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INTERVIEW - Rafael Nadal : “Je suis beaucoup plus détendu dans la vraie vie”

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Ce jeudi 22 octobre dans Gala N°1741, découvrez le sommaire en vidéo

Il nous a fait vibrer pendant vingt ans. Dans un beau livre, la légende du tennis revisite les grandes étapes de son parcours. Pour Gala, il se confie sur les images qui l’ont marqué, ses modèles et ce que son sport lui a appris, bien au-delà des apparences.

Lorsqu’on tape « Rafael Nadal » sur ChatGPT, voilà ce qu’on lit : « Rafael Nadal représente bien plus qu’un champion de tennis. Il incarne la combativité, l’humilité, la fidélité et le dépassement de soi. » Parce que c’est ça, « Rafa » : quatre lettres qui en disent beaucoup plus. Sur le court, son intensité et sa résilience à toute épreuve lui ont valu d’entrer dans le temple des plus grands champions de son époque, avec 92 tournois remportés, dont 22 en Grand Chelem. Mais dans la vie, Rafa cultive surtout l’humilité et la discrétion. « Je ne me considère pas comme un superhéros, simplement comme un joueur de tennis qui a connu beaucoup de succès », annonce-t-il d’emblée lors de la conférence de presse tenue ce 20 octobre, à l’occasion de la sortie du livre Rafa Nadal, publié chez Assouline. A travers une minutieuse sélection d’archives et de clichés vintage, cette biographie visuelle signée Jon Wertheim revient sur les temps forts d’un destin hors normes qui l’a propulsé au rang d’icône. « Je ne suis pas du genre à regarder régulièrement mes photos, mais ce travail m’a permis de me replonger dans les grands moments de ma carrière et de ma vie », confie-t-il.

De son propre aveu, la sélection n’a pas été simple, tant les souvenirs sont nombreux. « Surtout pour quelqu’un comme moi, qui a du mal à faire des choix. » Son ami et plus grand rival, Roger Federer, lui aurait-il soufflé l’idée ? Le Suisse avait lui-même publié un album chez Assouline en 2024. « Quand j’ai reçu le mien, j’ai mis nos deux livres côte à côte et je lui ai envoyé une photo », plaisante Nadal. Toujours en contact, les deux désormais retraités pourraient-ils se retrouver un jour sur un court ? « Peut-être que nous le ferons… Vous verrez bien ! » Après le documentaire Rafa, diffusé sur Netflix en mai 2026, c’est à travers des images inédites que l’on redécouvre (avec un brin de nostalgie ?) la légende de la terre battue. De quoi nous donner envie de relancer quelques matchs en replay, juste pour le plaisir d’entendre ses « Vamoooos ! » Celui qui a remporté 14 Roland- Garros retient surtout les émotions ressenties sur le court Philippe-Chatrier. « Ce que j’ai vécu est assez difficile à décrire, tant cela a été merveilleux. Pour être honnête, ce qui me touche le plus, c’est de voir à quel point le soutien du public a évolué au fil des années », confie celui qui a désormais sa statue porte d’Auteuil. Il l’admet : rien n’aurait été possible sans ses proches, son clan qui l’entoure depuis le début. « Leur façon de vivre, leurs rapports aux autres, leur manière de travailler… Tout cela a grandi avec moi. Ils m’ont inspiré, poussé à me dépasser et aidé à garder un équilibre. »

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Parmi ses modèles figurent certains grands noms du sport. « D’une certaine manière, on s’entraîne pour leur ressembler et faire comme eux. » Zinédine Zidane occupe une place à part : « Je l’ai vu gagner la Coupe du monde en 1998, puis la Ligue des champions avec le Real Madrid, mon équipe préférée. Il m’a remis le trophée lors de ma première victoire à Roland-Garros. C’était un honneur. Et puis il m’a transmis la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris, en 2024, qui a été mon dernier tournoi. La boucle est bouclée. »

Avec le recul, le Majorquin de 40 ans reconnaît que tout n’a pas été parfait. « Bien sûr que j’aurais pu changer des choses, mais on fait tous des erreurs à certains moments. » Une philosophie qu’il s’applique aussi bien sur les courts que dans la vie : accepter les échecs, se remettre en question et toujours avancer. Surtout quand il apprend dès ses débuts qu’il a une malformation au pied, une contrainte avec laquelle il composera tout au long de son parcours. « On me dit que j’ai vingt ans de carrière, mais en réalité, j’en ai trente ! [Rires.] J’ai commencé le tennis à 3 ans, et à 7 ou 8 ans, je travaillais déjà quasiment comme un pro. Le sport est un long processus au cours duquel on ne cesse d’apprendre. » Derniers échanges avec Rafael Nadal, qui se confie à Gala en toute simplicité, mais avec toujours autant de passion.

