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À Abou Dhabi (Émirats arabes unis), Arnaud Deceroit va défendre, samedi 14 novembre 2026, son titre de champion du monde de duathlon (épreuve de course à pied et vélo) chez les 40 ans et plus, autrement appelés les masters.
Depuis ses débuts au haut niveau, en 2023, le « duathlète » de 48 ans ne laisse que des miettes à ses adversaires sur le format sprint (5 km de course à pied, 20 km de vélo et 2,5 km de course à pied) : triple champion de France (2023, 2024 et 2025), double champion d’Europe (2024 et 2025) sans oublier une médaille d’argent cette année et champion du monde en 2025. Un palmarès conséquent, même pour quelqu’un dont le sport a toujours rythmé le quotidien.
De ses 6 à 18 ans, le vélo a d’abord ses faveurs. « J’avais une licence à Sourdeval », se rappelle l’actuel licencié de la Bayard Argentan athlétisme et d’Argentan triathlon.
Viennent ensuite les études supérieures. En Staps (la fac de sport), l’étudiant doit choisir une spécialité sportive : face à l’impossibilité d’opter pour le cyclisme, le féru de sport troque le vélo pour les runnings. Par conséquent, la piste devient son terrain de jeu favori.
Plus jeune, j’étais souvent bien placé. Les meilleurs étaient à un autre niveau mais les copains et moi étions régulièrement dans le top 5-10.
Début des années 2020, le Covid force ses adversaires et lui à réduire l’allure. Alors, le sportif repart « à fond » dans le vélo. « Les compètes de cyclisme ont repris plus facilement. Il y avait moins de contraintes en termes de jauge et de distanciation. »
Pour coupler ses deux pratiques préférées, Arnaud Deceroit se lance dans le duathlon, une discipline rattachée à la Fédération française de triathlon depuis 1991. « On m’a dit que je pouvais avoir un bon niveau grâce à mon passé de cycliste. » On connaît la suite.
S’il sait que le duathlon n’est pas l’exercice le plus populaire, le résident de Sarceaux ne veut pas minimiser ses performances. « J’entends parfois des remarques comme quoi il n’y aurait personne. Mais je peux vous assurer que ça va très vite, même chez les masters. »
En général, les athlètes du top 10 ont côtoyé le très très haut niveau.
En 2025, Arnaud Deceroit a terminé l’épreuve en 58’05, avec une vitesse moyenne de 19 km/h en course à pied et 38 km/h à vélo.
Mais tout ceci a un prix. « On ne gagne pas d’argent et tout est à nos frais. Par exemple, le voyage à Abou Dhabi coûte entre 4 000 et 5 000 €. On est obligé de faire des choix. » Ses plus fidèles supporters, à savoir sa femme et son fils, ne feront d’ailleurs pas le déplacement cette année.
En trois ans, Arnaud Deceroit est parti au Portugal, en Espagne, en Pologne et aux Émirats arabes unis. « Et les prochains championnats du monde seront au Canada », ajoute l’athlète.
Heureusement pour lui, des partenaires locaux l’aident à financer ses saisons.
Directeur d’école à Écouché-les-Vallées, le quadragénaire doit également gérer son remplacement du mardi 10 au mardi 17 novembre. « Tout est calé et je remercie d’ailleurs le rectorat car je n’ai jamais eu de barrière à ce sujet. »
École, partenaires, famille… tout le monde sera derrière l’Ornais, en quête de sa deuxième breloque dorée de suite.