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Sacré champion du monde à seulement 20 ans, Kimi Antonelli a été accompagné sur la piste par le Rochelais Stéphane Guérin qui a suivi de près la progression fulgurante du pilote italien
Dans l’histoire de la Formule 1 moderne, seuls deux pilotes ont réussi à devenir champion du monde dès leur deuxième année dans la discipline, Jacques Villeneuve (1997) et Lewis Hamilton (2008). En s’adjugeant le titre à Mexico dimanche, Kimi Antonelli fait mieux qu’égaler ces illustres aînés : il est, à 20 ans 2 mois et 7 jours, le plus jeune champion du monde qu’ait connu la Formule 1, un record de précocité détenu jusqu’alors par Sebastian Vettel (23 ans en 2010). Il est aussi le premier Italien sur le toit du monde depuis Alberto Ascari en 1953. Bluffant. En seulement un an, le rookie talentueux mais irrégulier s’est transform...
Dans l’histoire de la Formule 1 moderne, seuls deux pilotes ont réussi à devenir champion du monde dès leur deuxième année dans la discipline, Jacques Villeneuve (1997) et Lewis Hamilton (2008). En s’adjugeant le titre à Mexico dimanche, Kimi Antonelli fait mieux qu’égaler ces illustres aînés : il est, à 20 ans 2 mois et 7 jours, le plus jeune champion du monde qu’ait connu la Formule 1, un record de précocité détenu jusqu’alors par Sebastian Vettel (23 ans en 2010). Il est aussi le premier Italien sur le toit du monde depuis Alberto Ascari en 1953. Bluffant. En seulement un an, le rookie talentueux mais irrégulier s’est transformé en machine à gagner insatiable…
Dans sa propre écurie, Mercedes, on s’attendait à ce que ce talent brut du pilotage finisse par décrocher le titre suprême. Mais peut-être pas aussi vite. Le Rochelais Stéphane Guérin en sait quelque chose. Responsable du programme junior de l’académie Mercedes, il a accompagné l’éclosion du phénomène sur la piste, depuis le karting jusqu’aux Grand Prix de Formule 1. « Dès sa détection en karting par Gwen Lagrue [ancien responsable de la filière jeune Mercedes parti chez Red Bull, NDLR], il est apparu que Kimi avait quelque chose de spécial. Toto Wolff [patron de l’écurie Mercedes, NDLR] et tout le staff l’ont très vite compris ».
Au point d’offrir au jeune Italien, à l’issue de sa seule saison en Formule 2, le baquet de Lewis Hamilton, septuple champion du monde en partance pour Ferrari. Et de lui donner l’opportunité d’être pris en main par Peter « Bono » Bonnington, l’ingénieur qui a porté Hamilton (mais aussi Jenson Button) au sommet de la Formule 1. Un énorme gage de confiance accordé par Mercedes…
« C’était une chance exceptionnelle pour Kimi », acquiesce Stéphane Guérin. « Bono est un vrai guide, plus qu’un ingénieur de piste, un entraîneur que Kimi va suivre les yeux fermés. Ils ont tissé une grosse relation de confiance, même si cela n’a pas toujours été simple ». Car la première saison en F1 d’Antonelli n’a pas été linéaire. Elle fut globalement solide (7e, trois podiums), mais constellée de trous d’air. En 2025, c’est bien son aîné George Russell qui mène la danse chez Mercedes (4e, vainqueur au Canada et à Singapour).
« Kimi a en lui une énorme capacité d’autocritique. Avec lui, on ne perd pas de temps »
« Mais Kimi a en lui une énorme capacité d’autocritique et de remise en question. Avec lui, on ne perd pas de temps », décode Stéphane Guérin. « Déjà, la fin de sa première saison a été plus consistante. C’était très important pour Mercedes de finir 2e du championnat constructeur et la contribution de Kimi a été réelle à ce niveau. Il lui a fallu digérer la pression médiatique incessante, s’adapter à un nouvel environnement… Pendant l’été, les gens se sont même demandé s’il était vraiment aussi fort qu’on le disait. Mais on l’a guidé et il est sorti renforcé de cette période difficile ».
Tout s’accélère en 2026… D’abord parce que Mercedes est l’écurie qui a le mieux négocié le virage de la nouvelle réglementation et de l’hybridité renforcée. Ses monoplaces ont dominé le plateau et, même si la concurrence grignote plus ou moins vite son retard, il a été rapidement évident que le nouveau champion du monde arborerait le blason Mercedes sur sa combinaison. Restait à savoir lequel des deux pilotes…
« En 2026, Kimi a considérablement amélioré sa capacité à courir des Grands Prix sans commettre la moindre erreur, tout en conservant un haut niveau de pilotage », résume Stéphane Guérin. Résultat, neuf victoires à ce jour, une domination incontestée du pilote italien sur son coéquipier et l’impression d’une maturité de vieux briscard chez l’impétueux natif de Bologne qui a, en plus, la chance de ne pas connaître de trahisons mécaniques (un seul abandon en GP cette année).
Son exploit à Monza, en septembre, illustre à la perfection ce mélange de talent à couper le souffle et de réussite insolente. Parti de la 19e position sur la grille, Antonelli s’impose au terme d’une folle remontée, un exploit jamais réalisé en F1. « C’est à Monza que je me suis dit qu’il allait devenir champion du monde », appuie Stéphane Guérin. « Monza, ce sont les jeux du cirque, un circuit de haute vitesse où tout peut arriver. Kimi aurait pu s’accrocher dix fois, finir dans le bac à graviers. Mais il a tout maîtrisé à la perfection. Quand on le vit en interne, c’est vraiment très fort. Monza, c’est la bascule. Parce que derrière, même s’il ne gagne pas toujours, il prend de gros points ». L’apanage des champions…
De là à dire que l’on assiste au début d’un long règne ? « Ça va dépendre de notre capacité à maintenir le niveau de performance de la monoplace. Mais du côté de Kimi, je n’ai aucun doute sur le fait que ce titre ne va pas le rassasier. C’est un passionné, il a ça en lui, il adore la gagne. C’est un animal de compétition et je ne vois pas pourquoi ça changerait ».