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l'essentiel Pour la première fois, l’Ariège aura ses propres équipes au Challenge Avirose. En février 2027, douze femmes touchées par un cancer du sein prendront la direction de Paris pour participer à cette compétition d’aviron indoor. La Dépêche du Midi vous raconte.
Elles vont ramer. Ensemble. Et surtout, elles vont montrer que l’après-cancer peut aussi se conjuguer avec le sport et le "dépassement de soi". Pour la première fois, une délégation ariégeoise participera au Challenge Avirose, organisé chaque année à Paris à l’occasion des championnats de France d’aviron.
Créée en 2018 par la kinésithérapeute Jocelyne Rolland, en partenariat avec la Fédération française d’aviron, cette épreuve "indoor" est dédiée notamment aux femmes touchées par un cancer du sein.
En 2025, 165 équipes venues de toute la France avaient participé à l’événement. En 2027, l’Ariège sera de la partie avec trois équipes de quatre participantes. À l’origine de l’initiative, l’association Les Roses d’Ariège, créée par les kinésithérapeutes Sandrine Terrieux et Rita Rodriguez, spécialisées dans la rééducation des femmes touchées par le cancer du sein. "Nous avons créé Les Roses d’Ariège pour accompagner les femmes touchées par un cancer du sein, notamment par le sport. Nous avons constitué trois équipes pour le Challenge Avirose, une compétition nationale d’aviron indoor, une première pour le département", explique Sandrine Terrieux.
Le principe : parcourir deux fois 250 mètres en relais sur un rameur. Alors que chaque équipe doit compter au moins deux femmes touchées par un cancer du sein, les Ariégeoises ont choisi d’aller plus loin, avec quatre femmes concernées par équipe. "Nous avons douze participantes mobilisées. Pour cette première année, nous avons constitué trois équipes, mais nous aurions pu en avoir beaucoup d’autres", souligne la kinésithérapeute.
Parmi les participantes, Carole Justrobe, 50 ans, toujours sous traitement. Hormonothérapie, injections, thérapie ciblée : malgré les effets secondaires et la fatigue, l’Ariégeoise, qui a repris le travail, se prépare activement au challenge. "On a déjà eu le défi du cancer, mais c’est un autre défi : essayer de se dépasser, de se prouver qu’on peut encore faire des efforts malgré tout ce qu’on a vécu auparavant, et retrouver toute cette force. Mais c’est aussi faire de nouvelles rencontres et partager une belle aventure avec d’autres femmes qui ont traversé cette maladie", explique l’Ariégeoise, qui a traversé un parcours assez singulier, puisque sa sœur jumelle, Patricia, a elle aussi été touchée par un cancer du sein à quelques mois d’intervalle.
"Je n’ai pas vécu ce cancer toute seule. J’étais entourée par ma famille et mes amis, mais je l’ai aussi vécu en même temps que ma sœur. Pourtant, nos cancers n’étaient pas génétiques, c’est un hasard", confie Carole, qui s’entraîne désormais pour préparer l’échéance parisienne. Malgré les difficultés liées aux traitements, elle reste déterminée : "Il faut garder la force pour l’entraînement et la positivité. Et je suis sûre qu’on va gagner."
Autre visage connu parmi les rameuses : Audrey Abadie-Amiel. La députée de la deuxième circonscription de l’Ariège a accepté sans hésiter lorsque sa kinésithérapeute lui a proposé de relever le défi. Elle-même a été touchée par un cancer du sein à l’été 2023. "C’est une cause qui me tient à cœur. Aujourd’hui, je veux transformer cette expérience en message d’espoir. Je vais bien. Je suis là aussi pour dire qu’on en sort. Et qu’après, ce n’est plus qu’un mauvais souvenir."
Engagée chaque année dans les actions de sensibilisation et les marches de lutte contre le cancer du sein, elle troquera en 2027 ses chaussures de marche pour un rameur. Elle sera accompagnée de ses coéquipières et de quatre kinésithérapeutes, qui suivront les trois équipes ariégeoises jusqu’à Paris. Après les traitements, après les opérations, après l’épreuve physique et psychologique du cancer, il est possible de reprendre possession de son corps.
Pour Sandrine Terrieux, l’accompagnement des femmes touchées par le cancer du sein passe justement par cette reconstruction progressive. À Paris, les douze Ariégeoises ne chercheront donc pas uniquement à faire bonne figure au classement. Elles porteront avec elles leur histoire, celle de toutes celles qui ont traversé la maladie et celle de celles qui la traversent encore.
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