GALA : Vous êtes à Paris. Qu’est-ce que cela vous fait d’être ici maintenant que vous n’êtes plus joueur professionnel ? 
RAFAEL NADAL : J’adore Paris, et pas uniquement pour le tournoi. J’ai toujours aimé cette ville. Même avant de jouer au tennis, je suis venu plusieurs fois avec mes parents. C’est un honneur d’être ici pour présenter ce livre.

GALA : Que ressentez-vous en voyant cette couverture, qui montre votre première victoire à Roland-Garros, en 2005 ? 
R. N. : C’était un moment magique. A l’époque, j’étais jeune, plein d’énergie. Tout était nouveau pour moi. Cette photo représente parfaitement qui j’étais et l’énergie qui m’animait à ce moment-là.

GALA : Avec le recul, si vous pouviez changer quelque chose, le feriez-vous ? 
R. N. : Dans ma carrière comme dans ma vie personnelle, je sais que j’ai fait des erreurs à de nombreuses reprises. Mais c’est important de savoir se tromper et de continuer à apprendre. Dans la vie, nous devons prendre des décisions. Dans le sport notamment, il faut savoir prendre des risques. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours essayé de remettre les choses en perspective, d’accepter les moments que l’existence nous réserve et la manière dont les événements se présentent à nous. Parfois, tout se passe très bien, parfois moins. J’essaie de relativiser les succès comme les mauvais moments.

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GALA : Dans le livre, on découvre également des photos de vous et de votre femme, Maria Francisca. Elle a joué un rôle essentiel dans votre carrière, c’est ça aussi la recette du succès ? 
R. N. : Nous sommes ensemble depuis tellement longtemps. C’est ma partenaire, ma femme, la mère de mes enfants. Bien sûr qu’elle joue un rôle important dans ma carrière et dans ma vie. Elle a toujours été là lorsque j’avais besoin d’elle. Lorsque nous étions plus jeunes, elle a conservé ses propres objectifs et développé sa carrière. Puis, elle a rejoint la fondation [Rafael Nadal Foundation, créée en 2008, ndlr], où elle travaille avec ma mère. Au fil des années, elle a également pu voyager un peu plus avec moi.

GALA : Quelle est la plus grande difficulté lorsque l’on est père de deux enfants et sportif professionnel ? 
R. N. : Mon premier fils avait moins de 2 ans lorsque j’ai arrêté ma carrière. Cette période a donc été assez courte. Mais le plus important était que mes enfants puissent voyager le plus possible avec moi. Sinon, je n’aurais pas continué. Aujourd’hui, je peux les emmener et aller les chercher à l’école tous les jours, et passer des après-midi avec eux. C’est ce que j’aime le plus.

GALA : Quelles sont désormais vos activités préférées ? 
R. N. : Passer du temps en famille est ce qu’il y a de plus important à mes yeux. Je continue de faire du sport, et particulièrement du golf. J’y joue régulièrement avec un groupe d’amis et mes oncles. Je profite de mon île, Majorque, et j’aime partir en mer.

GALA : Vous êtes très engagé en Espagne et vous n’hésitez pas à apporter votre aide lorsque cela est nécessaire. Quelles relations entretenez-vous avec le roi Felipe VI ? 
R. N. : Elles sont bonnes. Nous nous connaissons depuis longtemps, depuis l’époque où il était prince. Je m’entendais également très bien avec son père, Juan Carlos. Le roi Felipe VI est un ambassadeur extraordinaire de l’Espagne dans le monde. Il fait un travail remarquable et je l’admire beaucoup. Sa position est souvent compliquée, mais il parvient toujours à gérer les situations auxquelles il doit faire face.

GALA : Vous avez souvent dit : « Je joue chaque point comme si ma vie en dépendait. » Est-ce que vous vous appliquez cette règle dans la vie de tous les jours ? 
R. N. : Non. Je pense que je suis beaucoup plus détendu dans la vraie vie. Sur les courts, j’ai toujours été pleinement engagé, mais, dans mon intimité, j’aime prendre les choses avec un peu plus de légèreté. Mais attention, n’allez pas croire que je suis du genre à me réveiller le matin en ayant envie de rester sur le canapé. J’ai besoin de m’occuper. J’aime faire les choses avec intensité.

  • Rafa Nadal, de Jon Wertheim (Assouline).

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