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Certains le trouvent sévère, lui se considère juste. Ce qui est sûr, c’est que quand il enfile sa tunique d’arbitre, Maurice Douay entend faire respecter les règles.
Avec ses épaules larges et son regard profond, surplombé d’épais sourcils noirs, Maurice Douay, 75 ans, dégage la tranquillité du bonhomme qui maîtrise son sujet. En l’occurrence, c’est le tir à l’arc… Qu’il n’a pas pu pratiquer pendant plus de trente ans, de 1976 à 2007.
Breton d’adoption, président des Archers de l’Odet de Quimper (Finistère) de 2010 à 2025 et arbitre depuis 17 ans, Maurice Douay a pourtant découvert cette discipline au début des années 60, dans sa ville natale de Seine-et-Marne, en Ile-de-France.
« J’ai suivi des copains au club de tir à l’arc et j’ai tout de suite aimé l’ambiance conviviale, mais aussi la discipline. Tout le monde tirait et allait chercher sa flèche en même temps », se remémore-t-il. Ça fait mouche dans le cœur du jeune Maurice qui se voit offrir une licence et son premier arc, par son grand-père, lui-même pratiquant.
Les années passent, son œil s’aiguise à mesure que les flèches transpercent les cibles. Au début des années 70, alors que « je faisais des compétitions » et que « ça commençait à devenir intéressant », la vie professionnelle le dévie de sa trajectoire d’archer.
Une fois à la retraite, au milieu des années 2000 à Quimper, l’ancien directeur de travaux a pu retrouver le plaisir de tendre un arc. Pierre Lansard, entraîneur du handisport et du sport adapté aux Archers de l’Odet, lui remet le pied à l’étrier.
Si les bases ne l’ont pas quitté, la reprise n’est pas évidente. « Il a fallu se réadapter au matériel qui avait beaucoup évolué en trente ans, mais aussi aux règles qui changent régulièrement. C’est comme lorsque l’on remonte sur un vélo, on arrive à pédaler mais il faut s’entraîner et ça revient vite », compare-t-il.
À la même période, une nouvelle réglementation est dans les tuyaux de la Fédération française de tir à l’arc. Elle impose aux clubs organisant des concours officiels de compter au moins un arbitre dans leur rang. Problème, le club n’en a plus.
On est en avril 2008. Les Archers réfléchissent et proposent finalement le rôle à Maurice Douay. Il accepte après huit jours de réflexion. Le voilà embarqué dans une formation d’un an, à l’issue de laquelle il prête serment, en juillet 2009. Aujourd’hui il arbitre jusqu’à l’échelon national. « À une période, j’arbitrais tous les dimanches. » Depuis, il a réduit la cadence.
Ce qu’il aime dans cette activité ? On vous le donne en mille : la discipline. « Mais je garde l’esprit convivial et d’entraide que l’on retrouve dans ce sport. Je n’ai jamais eu à faire un rapport d’exclusion d’un joueur », se félicite-t-il. Mais ne comptez pas sur lui pour favoriser les joueurs de son club. Maurice Douay tient à sa probité. À tel point qu’il refuse d’être photographié arc en main, avec le maillot d’arbitre sur les épaules.
Un effort qui sera récompensé lors de la 35e édition des Trophées sportifs quimpérois ? Le retraité est nommé dans la catégorie Arbitre juge homme. « Ça me ferait plaisir, ce serait une reconnaissance », confie-t-il. Rendez-vous le 27 novembre 2026, à la salle Dan-Ar-Braz de Quimper, pour les résultats.