Apex Scores Lite Apex Scores Lite flag
back Retour
Les dossiers noirs de Bordeaux : comment les dirigeants américains ont flambé l’argent du club
ICONSPORT_173620_0040

Flambée des salaires, notes de frais astronomiques et soirées privées : plongée dans la gestion désastreuse de GACP à Bordeaux.

L’histoire retiendra que les Girondins de Bordeaux, monument hexagonal fort de six titres de champion de France, ont fini par toucher le fond en se retrouvant administrativement relégués jusqu’au niveau régional. Mais si le dénouement s’est noué sous l’ère de Gérard Lopez, les graines de la catastrophe financière et structurelle avaient été méthodiquement semées dès l’automne 2018 avec l’arrivée triomphante du fonds américain General American Capital Partners (GACP), emmené par Joe DaGrosa. Sous couvert d’amener le club au niveau du vin bordelais et de rivaliser avec le Paris Saint-Germain, les nouveaux patrons ont surtout transformé l’institution en un terrain de jeu dispendieux totalement déconnecté des réalités économiques. C’est ce que révèle une enquête du mensuel So Foot.

Dès leur installation au château du Haillan, les repreneurs affichent un train de vie princier financé par les caisses du club. Logés au prestigieux Grand Hôtel Intercontinental situé place de la Comédie, les dirigeants américains empilent les consultants grassement rémunérés et multiplient les notes de frais exorbitantes sous le regard médusé des salariés historiques. L’administration sportive promet d’entrer de plain-pied dans l’ère du divertissement et de la « fan experience », tentant de chasser le public populaire du Matmut Atlantique pour attirer une clientèle aisée supposée consommer des billets et des prestations haut de gamme, tandis que l’équipe vivote au milieu du classement.

L’invraisemblable tournée promotionnelle à Washington

Le sommet de cette dérive financière et éthique s’est matérialisé en juillet 2019, lors des « EA Ligue 1 Games » organisés aux États-Unis. Invités par la LFP à Washington pour promouvoir le championnat de France, les dirigeants bordelais descendent au luxueux hôtel Marriott, à quelques pas de la Maison-Blanche. C’est là que l’homme d’affaires Hugo Varela boucle l’arrivée de l’attaquant sud-coréen Hwang Ui-jo, escorté par un intermédiaire serbo-coréen pour le moins menaçant qui prévient les communicants du club de ne divulguer aucun cliché non autorisé sous peine de représailles physiques.

Pour fêter cette transaction bouclée outre-Atlantique, l’état-major américain s’offre une virée mémorable dans un bar à hôtesses de la capitale fédérale. « Ils sont rentrés à 5 ou 6 heures du matin, complètement torchés. Le club a laissé une ardoise colossale, avec une note de chambre qui montait à plus de 10 000 dollars », rapporte Pierre Farges, alors en charge des réseaux sociaux. Alertée par les excès budgétaires d’une délégation bordelaise qui explose le plafond fixé par les instances, la Ligue exige des explications sur ce voyage devenu symbole d’une gestion hors de contrôle.

Le pillage silencieux des richesses du club

Pendant que DaGrosa plastronne dans les médias, le quotidien des salariés historiques vire au cauchemar. Les dérives ne se limitent pas aux frais de bouche et d’hôtellerie : des collections entières de maillots historiques et des bouteilles de vin prestigieuses entreposées au club disparaissent mystérieusement des caves du domaine. « Ce passage a été d’une violence destructrice pour l’institution », confiera plus tard le défenseur Paul Baysse. Rachetées dans la panique par King Street fin 2019, les parts de GACP laisseront derrière elles un gouffre abyssal que ni les ventes précipitées ni les plans sociaux successifs ne parviendront jamais à combler.

Vous aimerez peut-être

Marathon de Bordeaux : des interdictions de circulation et des perturbations sur le réseau TBM

Actu il y a 1 heure

« Il va falloir être fort dans la tête et dans ses jambes » : les 42,195 kilomètres du marathon d...

SUD OUEST il y a 4 heures