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Championnats des nations : un mois de novembre à l’ombre des Springboks pour le XV de France
Fabien Galthié, sélectionneur du XV de France.

Les Bleus attaquent face aux Fidji la deuxième partie d’un Championnat des nations dans lequel ils sont idéalement placés. Mais à un an de la Coupe du monde, la perspective d’affronter les Sud-Africains vampirise bien des enjeux

Toujours prompt à vanter les mérites de son bilan, Fabien Galthié n’a pas manqué de mettre en exergue la position de son XV de France mardi dernier, deux jours seulement après que les Bleus se sont rassemblés à Marcoussis. À l’heure d’aborder la seconde partie du Championnat des nations et dans l’optique de la prochaine Coupe du monde qui se déroulera dans un peu moins d’un an en Australie, il a évidemment martelé que son équipe devait « aller chercher mieux ». Mais cela ne l’a pas empêché de savourer les fruits du présent. « On sort de deux victoires consécutives dans le Tournoi (2025, 2026), on est en tête de la ligue nord avec...

Toujours prompt à vanter les mérites de son bilan, Fabien Galthié n’a pas manqué de mettre en exergue la position de son XV de France mardi dernier, deux jours seulement après que les Bleus se sont rassemblés à Marcoussis. À l’heure d’aborder la seconde partie du Championnat des nations et dans l’optique de la prochaine Coupe du monde qui se déroulera dans un peu moins d’un an en Australie, il a évidemment martelé que son équipe devait « aller chercher mieux ». Mais cela ne l’a pas empêché de savourer les fruits du présent. « On sort de deux victoires consécutives dans le Tournoi (2025, 2026), on est en tête de la ligue nord avec 12 points après être allé dans l’hémisphère sud cet été », a ainsi répertorié le sélectionneur : « À l’instant T, en termes de performances, on est bien. »

Indépendamment du nombre de blessures auxquelles il doit faire face - « on entame notre potentiel », a-t-il reconnu -, et même s’il n’est pas interdit de regretter que le XV de France n’ait pas su relever ses titres continentaux d’un Grand Chelem, il n’y a effectivement pas réellement de raison de le contredire.

Enjeux à court et moyen termes

Pour avoir su arracher un double bonus en Nouvelle-Zélande (31-27), avant de s’imposer en Australie (48-33) puis au Japon (42-15) en juillet dernier, son équipe aborde effectivement les échéances de novembre dans une position idéale. Les réceptions des Fidji (7 novembre), de l’Afrique du Sud (13 novembre) et de l’Argentine (21 novembre), avant de disputer un match de classement à Londres face à l’une des équipes de la poule sud (week-end des 28 et 29 novembre), peuvent lui permettre de briguer un nouveau titre avant de prendre la direction de l’île continent. « Notre ambition est intacte, voire décuplée », a clamé Galthié.

Plusieurs enjeux transcendent évidemment le simple fait de brandir un trophée très cosmétique, créé d’abord pour remplir les caisses de fédérations toujours en quête de nouveaux revenus, au détriment de l’intégrité physique des meilleurs joueurs français dont les corps sont déjà bien mâchés par l’appétit du Top 14.

« Une opportunité de prendre la place dans une équipe qui sait performer quelle que soit sa composition »

À l’entame d’une saison sur laquelle se baseront le sélectionneur et ses adjoints pour composer le groupe des 42 invités à préparer l’Australie, toutes les capes compteront. « C’est une compétition que je rêve de faire », a affirmé l’ailier palois Aaron Grandidier-Nkanang : « Sur toutes les opportunités que j’ai la chance d’avoir avec l’équipe de France, il faut que je réponde présent et que je profite à fond. » Une ambition qui fait écho au message de Fabien Galthié : « Il y a une opportunité de prendre la place dans une équipe qui sait performer quelle que soit sa composition. »

Tout cela pèse d’une importance capitale à l’échelle d’un calendrier qui se réduit de jour en jour. Pour autant, aussi brûlants soient ces enjeux, ils pourraient être en partie éclipsés par la perspective du match face à une Afrique du Sud double championne du monde (2019, 2023). Un rendez-vous dont l’importance tient autant au palmarès de cet adversaire, qu’à l’histoire intime le liant aux Bleus depuis le malheureux quart de finale de la Coupe du monde 2023 (27-28).

L’examen sud-africain

On a déjà eu l’opportunité de disserter sur l’influence qu’a eu Rassie Erasmus, l’architecte aussi génial que complexe des deux derniers titres mondiaux, sur la pensée de Fabien Galthié. Le sélectionneur français, qui voue sans l’avouer à l’aura du Sud-Africain une forme de fascination envieuse, a fait évoluer sa pensée à la lumière des succès des Boks.

« On doit évoluer stratégiquement, on doit construire une équipe encore plus robuste et ambitieuse. Ce n’est pas le moment de s’arrêter et de se dire qu’on est bien »

« Cette génération est deux fois championne du monde, elle a gagné les derniers Rugby Championship, elle a remporté la tournée face aux Lions britanniques, elle a battu les All Blacks sur la série (les quatre matchs de la Greatest rivalry rugby) », a listé le sélectionneur : « Elle est exceptionnelle et elle a un agenda exclusivement dédié au rugby international […], avec un sélectionneur qui réussit énormément. Il en a fait une équipe qui domine le monde comme peu l’ont fait auparavant. »

Le précédent de 2022 démontre qu’une victoire dans quinze jours ne serait pas une promesse de succès face à un adversaire que les Bleus pourraient retrouver en demi-finale en Australie en 2027. Celle arrachée à Marseille, au terme d’un bras de fer brutal (30-26), n’a pas évité une cruelle élimination d’un tout petit point un an plus tard au Stade de France. Mais pour un XV de France qui reste marqué au fer rouge par ces mêmes Boks, qui ont pris un malin plaisir à le ramener à tous ses démons (et surtout ses faiblesses) de 2023 l’an dernier à Paris (17-32), il y a là l’opportunité de créer un véritable élan tout en sondant la consistance de ses progrès.

« On doit évoluer stratégiquement, on doit construire une équipe encore plus robuste et ambitieuse. Ce n’est pas le moment de s’arrêter et de se dire qu’on est bien », a insisté Fabien Galthié : « On y voit clair par rapport à notre vécu et notre performance. » À un an de la Coupe du monde, le choc face aux Boks permettra d’éprouver ces certitudes.

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