cours de ma carrière. Je n’ai jamais été le plus grand ni le plus rapide, donc j’ai toujours essayé d’être un peu malin. Après, je ne vais pas mentir : sur un synthétique, en plein soleil et face à un garçon de 18 ans, c’est de moins en moins évident.

Vous avez notamment joué au Red Star et au Paris FC. Est-ce difficile d’évoluer aujourd’hui en Régional 2 ?

Sincèrement, non, pas du tout. Quand on a l’impression d’avoir fait tout ce que l’on avait à faire dans le football, on accepte les choses. Et puis, de toute façon, c’est une fin logique. Ce que je veux éviter, c’est de passer pour un con par rapport à mes coéquipiers (sic). Ils savent que j’ai quand même joué à un bon niveau. Tant que ça tient, c’est bon. D’ailleurs, j’aurais pu continuer à jouer à Béziers en National 3 il y a quelque temps. On m’avait fait une proposition vraiment très sympa. Mais, comme je suivais ma formation pour devenir coiffeur-barbier, il était temps pour moi de préparer l’après-football et de démarrer une nouvelle carrière.

"J’ai eu la carrière que je devais avoir et je n’ai aucun regret"

Qu’est-ce que vous retenez de toutes ces années dans ce monde amateur ?

Il y a des bons et des mauvais côtés. Avant de découvrir ce milieu, je pensais que c’était tranquille, qu’on ne se prenait pas la tête. Mais ce n’est pas du tout le cas. Les mecs se prennent peut-être encore plus la tête qu’en professionnel. Pour les dirigeants, c’est compliqué : il faut trouver des bénévoles, monter un budget, faire venir les gens au stade. Ce n’est vraiment pas facile. Et puis, je joue avec des potes qui ont terminé le boulot deux heures plus tôt, qui sont juste rentrés chez eux pour manger un bout avant de venir au match. Comment voulez-vous leur demander davantage ? J’ai eu la chance de vivre du football pendant de longues années, donc j’en ai profité. Mais il a fallu découvrir ce nouvel environnement. Quand on a des douleurs, par exemple, et qu’on compare avec le monde professionnel, c’est différent. Là-bas, nous avions des kinés, des siestes tous les jours et un accompagnement dès que nous avions besoin de quelque chose. Aujourd’hui, quand j’ai mal et que je me masse tout seul avec mon baume du tigre, je me rends compte du changement. C’est un autre monde, tout simplement.

Avez-vous vu le football amateur évoluer entre vos débuts et aujourd’hui ?

Oui, franchement, cela n’a rien à voir. Je me souviens du tout début de ma carrière, en CFA : nous n’étions pas professionnels, nous avions une activité à côté. Aujourd’hui, certains joueurs de Régional 1 vivent du football et ne font que ça. Le monde du football a changé. Aujourd’hui, après trois bons matches en National 3, les clubs vous appellent. Avant, il fallait faire ses preuves. Mais c’est comme ça, le football a évolué.

Quand vous regardez derrière vous, êtes-vous satisfait de votre carrière ?

Il y a toujours des moments où l’on se dit qu’on aurait dû faire ceci ou qu’on aurait pu faire autre chose. Mais j’ai eu la carrière que je devais avoir et je n’ai aucun regret. J’aurais peut-être pu resigner au Paris FC à un certain moment, mais la vie est faite ainsi. Sur le long terme, franchement, je n’ai aucun regret.

Que peut-on vous souhaiter pour cette fin de carrière ?

De pouvoir jouer un maximum de matches et que le club atteigne ses objectifs. Je veux continuer à donner une bonne image jusqu’à la fin. Le football a été une partie très importante de ma vie pendant de très longues années. Maintenant, j’espère surtout profiter des derniers mois pour passer de bons moments.

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