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Route du Rhum 2026 : "On peut chavirer à tout moment", confie Pierre Quiroga, dans le peloton de tête en Ocean Fifty

Le pensionnaire de la Société Nautique de Marseille s'est confié sur les conditions de course extrêmement difficiles lors de cette 13e Route du Rhum.

Dans le peloton de tête en Ocean Fifty, derrière Basile Bourgnon (Ederend 5) qui a pris le large, Pierre Quiroga (Wewise) est actuellement à la lutte pour le podium avec Baptiste Hulin (Vuabilis Oceans) et Léonard Legrand (Sodebo Fifty) de cette 13e Route du Rhum - Destination Guadeloupe.
Avec son bateau lancé autour des 30 nœuds au large des Açores et l'écoute de son bateau toujours à la main, le Hyérois - pensionnaire de la Société Nautique de Marseille - s'est livré. Extraits.

"C'est toujours très cool d'être aux avant-postes, même si je n'ai pas très bien navigué les deux premiers jours. La vie à bord est très dure, le peloton en a d'ailleurs déjà pris un coup. Je n'avais jamais vécu un début de course aussi dure. Le rythme, les conditions météo, la vitesse des bateaux, les angles de vent réel... on peut chavirer à tout moment ! C'est compliqué à vivre et ça commence à être long. C'est très stressant, très anxiogène. Même si j'ai globalement confiance en mon bateau et en ce que je sais faire avec, il m'arrive souvent d'avoir peur.

"Avec 2m50 de houle principale, on sent que ça tape dans le bateau. Il pleut énormément. La mer passe par-dessus le cockpit. En plus, l'étanchéité n'est pas parfaite donc j'ai tendance à avoir froid et, ça, il ne faut surtout pas. Déjà qu'on ne dort pas donc si, en plus, on a froid, on va avoir du mal à s'alimenter et ça peut être le début de la fin.

"On a aucun moment de répit, on est à fond tout le temps. Jour et nuit, on surveille, on rerègle, on évite la grosse bêtise. Donc, il y a très peu de temps pour le plaisir. Les rares moments où on arrive à lâcher l'écoute, on en profite immédiatement pour s'allonger et essayer, je dis bien essayer, de dormir un peu. Ce n'est vraiment pas simple mais c'est l'idée. On n'arrive même pas à faire une sieste de vingt minutes, c'est trop long. On fait des siestes de cinq minutes, parfois seulement d'une minute. On sait que ce n'est pas un sommeil récupérateur pour les muscles et le cerveau mais c'est déjà ça de pris. On pousse les limites avec un cap de lucidité à ne pas dépasser et que je ne franchirai pas.

"Le bateau, il a mal avec plusieurs petits bobos mais il tient bon comme le skipper. Aujourd'hui, rien de rédhibitoire pour la suite, donc c'est bien. Edenred 5 est devant, Basile (Bourgnon) navigue très bien. On se suit de près avec Sodebo et Viabilis, on se regarde, on surveille les options. La course est encore longue."

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